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Critiques d'Albums

Consolers Of The Lonely de The Raconteurs

 The Raconteurs

Consolers Of The Lonely

( 25/03/2008 - Third Man Records - Genre : Power Pop Vintage )
La note des internautes :
3.5 / 5 (20 votes)
1- Consoler Of The Lonely / 2- Salute Your Solution / 3- You Don’t Understand Me / 4- Old Enough / 5- The Switch And The Spur / 6- Hold Up / 7- Top Yourself / 8- Many Shades Of Black / 9- Five On The Five / 10- Attention / 11- Pull This Blanket Off / 12- Rich Kid Blues / 13- These Stones Will Shout / 14- Carolina Drama

Auteur : Nux
(Publié le 04/05/2008)
Note

Ce n'est plus un mystère pour qui que ce soit, Meg White est malade. Crises d'anxiétés incontrôlables, paraîtrait-t-il. Conséquence dommageable de tout ceci : finies, pour un certain temps (que l'on espère pas trop long), les prestations scéniques enfiévrées des White Stripes. Pas étonnant donc que Jack se retourne vers ses vieux potes des Raconteurs pour se défouler sur sa guitare en public, et accessoirement pour donner une suite aux aventures du supergroupe né de sa rencontre avec Brendan Benson. On n'y aurait pas forcément cru, même après un Broken Boy Soldiers unanimement acclamé, vu que le side-project en question n'était pas piloté ni envisagé pour rester viable sur le long terme. Mais le fait est bien là : les Raconteurs sont de retour, et il semble bien qu'on n'ait pas fini d'entendre leurs histoires à dormir debout. Ce qui, avouons-le, n'est pas pour nous déplaire compte tenu du niveau de leur premier opus et des talents respectifs des deux compères à la barre de l'esquif.

Et voilà donc ce Consolers Of The Lonely balancé à la tronche de l'humanité du jour au lendemain, quasiment sans crier gare. Pas de promo, sortie de l'objet à peine annoncée quelques jours à l'avance, processus égalitariste à l'extrême propre à frustrer le plus incorruptible des professionnels ès désingage musical. Marrant, certes, mais un peu vain, hormis si l'on pense à une vague manoeuvre anti-piratage d'ailleurs déniée par les intéressés : tout ça tient donc plus de l'anecdote (et du processus vilement marketing) que d'autre chose. L'essentiel est ailleurs, glissé au coeur des sillons du CD ou même du vinyle, dont le support vieillot redevenu hype trouve cette fois toute sa légitimité avec cette musique. Car c'est encore à un grand voyage dans le temps que nous convient la bande de Nashville, résolument nostalgique d'une Amérique aux parfums brûlants des états du Sud et d'un rock aux forts relents de folk, de country et de blues.

Pas de grande révolution dans ces nouvelles pérégrinations : le concept reste foncièrement le même (faire du neuf avec du vieux), et la qualité de l'ensemble demeure vraiment excellente. Quelques différences se remarquent néanmoins assez rapidement, notamment la patte de White plus affirmée que celle de Benson par rapport au précédent disque, phénomène surtout flagrant sur les deux premiers titres : là, c'est la guitare de Jack qui parle, qui entraîne, qui assène ses riffs classieux et percutants. Tout y est : punch, rythme, technique, fun (avec notamment les changements de rythme ludiques de "Consoler Of The Lonely" et les interjections allumées de l'épatant "Salute Your Solution"). Par la suite, Benson reprend un peu les rênes du groupe et mêle savamment country bonne enfant ("Old Enough", "Pull This Blanket Off"), balades aguicheuses aux accents de blues ("Top Yourself", "Carolina Drama") et merveilles de mélodies récréatives ("You Don't Understand Me", "The Switch And The Spur", "These Stones Will Shout") enroulant à la perfection guitares et instruments moins conventionnels : piano, violons, cuivres et autres cordes. Un festival sonore et un kaléidoscope de couleurs musicales, parfois un peu brouillon mais toujours délivré avec bon goût. Quoi qu'il en soit, c'est toujours un plaisir de retrouver les solos Pagiens de White (ça se dit, ça ?), sans oublier ses fulgurances garage décalées mais bienvenues dans "Five On The Five" et surtout "Attention", ce dernier emportant haut la main la palme du gigotage.

