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Interview Cyril Deluermoz


Maxime, le 10/07/2007
Entre le son assourdissant des Marshall en surchauffe et les esgourdes consentantes, il faut un trait d'union. Propager la bonne parole stoner, louer les stances heavy psychédéliques d'obscurs combos américains, exhorter les foules à se jeter sur les bacs import à la recherche d'improbables pépites, voilà le noble sacerdoce d'une frange occulte de la rock-critic. En France, on dénombre les prétendants sur les doigts de la main d'un lépreux en phase de décomposition avancée. Mais on peut compter sur la plume sûre et passionnée de ces indéfectibles orthodoxes. Pour faire le point sur le mouvement et, à la marge, sur la scène hexagonale, la rencontre avec l'un d'eux s'imposait. Royal, on a organisé une entrevue avec la crème de la crème : Cyril Deluermoz, journaliste à Rock & Folk. Auteur d'un livre sur Oasis, amateur invétéré de garage rock dopé à la high energy, l'homme ne s'est pas remis de l'ouragan Kyuss qu'il a croisé au détour d'un concert de White Zombie au milieu des nineties. Ami intime de Josh Homme depuis, on trouvera en lui un supporter fervent mais attentif du heavy rock perfusé à la psilocybine. Si on a parfois le bonheur de voir Flak'n'Flight, le sublime second live des Masters of Reality de Chris Goss ou Dare I Say..., le dernier manifeste des Hermano de John Garcia bombardés disque du mois, c'est à lui qu'on le doit (et à un Philippe Manœuvre complice, cela va de soi). Si vous vous demandez encore ce que le terme stoner signifie, quels sont les principaux groupes du genre, le crédit qu'il faut apporter à la scène nationale, vous n'avez plus qu'à vous caler confortablement dans votre fauteuil. Silence sur le plateau... Mozzer !

Interview Cyril Deluermoz


Avant de commencer sur le stoner, je voudrais que l'on fasse un peu plus connaissance avec vous. A quand remonte votre arrivée chez Rock & Folk ? Quel était votre parcours avant d'intégrer le journal ?

Je suis rentré à Rock & Folk en avril 1990, au moment où le journal changeait de main puisque le titre avait été vendu aux éditions Larivière. Je connaissais le rédacteur en chef de l'époque. J'avais bricolé de mon côté à droite, à gauche, j'ai traîné un temps du côté de Londres. De retour à Paris, j'ai participé à quelques fanzines, fait un peu de radio. Ensuite, à R&F, j'ai commencé par m'occuper des brèves qui ouvrent le journal, une rubrique que je tiens toujours, 17 ans après. Petit à petit, j'ai commencé à couvrir des groupes de plus en plus importants jusqu'à écrire des papiers "de couverture", avec des formations telles que Queens Of The Stone Age avec Dave Grohl et Mark Lanegan.

"Mettre Queens of the Stone Age en couverture à la place de Coldplay, ça reste assez courageux "





A quand remonte votre découverte du stoner ? Avec quel album, quel groupe ?

Kyuss, comme pas mal de monde. A l'époque, on ne parlait absolument pas de stoner puisque le terme n'existait pas. Ma découverte du genre doit remonter à 93-94, avec le deuxième album de Kyuss. Le premier, contrairement à ce que beaucoup de gens disent, était quasiment impossible à trouver en France. C'est véritablement avec le second LP, signé chez Warner par le biais d'Elektra qu'on a pu découvrir le groupe ici, mais c'est surtout le troisième, qui a beaucoup intéressé les journaux spécialisés de l'époque, qui a permis au public de le remarquer. Kyuss a fait une seule date à Paris, à l'Arapaho, où il y avait très, très peu de monde. Moi-même je n'y étais pas, je ne me souviens plus pourquoi... J'ai eu la chance de les voir en première partie de White Zombie à l'époque de leur dernier album (...And The Circus Leaves Town, 1995, ndlr). Un concert énorme. Même s'ils n'ont eu que quarante minutes pour jouer, ils ont vraiment mis le feu. C'était leur dernière tournée mais ils savaient qu'ils allaient se séparer comme me l'a confirmé Josh Homme par la suite. Ils avaient une attitude très destroy, ils envoyaient les instruments dans tous les sens. Je me souviens que John Garcia était venu sur scène en gueulant : "We are Kyuss and we are from the desert !" en guise d'introduction. On est resté bouche bée devant le truc, pas vraiment du point de vue technique, plutôt époustouflé par la débauche d'énergie. Un concert vraiment excellent.



