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Critique d'album

Meshuggah


Nothing


(00/00/2002 - Nuclear Blast - thrash-math-metal (!) - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Stengah / 2- Rational Gaze / 3- Perpetual Black Second / 4- Closed Eyes Visual / 5- Glints Collide / 6- Organic Shadows / 7- Straws Pulled at Random / 8- Spasm / 9- Nebulous / 10- Obsidian
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Heavy de chez heavy"
David, le 22/08/2004

Depuis sa formation en 1989, ce groupe de thrash novateur a sans cesse fait évoluer sa musique, au point que certains critiques le classent dans le "Metal Progressif". Cela dit, ne vous attendez surtout pas à tomber sur un clone de Dream Theater, car si nos suédois pratiquent une musique complexe et travaillée, leur style est beaucoup plus aggressif et carrément moins mélodique que celui pratiqué par la bande à Portnoy.

Revenons en 2002 : cela fait quatre ans que Meshuggah n'a pas sorti d'album depuis le dévastateur Chaosphere, les fans n'ayant eu à se mettre sous la dent que la compilation Rare Trax (composée de réédition d'anciens titres et ne contenant qu'un seul inédit : "War"). Mais l'attente est récompensée : avec Nothing, Meshuggah parvient encore une fois à dérouter son auditoire et ses fans.

On est à cent lieues de Chaosphere : oubliez les tempos apocalyptiques et les gros roulements de double grosse caisse. Si on devait résumer Nothing en deux mots, ce seraient lourdeur et groove complexe ( bon OK ça fait 4 mots...). Equipés de toutes nouvelles guitares à huit cordes, Thordendal et Hargström donnent dans l'infra-basse et jouent des riffs aussi pesants qu'un Yokozuna au meilleur de sa forme. Dès l'ouverture de l'album, "Stengah", on est pris au tripes par ces notes ultra graves, qu'on croit venir d'outre-tombe.

Evidemment il y a toujours la patte Meshuggah : les fameux polyrythmes. Pour simplifier, cela donne l'impression que les guitares et la batterie jouent sur des rythmes différents, les guitares étant souvent calées sur la grosse caisse. Dans "Rationnal Gaze" par exemple, le batteur joue sur un 4/4 comme on peut l'entendre dans sa façon d'asséner le tempo sur ses cymbales et sa caisse claire. Mais les coups de grosse caisse sont donnés à des endroits innatendus, ce qui casse la rythmique tout en maintenant le groove. A ce titre, Tomas Haake a quelque peu laissé de côté la double grosse-caisse (excepté sur "Glints Collide"), pour être en adéquation avec le jeu massif des guitaristes. Les solos de Thordendal, d'inspiration très jazz, sont toujours aussi torturés.

Parlons maintenant du côté le plus rebutant de Meshuggah pour les néophytes : le chant. Les hurlements de Jens Kidman n'ont jamais été aussi rauques et éraillés, les tempos lourds permettant à sa voix d'atteindre une intensité nouvelle. La musique produite par les autres membres du groupe étant très peu harmonique, on n'imagine pas un autre type de chant dans Meshuggah (N.R. : même s'il est vrai que même moi j'ai eu du mal à m'y faire !). Les textes sont pour la plupart difficilement compréhensibles, d'autant plus que les paroles ne sont pas retranscrites dans le livret (on peut les trouver sur le Net). Très axés sur la torture psychologique, ils sont inspirés par la littérature de science-fiction, ce qui cadre bien avec la voix presque robotique de Kidman.

Véritable pièce-maîtresse de 53 minutes, Nothing fait penser par moments à certains morceaux de Tool, groupe qui cultive aussi les atmoshères de souffrance, et que Meshuggah a accompagné dans sa tournée américaine. Derrière la console, on retrouve l'habituel Daniel Bergstrand, qui est pour quelque chose dans le rendu très massif et énorme de l'album.

En clair, Meshuggah a su se renouveler avec succès : moins rapide et plus intense qu'avant, mais toujours aussi barré.

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