Bien que l'album soit d'excellente tenue, quelques réserves pourraient être émises. Oh, pas grand chose, des petits détails qui chagrinent un peu, sans plus. Comme par exemple ce "Rich Kid Blues" emprunté à Terry Reid qui mêle un refrain tendu porté par un Jack White singeant un peu trop Bono à un petit arpège acoustique qu'on jurerait piqué à Madonna : ça la fout quand même un peu mal. Et puis il y a l'épreuve du slow des grands mères avec "Many Shades Of Black", exercice casse-gueule s'il en est et que les Raconteurs n'arrivent pas totalement à dépoussiérer et donc à débarrasser d'une certaine ringardise, et ce malgré un solo proprement décoiffant de White. Allez, en poussant encore un peu, on aurait aimé un peu plus de cohésion à cet ensemble, et peut-être un poil plus de concision. Dur, n'est-ce pas ? Injuste, même. Mais qui aime bien châtie bien, et ce n'est pas avec une pluie d'éloges unanimes que les deux américains arriveront à trouver les tripes de se surpasser encore plus pour accoucher d'un disque qui serait cette fois-ci véritablement définitif, ce que ce Consolers Of The Lonely n'est pas malgré tous les atouts qu'il a dans sa manche. Et comme l'alliance de White et Benson semble plus que jamais capable de prodiges, on n'a plus qu’à attendre patiemment en l’agréable compagnie de cet album. Remarquez, on n'est pas pressé.

Vous l'aurez compris, tout cela demeure de l'ordre du pinaillage et ne saurait en rien vous empêcher de vous ruer comme il se doit (si ce n'est déjà fait) sur un disque qui s'annonce déjà, on peut se permettre une petite anticipation, comme l'un des albums phares de cette année 2008, ceci bien sûr si vous n'êtes pas trop allergiques à Jack White. Mais à la réflexion, cette classe d'individus existe-t-elle vraiment ?

Pas d'autre avis pour le moment ...

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Les Commentaires des Lecteurs
Thibault - 18/05/2008 14:32

Many Shades Of Black on dirait du Queen version cowboy rétro chic ninja

bref cet album n'est pas mauvais en soi mais il me saoule un peu, surement plus abouti que le premier mais moins frais je trouve. Et puis aucun morceau qui donne envie de balancer des briques par dessus les voitures comme Steady As She Goes wub

Nux - 17/05/2008 23:34

doOzEr a écrit:

Mmmh je viens de relire la chronique et je t'avoue que mes poils se sont hérissés quand j'ai vu que tu définis "Rich Kid Blues" et "Many Shades Of Black" comme les 2 "déchets de l'album. Ils sont pour moi parmi les meilleurs. "Many Shades Of Black" me tape vraiment dans l'oeil : Cuivres utiles, mélodie excellente portée par la non moins excellente voix de Brendan Benson, variations d'intensité (montées de plus en plus haut), solo de guitare typé et personnel. J'vois pas trop ce qu'on peut reprocher à ce genre de morceau, qui à mon sens, relève du chef-d'oeuvre.
Quand à "Rich Kid Blues", avoue quand même que mélanger Yes et u2, c'est audacieux... et le rendu me plait vraiment.

"Salute Your Salvation" et "Attention" sont pour moi les deux moins bons morceaux de l'album, encore qu'ils soient biens sentis.

Suis-je le seul à penser ça ?

Déchets, un bien grand mot, non ? laugh

C'est marrant d'ailleurs, l'air de "Many Shades Of Black" me trotte dans la tête depuis quelques jours. Ce n'est pas un mauvais morceau, loin de moi cette idée, mais dans le stéréotype slow, ça ne décolle pas plus que ça, surtout sur les couplets. Mais je suis d'accord avec tous tes arguments, c'est bien "arrangé", c'est du beau boulot d'artisan, mais pour moi il manque le truc qui va en faire autre chose qu'une belle copie.

Par extension, et ça n'a pas dû aider pour apprécier encore plus cet album, j'écoutais en parallèle le sublime "The Shepherd's Dog" d'Iron & Wine. Notamment la dernière piste, "Flightless Bird, American Mouth", un slow bien formaté lui aussi. Là par contre, rien à dire : c'est fin, sensible, émouvant. Génial. J'imagine que c'est en partie pour ça que ce "Many Shades Of Black" ne m'a pas vraiment touché.

Et pour "Rich Kid Blues", c'est le côté U2 qui me sort pas les trous de nez. Je suis peut-être un peu sévère, mais bon, c'est quand-même White et Benson qui sont aux manettes. Si c'est pour refaire du Achtung Baby, c'est pas la peine. Je ne vois pas vraiment d'audace à imiter Bono en 2008.

Des titres comme "Old Enough" et "Top Yourself" sont bien au dessus, à mon sens. wub

Charly - 17/05/2008 19:26

Ce groupe c'est un peu Brendan Benson vs Jack White et malheureusement pour cet opus, Jack White a pris le dessus. Autant j'adore les Whites Stripes, autant quand je fous le disque des raconteurs sur ma platine, je veux du vrai "Raconteurs", ce qu'on trouve rarement sur cette galette...

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