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Critique d'album

Red Hot Chili Peppers


Mother's Milk


(04/08/1989 - EMI - Funk-Rock - Genre : Rock)
Produit par Michael Beinhorn

1- Good Time Boys / 2- Higher Ground / 3- Subway To Venus / 4- Magic Johnson / 5- Nobody Weird Like Me / 6- Knock Me Down / 7- Taste The Pain / 8- Stone Cold Bush / 9- Fire / 10- Pretty Little Ditty / 11- Punk Rock Classic / 12- Sexy Mexican Maid / 13- Johnny, Kick A Hole In The Sky
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Disque mal-aimé par ses auteurs mais adulé par les fans : cherchez l'erreur."
Nicolas, le 17/04/2008
( mots)

"Hillel a quitté cet avion. Il était notre cher ami, il appartenait à notre famille, et il avait une immense influence sur la direction que prenaient nos vies. Ce fut une explosion entre nous. J'ai en permanence de magnifiques images de lui en tête. Il m'a montré ce qu'était la musique rock." Flea.

Impossible d'aborder Mother's Milk sans en comprendre le dramatique contexte. Celui d'un groupe qui, touché par le deuil et au bord de la dissolution, a réussi à puiser l'énergie nécessaire pour sortir la tête hors de l'eau, et de quelle brillante manière. Après la mort de Hillel Slovak, c'est Jack Irons qui jeta l'éponge à son tour. Le coeur n'y était plus. Quant à Flea et Kiedis, on n'a plus vu que l'ombre d'eux-mêmes durant de longs mois. Il s'en est alors fallu de peu pour que l'histoire des Red Hot Chili Peppers, ces joyeux zigotos agités du pénis, ne s'achève définitivement. Et voilà que le destin fit se rencontrer Flea et un certain John Frusciante. Le reste, comme souvent, n'est qu'une histoire assez ésotérique d'alchimie personnelle et musicale, d'entente parfaite, d'amitié immédiate, ce genre de miracle que personne n'ose espérer mais qui, parfois, finit par se produire. Par dessus le marché, le lascar était déjà un sacré putain de guitariste à ce moment là. En deux temps, trois mouvements, Kiedis s'emballa à son tour pour le p'tit nouveau, et après une bonne cinquantaine d'auditions de batteurs et le recrutement à l'unanimité de Chad Smith, voilà les Red Hots prêts à conquérir le monde de nouveau, comme si de rien n'était. Enfin, pas tout à fait.

Pas tout à fait, parce qu'aussi talentueux et barrés que soient ces loulous, l'osmose n'est pas aussi simple à atteindre : elle demande de la patience, du feeling et surtout du boulot, beaucoup de boulot. Alors les quatre zébulons se mettent à jouer, encore, encore et encore, des mois durant. De répétitions laborieuses en impros ludiques, de jams dantesques en délires burnés, le taff finit heureusement par payer, suffisamment en tout cas pour envisager un nouvel album. De façon assez improbable, c'est un certain Michael Beinhorn qui finit par être assigné à la production de Mother's Milk, et là, c'est le clash. Pourquoi donc ? Difficile à dire, peut-être une question de méthodes de travail. Seul Frusciante se répandra clairement en crasses médisances sur l'individu, lui reprochant notamment d'avoir orienté son jeu de guitare vers une tonalité Metal qui n'était absolument pas la sienne. Résultat de ce "fiasco" : l'un des tous meilleurs albums des Red Hots, leur premier grand succès commercial, mais aussi l'un des disques qu'ils apprécient le moins (pour ne pas dire qu'ils haïssent le plus), à tel point qu'ils refusent, même encore à ce jour, de jouer certaines compos de cette galette en concert.

De quoi péter les plombs, surtout quand on voit le niveau de cet opus. On pourra évidemment lui reprocher de partir dans tous les sens, et c'est vrai qu'il est difficile d'établir une ligne directrice définie à cet enchaînement de titres tous plus dissemblables les uns que les autres, allant d'un funk-rock sexy-groovy ("Good Time Boys") à une bombe metal-pop pourtant empruntée à Stevie Wonder ("Higher Ground") en passant par un rock'n roll déluré ("Nobody Weird Like Me"), une furie punk-rock survitaminée ("Punk Rock Classic") ou encore un hip-hop sautillant ("Subway To Venus"). Ajoutez à cela une reprise d'un titre de Jimi Hendrix ("Fire") et un hommage "délire" à Magic Johnson, le légendaire passeur des Lakers de L.A. , et vous aurez une petite idée du joyeux bordel qui bouillonne entre les sillons de cet album. Mais au delà de cette furie désordonnée sous acide, c'est avant tout à un fabuleux numéro d'instrumentistes que l'on a à faire : Flea et Frusciante en sont peut-être au tout début de leur collaboration, mais déjà la collusion entre ces deux prodiges est édifiante. Toujours aussi physique, le jeu de Flea donne l'impression de s'être encore bonifié dans ses pinces supersoniques, gonflées et sidérantes de force brute. Ah, cette intro monstrueuse de "Nobody Weird Like Me" ! Existe-t-il ne serait-ce qu'un seul autre bassiste capable d'un jeu faisant preuve d'une telle débauche de puissance, d'une telle variété de frappes de cordes, d'une telle rigueur, d'une telle technicité ? Il est permis d'en douter, assurément. Quant à Frusciante, que dire si ce n'est que le véritable sauveur des piments rouges, c'est lui ? Même dans un style qui n'est pas son favori, le guitariste se fend là de partitions démentielles, agrémentant la quasi-totalité des titres de petits solos Metal à faire mourir de honte n'importe quel guitar hero, assaisonnant les chansons tantôt de cinglantes giclées de groove ("Taste The Pain"), tantôt d'implacables riffs survitaminés ("Knock me Down", "Stone Cold Bush"). On pourrait encore gloser sur le charisme obscène de Kiedis ou sur la classe tranquille de Smith, mais est-ce vraiment bien raisonnable ?

Album maudit, épitaphe géniale, foutoir royal, bombe sonique, les épithètes manquent pour qualifier cet opus mal-aimé de ses géniteurs, distancié uniquement dans la classe par un Blood Sugar Sex Magic touchant, paraît-il, au divin. Car oui, je l'avoue sans fard, je suis totalement passé à côté du fameux BSSM (du moins pour le moment), et c'est clairement à ce Mother's Milk que va mon humble préférence. Quoi qu'il en soit, s'il n'est ici pas encore question de divin (quoique), on s'en rapproche tout de même dangereusement. Et si l'on utilise les termes de sublime, d'orgiaque ou de délectable, là oui, on frôle la vérité. En tout cas pour tous ceux qui ne rechignent pas devant ce rock si particulièrement... je cherche le terme... hmm... "bandant" serait le plus approprié, devant ce rock si particulièrement bandant, donc, des truculents Red Hot Chili Peppers.

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