D'habitude, le stoner est traité dans la presse spécialisée metal. Or, Rock & Folk couvre un spectre plus large de l'univers du rock. Proposer un article sur un groupe stoner est-il parfois difficile ? Face à une interview de Pete Doherty, on se dit qu'un papier sur Hermano a peu de chances de s'imposer...

Non, pour la simple et bonne raison qu'à Rock & Folk, sans vouloir flatter avec complaisance Philippe Manœuvre, on a la chance d'avoir un rédacteur en chef amateur de hard rock, de bon hard rock. Quand on lui parle de Led Zeppelin, de Black Sabbath, de Deep Purple, de Cream, des groupes de ce type qu'il a eu la chance de voir à l'époque, il est tout de suite enthousiaste. Face au stoner, il a toujours été réceptif et admiratif, et de dire : "Ouh ! Là, j'entends quelque chose qui me parle, essaie d'en savoir plus !" Donc les colonnes de R&F ont toujours été ouvertes au genre. Manœuvre est aussi quelqu'un qui a tout de suite apprécié les Queens of the Stone Age. Les mettre en couverture à l'époque de Songs For The Deaf, où certes ils étaient pas mal reconnus mais quand même pas en haut de l'affiche, c'était un choix assez courageux, surtout qu'il hésitait à ce moment là entre QOTSA et Coldplay. Après, je me souviens d'avoir fait l'interview d'Hermano avec lui parce que c'était un groupe qui l'intéressait. Généralement, c'est un bon client de ce genre de combos, parce que le stoner a cet avantage de ne pas avoir ce côté restrictif qu'ont beaucoup de sous-chapelles du metal.

Ce culte de la technicité...

Oui, voilà. Il a un côté certainement plus intéressant que le Nu-Metal ou d'autres trucs de ce genre.

Dans le Rock & Folk de septembre 2005, vous définissez le stoner comme "un alliage musical entre l'attaque frontale du hard rock à tendance épaisse (Black Sabbath), le psychédélisme menaçant (Iron Butterfly) et le minimalisme tellurique de la frange la plus chevelue du garage rock initial (Stooges, Blue Cheer)." Je vais vous demander d'être encore plus précis...

C'est vrai que lorsqu'on parle avec Josh Homme de l'influence qu'aurait pu avoir Black Sabbath sur Kyuss, il en rigole en disant qu'à l'époque il ne connaissait même pas le groupe ! Malgré tout, on trouve dans le stoner l'héritage de toutes ces formations apparues au tournant des années 70, pas mal de groupes anglais finalement. Il y a aussi dans le lot, et je ne l'avais pas mentionné, l'influence des groupes sudistes comme Allman Brothers, Lynyrd Skynyrd, pour les guitares assez grasses. Après, un des combos dont les stoners se sont pas mal prévalus a été Blue Cheer, un groupe qui a été complètement sous-estimé pendant une certaine période. Pourtant il suffit d'entendre leur reprise de "Summertimes Blues" (qui ouvre leur anthologique Vincebus Eruptum, ndlr) pour se rendre compte de l'énormité de la chose... Justement, s'il y a un groupe qu'admire et vénère Manœuvre, c'est bien Blue Cheer, parce qu'il a réussi une synthèse entre psychédélisme, hard rock et garage qu'on retrouve chez des groupes comme Nebula. Il ne faut pas oublier l'impact de certains morceaux de quelques groupes garage barrés sur le mouvement, style The Litter ou 13th Floor Elevator. Ce qui fait la force du stoner, c'est sa pluralité : certains vont se diriger vers les groupes que je viens d'évoquer, d'autres vont partir dans d'autres directions. Quand on interroge les membres de Kyuss sur les influences qui les ont formés, tous s'accordent sur le punk hardcore style Black Flag. Leur point de départ c'est vraiment ça, pas le hard rock pur et dur.



