1- Because / 2- Get Back / 3- Glass Onion / 4- Eleanor Rigby / Julia / 5- I Am the Walrus / 6- I Want to Hold Your Hand / 7- Drive My Car / the Word / What You're Doing / 8- Gnik Nus / 9- Something / 10- Being for the Benefit of Mr. Kite! / I Want You (She's So Heavy) / Helter S / 11- Help! / 12- Blackbird / Yesterday / 13- Strawberry Fields Forever / 14- Within You Without You / Tomorrow Never Knows / 15- Lucy in the Sky with Diamonds / 16- Octopus's Garden / 17- Lady Madonna / 18- Here Comes the Sun / the Inner Light / 19- Come Together / Dear Prudence / Cry Baby Cry / 20- Revolution / 21- Back in the U.S.S.R. / 22- While My Guitar Gently Weeps / 23- A Day in the Life / 24- Hey Jude / 25- Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band / 26- All You Need is Love
Mais quelle mouche les a piqués ? Ont ils un tel besoin d'argent pour payer leurs impôts qu'ils sont prêts à vendre à toutes les sauces leur patrimoine Beatles ? Quand je dis "ils", je veux parler bien sûr des survivants et des femmes des morts. Cette fois ci, ils étaient tous derrière ce projet venu de nulle part et qui a germé dans le cerveau de George Martin (aidé et sûrement très influencé par son fils). Un projet pareil, s'il n'avait pas été supervisé par cet homme aurait sûrement fini dans un carton ou mieux par un procès. Cette enième compilation un peu étrange se voulait un mix original à partir des bandes originales des chansons des Beatles avec un son digne du 21ème siècle. On se retrouve à écouter des grandes parties de chansons phares sur lesquelles Martin Senior et Junior ont greffé des parties instrumentales d'autres chansons des Fab Four. La première écoute est un choc pour le fan, une révulsion venue du ventre et qui essaye par tous les moyens de sortir. A-t-on le droit de faire ça ? Est-ce déontologiquement acceptable ?
Il est facile de faire un bilan de ce disque : quand les chansons restent fidèles aux originales, que les modifications sont mineures (ce qui est le cas dans la plupart des cas), on prend toujours du plaisir à écouter ces chansons universelles et magnifiquement mises en valeur grâce à un son cent fois supérieur à l'originale. Mais dès qu'il s'agit de faire du neuf avec du vieux, de mélanger certaines ambiances pour en créer des nouvelles, c'est épouvantable. Peut-on passer un morceau de "Sun King" à l'envers, l'appeler "Gnik Nus" et en faire un inédit ? Peut-on créer une chanson en accrochant bout à bout trois morceaux chansons "Drive My Car / the Word / What You're Doing" comme le faisait Jive Bunny avec les hits du Rock n' Roll des années 60 ? Peut on copier/coller des parties instrumentales en enlevant les paroles et en faire l'intro d'un autre titre ? ("Blackbird / Yesterday"). Peut-on greffer un accord de guitare ("Hard Day's Night"), puis un solo de batterie et un autre de guitare tirés d'
Abbey Road avec le final de "A Day In A Life" sur l'intro de "Get Back" ? Peut-on mélanger les chansons de façon aussi désordonnée ? (mélanger "Hello Goodbye" à "Glass Onion" et mettre des trompettes inutiles, il fallait oser). Peut-on mixer la fin de "Strawberry Fields Forever" avec le final gospélien d'"Hello Goodbye" ? Non, non et mille fois non.
Mais que reste-t-il de positif de ce projet aux intentions aussi burlesques que les couleurs de la pochette ? Un très bon remix de "Because" où seules les voix ont été gardées et chaque phrase est espacée par plus de silence. Ca reste toujours aussi sublime. "I Am The Walrus" est enfin affublé d'un son digne de ce chef d'oeuvre, le pseudo Live sur "I Want to Hold Your Hand" est amusant, les trois chansons signées Harrison ("Something", "Here Comes the Sun " et "While My Guitar Gently Weeps") font un sans faute car peu remaniées sauf dans les arrangements. Le mélange "Within You Without You / Tomorrow Never Knows" est admirable (mettre la rythmique de la deuxième sur la première est bien trouvé) et poser les paroles ralenties de "Octopus's Garden" sur "GoodNight" redonne à Ringo un petit moment de gloire toujours trop rare.
