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Critiques d'Albums
Lostprophets| Auteur : Nicolas (Publié le 08/05/2012) |
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Nous avions laissé Ian Watkins et sa bande de gallois énervés sur une impression on ne peut plus mitigée avec l’inconstant et schizophrène The Betrayed, gâché par une production médiocre et hésitant sans cesse entre tentation mainstream et jusqu’au-boutisme sonore visant à se rapprocher au plus prêt du neo hardcore metal de The Fake Sound Of Progress, époque où les prophètes perdus possédaient encore des rouflaquettes en béton. Deux ans plus tard, après avoir troqué Ilan Rubin (parti en solo avec The New Regime après une petite incartade aux côtés de Trent Reznor) contre Luke Johnsons au poste de cogneur en chef et après avoir changé de label, les Lostprophets sont de retour. Pour le meilleur ? Pas vraiment.
Weapons réalise en effet une décalcomanie assez évidente de Liberation Transmission, mais avec une sacrée moins-value au passage. Les deux artworks sont pensés de la même façon (blason noir sur fond blanc flanqué d’inscriptions en latin), mais surtout le contenu lorgne vers un même objectif : populariser, voir vulgariser le nü-metal de Lostprophets en équarrissant les rotatives instrumentales au profit de pop-songs musclées. Sauf qu’ici, ça ne fonctionne pas aussi bien. Pourtant l’album débute en trombe avec un "Bring ‘Em Down" qui tire profit d’une rythmique maousse costaud, de quelques injections électroniques bien senties et d’une évidente puissance dans l’allant mélodique. Puis très vite on se rend compte que ce cinquième album recycle sans vergogne les idées de ses prédécesseurs ("Another Shot" pompé sur "Last Train Home"), retombe dans les travers FM des pires passages de The Betrayed ("Jesus Walks", non mais franchement) ou s’essaie à plus de légèreté collant à "l’air du temps" ("A Little Reminder That I’ll Never Forget"), quand le groupe ne se complaît pas tout simplement dans les pires clichés du rap-metal ("Better Off Dead", poussif et rebattu au possible). La réécoute alternée de Weapons et de Liberation Transmission ne souffre malheureusement pas la comparaison : même si le second apparaissait déjà nettement plus pop, il gardait un certain esprit et surtout une énergie instrumentale et vocale que son clone ne possède pas. De fait, les métaphores militaires antérieures confinent ici au risible le plus absolu. "Tu apportes un flingue, alors nous on ramène un arsenal" : sans blague, non mais vous comptez vraiment faire peur à qui ?
C’est dommage, car une fois encore, Lostprophets possède vraiment de sacrés arguments en terme de rock dopé aux acides aminés. Le remuant "We Bring An Arsenal", en parlant du loup et malgré quelques partis pris vraiment oiseux (genre les "eh oh eh oh, na na na" que les pires adeptes du rock roudoudou n’auraient jamais tentés), fait assez facilement mouche et revient aisément à l’esprit au fil des journées. Même son de cloche pour "Heart On Loan" : dans un registre qui pourrait se trouver prisé par les 30 Seconds To Mars, Ian Watkins écrabouille facilement Jared Leto même si on ne vole pas non plus dans les hautes stratosphères. "Somedays" ose même verser dans l’acoustique , exercice en général massacré par tous les combos à affinité émo-hardcore et relevé ici avec une certaine classe. Reste que Weapons ne fait que confirmer le lent déclin d’un groupe désormais en roue libre intégrale, recyclant sans coup férir son fond de commerce et évitant la moindre prise de risque. Pas sûr que nous continuions à suivre les Losprophets à l’avenir, à moins que ? Notons que les bonus de l’album, cinq morceaux additionnels, laissent entrevoir un semblant d’éclaircie : du punk-rock excité ("The Dead"), du tempo qui déboîte ("Save Yourself"), du metal mitraillette ("If You Don’t Stand...") et même du hardcore gueulard à souhait (en piste cachée derrière le médiocre remix façon Skrillex de "Bring ‘Em Down"). Des bribes d’espoir, mais gère plus.
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