Ce qui est assez amusant quand on sait que le dernier enregistrement de Kyuss (le split QOTSA/Kyuss) s'achève sur une reprise de Black Sabbath ("Into The Void"), comme si une boucle se bouclait...

Complètement. Forcément, à force d'entendre parler de Black Sabbath, Josh Homme a fini par écouter et ça lui a plu. Mais il ne faudrait pas limiter Kyuss à ce background. Ce sont des gens qui apprécient également des groupes totalement différents comme Can ou Kraftwerk. Quand tu interroges un peu Dave Wyndorf là-dessus, il te parle souvent d'Hawkwind, qui est une influence que l'on entend bien dans les morceaux les plus barrés de Monster Magnet. Une autre vertu du stoner, c'est ce côté péchu qu'il hérite du punk rock. Ce n'est pas un hasard si une influence comme Motörhead revient souvent. Le stoner, c'est ça aussi : un truc de speedfreak où on n'est pas là pour enchaîner les solos de 10 minutes.

" Le stoner, c'est aussi un truc de speedfreak : on est pas là pour enchaîner les solos de 10 minutes "





Le stoner "moderne" commence-t-il véritablement avec Kyuss, ou y a t'il des groupes qui posaient déjà les fondations du mouvement vers la fin des 80's/début des 90's ?

Non, ça a vraiment commencé avec Kyuss. En fait, c'est assez paradoxal, parce qu'on a commencé à parler de stoner alors que Kyuss avait déjà splitté, avec la compilation sortie par Roadrunner (Burn One Up ! Music For Stoners, 1996, ndlr). Le terme stoner, c'est juste un mot sorti de l'argot américain pour définir les gens totalement défoncés à l'herbe. C'est un truc qui fait partie de la culture de ce mouvement, on en a encore eu la preuve avec la dernière tournée de Monster Magnet qui s'est soldée par l'overdose de Dave Wyndorf (aujourd'hui hors de danger, ndlr)... Donc Kyuss faisait du stoner sans le savoir mais c'est un groupe qui a eu un très gros impact après coup, comme les Stooges en leur temps. Après, il y a bien évidemment tout un troupeau qui verse dans le recyclage de Kyuss mais d'autres se passent de cette influence. On ne peut pas taxer Monster Magnet de repomper Kyuss puisqu'ils se sont formés à peu près en même temps qu'eux.



Justement, on dit souvent que le stoner ne naît pas seulement avec Kyuss mais plutôt autour de la convergence de trois albums sortis à la même époque : Blues For The Red Sun (Kyuss), Spine Of God (Monster Magnet) et Holy Mountain (Sleep).

Pour moi Sleep c'est pas du stoner, ça ressemble plus au doom et à toute cette vague là qui personnellement me fait plutôt chier.

A ce propos, on range souvent le stoner et le doom dans le même tiroir, parce qu'ils partagent une prédilection pour les guitares grasses et les références à des groupes style Black Sabbath. Où instaurez-vous la ligne de partage entre ces deux mouvements, parce qu'il y a pas mal de groupes qui sont sur la crête entre les deux, style Acid King...

... ou tous les groupes qu'a formé Wino style Hidden Hand, Spirit Caravan ou The Obsessed, oui. Je sais pas... dans le doom, on trouve quand même pas mal de morceaux qui font facilement 8 minutes, ça c'est vraiment pas ma tasse de thé.

Pourtant des groupes comme Kyuss ou Monster Magnet ont proposé des morceaux assez longs tout au long de leur discographie.

Oui, mais même quand j'écoute certains trucs barrés de Kyuss, il y a toujours une certaine rythmique, une énergie. Le doom a un côté plus lancinant, plus lourd qui rejoint par certains côtés une forme de hard rock progressif, et puis il y a toute cette imagerie sombre... Moi je suis un vieux punk, et on ne s'est pas fait chier à porter à bout de bras tous les groupes qui ont dégagé les machines prog d'il y a vingt ans pour les retrouver aujourd'hui.