Le bilan est vraiment mitigé, certains passages sont infâmes et indignes de figurer sur un album officiel des Beatles (mélanger les différentes parties de "Lady Madonna" pour la rendre moins bonne que l'originale en lui affublant le riff de "Hey Buldog" pour le solo de guitare reste un sommet du mauvais goût), d'autres idées sont bonnes (enlever sur le final de "Hey Jude" la partie instrumentale et ainsi mettre en avant la partie basse et chant puis tout mixer avec le début de "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band" c'est une idée gagnante). Seuls les fans Hardcore pourront être intéressés par ce disque bancal, les autres ont tout intérêt à attendre les remasterisations des albums originaux prévues pour courant 2007. Avec le son de ce
Love, ce serait parfait.
Les Commentaires des Lecteurs
spacemonkey37
- 13/04/2007 13:43
Pour revenir sur tout ce qui a était dit... 
Les beatles ont fait de la soupe...et que quelques titres, plutots de la bonne grosse soupe bien épaisse dans les 5 premiers albums ( enfin sur ces 5 il y a quand meme au moijns 5 titres par album a mettre dans un Hall of Fame ) et sur l'album blanc...c'est des bons bouches trous...mais je me demande si l'album blanc aurait était le meme sans Obladi-Oblada, Savoye Truffle ou le celibrissime Rocky raccon, je ne le pense
Et oui, les beatles ont reussi a integrer plusisuers chansons en une ( A day in the life ) et l'on fait aussi sur Abbey road ( you never give me your money )
Et personnellement bien que ce titre soit arriver 1er en France...je n'en demorderais pas, je n'acheterai pas ce CD...trop peur de voir mes fab four denaturer...
concombre masque
- 18/03/2007 20:30
bon ben que dire à la lecture de cette critique ???
que la passion aveugle...
Et qu'elle que l'érudition certaine autorise tout de même de grands arrangements avec la réalité.
Quelle réalité ?
C'est que les Beatles ont été les premiers [ou tout comme, mais en tout cas à leur dimension, unique !] à s'affranchir des contraintes du concert, que dis-je ? du show, du spectacle de cirque oui !... pour s'adonner véritablement au studio... découvrir toutes les possibilités techniques, les exploiter à fond, au service de leur génie.
Pourrait-on imaginer les Beatles dans un studio actuel ? Heureusement qu'ils ne sont plus là, ils retrouveraient les Stones à la pointeuse... Mais, en fait, oui, on peut désormais imaginer les Beatles dans un studio : ils s'appellent Georges Martin !!!
Qui d'autre peut se dire sincèrement [ouais, bon, je vais arrêter là, ça commence à ressembler à un slogan politique...] plus légitime [s'il en était vraiment besoin !] que Georges Martin, vous savez, celui qui maniait les potars dans les studios d'Abbey Road pendant 8 ans... pour faire ce travail de relecture, d'hommage...
Et, qui d'autre peut se dire... etc [ça devient lassant, ces slogans qui apparaissent à tous les coins, de rue comme de phrase !] plus légitime... que les Beatles pour se faire ainsi revisiter. Eux qui mélangeaient deux chansons pour n'en faire qu'UN chef-d'oeuvre [A day in the life], qui fouillaient dans les archives de la BBC pour nous en ressortir un OVNI baptisé Revolution Number 9...
Un tel travail n'aurait aucun sens pour l'écrasante, la désespérante majorité des groupes-à-tatapoum des 40 dernières années. Pour les Beatles, ce fabuleux jeu de piste, cela ressemble infiniment plus à une marque de respect autant que d'irrévérence qu'à un blasphème.
Charly
- 05/01/2007 09:54
Lolaye a écrit:
Moi, je ne suis pas fan des Beatles, et j'ai reçu cet album pour noël. Et j'avoue que ça a été un choc !
Un tel son et de tels enchaînements, je trouve qu'ils ont vraiment sublimé les morceaux.
Je l'écoute en boucle...
Comme quoi, parfois on n'a plus l'oreille assez ouverte quand on est fan (j'aurais sûrement réagi comme vous avec un tel travail sur l'oeuvre des Floyd).
Je ne pense pas que ca soit forcemment les arrangements qui t'es séduit(e) mais peut-être aussi la sélection des titres. Dans la disco des Beatles, il y a quand même pas mal de soupe, et voir réuni autant de bons titres sur une unique galette ne peut que réjouir les néophytes.