1- Enlève Ta Langue / 2- I'm Not Into Hop / 3- Mourir à Plusieurs / 4- Miss Amérique / 5- Reviens Marie / 6- From Zero To Hero / 7- Jusqu'au Bout / 8- Hit The Night / 9- Douce / 10- Red Lipstick / 11- Toute La Nuit / 12- Een Boeket Met Pisseblommen / 13- Les Filles De Mon Quartier / 14- Help Me Mary
Il y a quelque chose d'Eddy Mitchell chez Arno.
Développons. Disons qu'une forme de classicisme du rock francophone est incarnée dans ces deux personnages. Ces bonhommes sont de ceux qui ont bu à la source du rock les riffs du King Presley jusqu'à plus soif. Au-delà de ça, ils ont aussi vécu minots le duel Beatles/Rolling Stones tout en écoutant Salut les Copains à la radio. Ce sont donc des purs et durs en somme, mais pas des puristes. Réalistes, ils connaissent la descente après l'euphorie, le retour à la terre avec la tête qui tappe et les bouteilles qui roulent sous les pieds. Les illusions perfectionnistes et les dogmes n'ont pas leur place au bar. On ne trouvera donc rien de bien compliqué, au moins en apparence, dans ce rock nourri à l'ancienne. On ne trouvera rien de compliqué, mais quelque chose de particulier.
Oui, il y a un truc particulier chez
Arno comme chez Eddy Mitchell. Notre chanteur belge désabusé qui scande les textes amers avec énergie et dit une poésie imagée avec la plus grande des sincérités a beau maîtriser aussi bien l'anglais que le français, il y a quelquechose de singulier qui le rapproche plus d'Eddy que de Nick Cave.
Arno ne donne pas dans le lyrisme, sa musique est accessible à tous pour peu qu'un brin de promiscuité sur le zinc ne rebute pas l'auditeur. Elle donne des envies d'empoigner le mec d'à coté et de lui dire comme ça, direct : "Toi je t'aime". Aussi cru que sensible, c'est un homme qui te parle, un mec à la voix rocailleuse et à la gueule marqué. Il parle franc et sa musique ne passe pas par quatre chemin. Peut importe la langue, français, anglais ou ostendais, les idées passent pareil. Peu importe si c'est la millionième chanson d'amour de l'histoire de la musique, avouez qu'un
"Je t'aime jusqu'au bout / Je t'aime jusqu'au trou" vaut largement d'autres déclarations.
Arno te sort ça, et tu te rappelles qu'il existe un rock français très influencé britannique et pourtant a l'opposé des
Naast et autres
Plastiscines.
Alors oui, il y a bien quelque chose d'Eddy Mitchell chez Arno. Il y a ses lunettes noires de pilote de l'air, il y a sa silhouette pattes d'eph' et chaussures pointues et il y a son attitude de pote un peu bourré. Le monsieur joue de tout ça. Il se complait peut être un peu dans la bière au cul de la tireuse là où il y aurait de quoi ouvrir un bon bordeaux mais, aussi vrai que Mitchell ne serait plus Mitchell sans son accent chewing-gum,
Arno ne serait plus
Arno sans cette forme d'ébriété perpétuelle, cette sorte de présence populaire.
On lui pardonnera sans souci d'avoir laissé participer au bal un certain Faf Larage sur le titre "I'm not Into Hop". A près tout, pour son 28ème album, il pouvait bien se permettre cette incartade. De toute façon, l'essentiel est là, on retrouve donc
Arno avec plaisir et on trinque à la santé des "Filles de mon Quartier". Quand même, comme le dit Eddy Mitchell dans
Le Bonheur est dans le pré, une discographie pareille, "ça me troue le cul" !