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Critique d'album

Eiffel


Tandoori


(15/01/2007 - Labels / Virgin - Rock poétique français - Genre : Rock)
Produit par

1- Loony tune for the moon / 2- Ma Part D'ombre / 3- Saoul / 4- Paris minuit / 5- Belle De Jour / 6- Avec Des Si / 7- Dispersés / 8- Bigger Than The Biggest / 9- Qu'ai-je Donc À Donner ? / 10- Shalom / 11- Tandoori / 12- Rien n'est pour de vrai / 13- Gnomes on my back / 14- Tes Vanités / 15- L'opium du peuple / 16- Une À Une
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le retour très attendu d'un des meilleurs fleurons du rock hexagonal."
Maxime, le 19/02/2007
( mots)

Ironie des hasards de calendriers. Le 15 janvier vit la parution simultanée de deux disques de rock français qui marqueront à coup sûr l’année 2007 : Antichambre des Naast et Tandoori d’Eiffel. Les uns donnent le coup de feu inaugural de cette fameuse vague dite de "rock lycéen", les autres persistent dans leur voie solitaire, rejetant l’obédience à une quelconque scène. Nouvelle garde contre bretteurs expérimentés. Confrontation évidente. Télescopage téléphoné. Ces deux visions du rock hexagonal ne s’opposent pas. Elles tracent chacune de leur côté, obstinées, fébriles. En marge de toute hype, loin des coups de projecteurs aveuglants, la machine Eiffel livre une nouvelle preuve de sa pertinence et du rôle tout à fait précieux qu’elle joue sur l’échiquier musical de notre pays.

La discographie d’Eiffel, qui se distingue par une progressive montée en puissance, frappe par sa remarquable cohérence. Tandoori est un disque généreux, avec ses 16 morceaux, mais d’une implacable sécheresse. Les pistes dépassent avec peine les 3 minutes (à l’exception de "Bigger Than The Biggest" placé en milieu de parcours), ne gardant que le nerf des guitares, le muscle de la rythmique et l’ossature de la mélodie, comme pour coller le plus près possible à la peau de leurs cinglantes prestations scéniques. Le quatuor a taillé son album dans un rock charnel et à vif, gagnant en concision sur Le quart d’heure des ahuris, enregistrement pourtant déjà plus sobre que l’inaugural Abricotine. Cette tendance confirme que l’aventure solo de Romain Humeau, expérience réussie mais volontiers bavarde, n’était qu’une parenthèse.

Paradoxalement c’est lorsqu’il joue la sobriété qu’Eiffel fait le plus resurgir le spectre de Noir Désir. Si l’analogie pouvait sembler abusive sur les deux premiers opus, elle saute ici au visage, criante lorsque Romain Humeau s’élime les cordes vocales en faisant rouler les mots sur un torrent de guitares abrasives ("Ma part d’ombre", "Paris-Minuit", "Avec des si", "Bigger Than The Biggest"). Les fans crient déjà au blasphème, comme si pointer une telle proximité était une insulte. Or, il est manifeste que le combo s’attelle à un problème qu’avait pris à bras le corps la formation de Bertrand Cantat il y a dix ans : marier des textes ciselés puisant dans une certaine tradition de la chanson française (Brassens, Brel, Vian) avec une musique sauvage et épurée revendiquant l’ombre tutélaire des anglo-saxons. Cependant, Eiffel réinvestit cet axe avec des moyens qui lui sont propres. Taxer la bande de Romain Humeau de vil copiage est alors aussi ridicule que de considérer De Palma comme un vulgaire contretype d’Hitchcock. C’est sur cette donnée qu’achoppent les premières écoutes, lesquelles laissent augurer un album terne. Etrangement, Eiffel se montre plus long en bouche lorsqu’il verse dans l’exercice rentre-dedans.

Il est pourtant nécessaire de s’accrocher car au fil des tentatives, Tandoori impose de plus en plus ses charmes discrets pour ne plus lâcher l’auditeur ensuite. Mariant subtilement une urgence fiévreuse ("Ma part d’ombre", "Saoul", l’expéditif "L’opium du peuple") et un songwriting merveilleusement tendu et racé ("Dispersés", "Looney Tune For The Moon", "Rien n’est pour de vrai"), le disque enfile les couplets gracieux et les envolées rageuses avec un bonheur certain. Jouissant le riff comme le texte, la verve de Romain Humeau est omniprésente, tentaculaire. Les expressions se percutent, les sentences giclent, les mots grouillent, le sens zigzague et se retourne comme un gant selon l’humeur, tour à tour ludique ("Gnomes On My Back" qui vient chercher des poux sur la tête des lutins de Pixies), sentencieuse ("Tes vanités"), à fleur de peau ("Qu’ai-je donc à donner ?") ou faussement apaisée ("Une à une"). A l’unisson, les musiciens clouent les rivets électriques, incorporant les cordes avec parcimonie et goût ("Belle de jour"), mariant refrains pop et stances électrisantes ("Tandoori"). On peut néanmoins regretter que la production, mettant très en avant la voix, occulte trop le mugissement des guitares. Qu’on n’attende pas d’hypothétique version collector, de singles remplis de chutes de studio ; généreux et authentique, le groupe a tout donné dans cette galette. On le prendra tel qu’il est, entier et exalté, lapidaire et maniéré, tendres contradictions qui n’ont pas finies de nous le faire aimer.

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