Comment voyez-vous évoluer le stoner depuis ses débuts ?

Bien et mal. Certains labels sont intéressants, comme Small Stone. Le mec qui le dirige, Scott Hamilton, a vraiment des choix éclectiques, sur le catalogue, tu as vraiment des groupes différents et de qualité comme Five Horse Johnson, The Glasspack, Acid King... Hamilton est un type qui a bien compris que le stoner n'est intéressant que lorsqu'il est varié. A côté, tu as des mouvements moins intéressants, comme le stoner suédois, c'est bien fait, bien appliqué, mais ça ne me procure pas de frissons à côté de groupes formidables comme Bad Wizard.



Pour en revenir à Kyuss, Josh Homme a toujours dit qu'il avait dissolu le groupe afin de l'empêcher de devenir une grosse machine incontrôlable, Kyuss était pourtant signé sur le gros label Elektra. Vous qui connaissez bien l'intéressé, quelles sont pour vous les raisons de ce split ?

Il y a de ça. Après, il faut un peu nuancer la situation. Ils étaient sur Elektra, mais apparemment le label ne les a pas beaucoup soutenu, et ils ne leur en ont pas beaucoup demandé non plus. Par exemple, j'ai eu beaucoup de mal à trouver des photos de presse pour faire mon article sur le groupe (Kyuss Story, dans le Rock & Folk de Septembre 2005, ndlr), ils n'en ont quasiment pas fait. On trouve en fait beaucoup de clichés réalisés par eux-mêmes où ils posent dans le désert. Ils étaient vraiment dans une logique à la Black Flag, Do It Yourself. Pour en revenir à la séparation, il ne faut pas oublier qu'il y a d'abord eu le départ de Brand Bjork, batteur et compositeur du groupe, qui a dû peser dans la décision finale de Josh Homme. Ils ont recruté Alfredo Hernandez pour le dernier album, et on sent bien à l'écoute de ce disque que la rupture devenait inévitable. Je crois aussi que l'explosion du grunge suite à la fin brutale de Nirvana a torpillé tous les efforts que la maison de disque aurait pu investir pour soutenir le groupe.

" Kyuss, c'était une bande de gamins de 19 ans sans plan de carrière "





Justement : dans le Rock & Folk de Septembre 2002, vous présentez une rapide discographie de la galaxie QOTSA/Kyuss. Blues For The Red Sun et Sky Valley récoltent les 5 étoiles réglementaires, or …And The Circus Leaves Town n'en obtient que 4,5. Pourquoi cette infamie ?

Soyons clair, Circus reste un très, très bon album. Mais comme je le disait précédemment, on sent le groupe un poil démobilisé, que la fête est finie. Pour moi, le pic de jouissance avec Kyuss est atteint avec les seconds et troisièmes albums, même si Circus contient certains de mes morceaux préférés comme "One Inch Man" ou la fantastique explosion finale ("Spaceship Landing" 11 minutes de stoner ascentionnel, ndlr).



On a évoqué Nirvana tout à l'heure. Avec le recul, on se rend compte de la proximité esthétique du grunge et du stoner qui sont apparus à peu près au même moment aux Etats-Unis. Il y a de fortes chances que des groupes comme Soundgarden ou Mudhoney soient qualifiés de stoner s'ils sortaient leurs premiers disques aujourd'hui. Comment expliquez-vous le fait que le stoner n'ai pas su ou pu profiter de l'explosion grunge ?

Pas au bon endroit. Pas à Seattle. Encore une fois, il faut contextualiser. A l'époque, Kyuss c'était une bande de gamins de 19 ans qui avançaient sans aucun plan de carrière. Ils se sont battus plus d'une fois avec des gens de la maison de disque qui ne voulaient pas laisser rentrer leurs potes à leurs concerts. S'imposer dans les charts, ça n'a jamais été leur problème. Si le succès est venu ensuite, c'était plutôt par un heureux hasard qu'autre chose, ceux qui pensent que Josh Homme a formé Queens of the Stone Age pour rencontrer la gloire se trompent complètement.

