1- One O Six / 2- Elliot Uppercut / 3- Set the Course of the Nile / 4- Hula Hoop / 5- Saké / 6- Avalon / 7- Oh I / 8- St Petersbourg / 9- Juicy Lucy (Needs a Boogieman) / 10- La Dynamo / 11- Starlighter
C’est pendant l’hiver 2011 que nous avions découvert le duo parisien
Jupiter et trinqué sur l’irrésistible et dansant "
Saké". Mixant subtilement le disco et le funk à l’électro, chacun avait pu aussi apprécier le pétillant "Starlighter" et leur reprise "Mama used to say" en
live à Roubaix, tout en patientant avant la découverte de leur album
Juicy Lucy fin juin. Encore une fois repéré par l’écurie
Kitsuné (mais comment font-ils ?) pour leur neuvième compilation ("Vox Populi" avec Petit Bateau) puis pour
Parisien le premier album
so chic par André & Gildas,
Jupiter allait-il passer l’hiver de la hype ? Toujours est-il qu’une année s’est écoulée depuis leur live, et que force est de constater que
Juicy Lucy ne déçoit pas ! Ce premier opus instaure une parfaite ambiance disco-funk, idéale pour les soirées de cet été. Malheureux hasard du calendrier, cette bulle de champagne millésimé seventies arrive peu de temps après la mort de l’inégalable Donna Summer, reine du disco avec les titres "
I feel love", "Bad girls", "Last dance" ou le plus funky "Hot stuff".
Portée par le chant d’Amélie de Bosredon, à la voix parfois irritante ("One O Six"),
Jupiter a pour second membre Quarles Baseden, qui officie aux claviers. Naïve et décomplexée, la musique de
Jupiter explore le courant disco. Cela commence par une pochette (signée
Akroe) résolument dans le style 70, une robe à franges, des dégradés de couleurs psychédéliques et des podiums glitter sur lesquels on imagine que les choristes de l’époque auraient pu se trémousser. L'ensemble de
Juicy Lucy évoque "
Dance Dance Dance" de Chic, ou le classique de Shalamar "
A Night To Remember".
On rentre dans le vif du sujet avec le premier titre "Elliot uppercut". Sans céder à une trop grande nostalgie,
Jupiter parvient à créer un son aux beats affirmatifs et enlevés sur une mélodie entêtante, tout en gardant une base disco. Le titre "Hula hoop" reprend en boucle la voix robotisée d’Amélie et laisse un peu respirer l'auditeur. On retiendra facilement et longtemps le refrain du kitsch "Needs a Boogieman", qui offre une place pour un solo de Quarles. "Oh I" et "Avalon" fleurent bon les soirées en Italie dans des boites de nuit désuetes. On pense avoir même retrouvé une Madonna époque "Dress you up" en écoutant la voix d'Amélie si haut perchée. "Set The course of the Nile" semble être le résultat d'une création de Patrick Hernandez et de GoldFrapp, avec son rythme disco si rapide. "St Petersbourg" offre une deuxième respiration avec un bel instrumental, digne d'une scène d'errance d'un film de Stanley Kubrick ... L'album donne bien-sûr l'occasion de se replonger avec plaisir dans les tubes électro disco "Saké" et "Starlighter". Enfin, "La Dynamo" pourrait rivaliser avec certaines compositions de
Hot Chip ("One life stand") ou de
Metronomy époque
Nights out.
Juicy Lucy s'inspire de nombreuses références mais ne se risque pas à imiter ses ainés. Avec des prises de risques mesurées, l'album de
Jupiter a le charme du premier jet et l'innocence de l'écriture débutante. Son côté un peu naïf, l’excès de minauderie et une voix à travailler, font qu’on restera un peu sur sa faim. Mais au final, c'est un album rythmé auquel on aura du mal résister tant il navigue gaiement entre les genres (funk, pop, disco ... ) et les époques.