Le rêve ultime de tout stoner addict, c'est évidemment d'assister à la reformation de Kyuss, ne serait-ce que pour une série de concerts. Vous pensez que c'est de l'ordre du possible ?

Complètement impossible en l'état. Josh Homme a bien joué quelques titres de Kyuss ici et là lors de festivals, notamment avec John Garcia, de là à espérer une réelle tournée... Brand Bjork et John Garcia ne sont pas contre. Le problème serait de choisir le bassiste : Nick Oliveri ou Scott Reader ? Techniquement, ça serait Reeder, historiquement, plutôt Oliveri. Peu importe, Josh Homme ne veut pas, et il est très ferme là-dessus. Pas le genre à regarder derrière lui. Après, who knows, peut-être dans quelques années, s'ils rentrent au Rock'n'Roll Hall Of Fame, si le stoner y entre un jour ! (rires)

Une question qui alimente pas mal de forums consacrés au stoner : Queens of the Stone Age peut-il encore être qualifié de stoner ?

Non, dans le sens où QOTSA n'a jamais revendiqué l'étiquette stoner. Forcément, après avoir écoulé un million d'exemplaires de Songs For The Deaf, tu t'exposes à la haine des puristes. Après, on peut considérer QOTSA comme stoner à partir du moment où l'on définit le stoner comme un assemblage d'influences variées. Si on résume le genre à du rock seventies remis au goût du jour, alors QOTSA n'est pas stoner. Si en revanche on veut bien inclure d'autres influences comme le rock psychédélique, le garage, la pop, le punk... dans ce cas, oui, QOTSA est stoner.



Autre question bateau : Queens of the Stone Age sans Nick Oliveri est-ce encore Queens of the Stone Age ?

On peut considérer que les Who sans Keith Moon ne sont plus les Who. Mais on peut aussi penser que les Rolling Stones ne sont pas morts avec Brian Jones. Question de point de vue. Il faut bien garder à l'esprit que QOTSA, c'est le bébé de Josh Homme, et de personne d'autre. Nick Oliveri a ensuite été vite greffé au projet, vu qu'il jouait à droite à gauche sans but précis après la dissolution de Kyuss et c'est vrai qu'il a apporté beaucoup à l'imagerie du groupe pendant une certaine période, un côté punk et sauvage. Mais Josh Homme a toujours pensé QOTSA comme un groupe à géométrie variable avec différents satellites gravitant autour mais toujours lui comme pivot, au centre. Effectivement, Oliveri, a peut-être cru, et le public avec lui, qu'il était lui aussi un pivot, or pour Homme il était clair depuis le début que non.

On en arrive au palmarès : quels sont pour vous les cinq meilleurs albums de stoner rock ?

Oula ! Pas évident... Voyons voir... Blues For The Red Sun (Kyuss), N°6 Dance (Five Horse Johnson), Dopes To Infinity (Monster Magnet), Songs For The Deaf (QOTSA) et Charged (Nebula) (panthéon accouché avec difficulté, furent également évoqués, entre autres, les premiers albums de Karma To Burn, Orange Goblin, In Search Of de Fu Manchu... ndlr).




Quels groupes importants selon vous n'ont pas la renommée qu'ils méritent parmi les amateurs de stoner ?

Nebula, Five Horse Johnson, Clutch même si on sort un peu de la nébuleuse stoner avec eux.

" Je préfère soutenir les groupes de stoner français intéressants que les formations déjà installées "





On en arrive au désert de Gobi : la France...

C'est clair ! (rires)

Le stoner français arrive assez tard, vers la fin des années 90 avec des groupes comme Carn, Low Vibes ou Space Patrol. Selon vous, y'a-t-il des formations hexagonales qui ont amorcé le mouvement antérieurement ?

Honnêtement, je n'en vois pas. Lors de mon palmarès des 30 meilleurs titres stoner pour le hors-série 901 Chansons de Rock & Folk, j'ai mentionné le cas des Variations, un groupe de la fin des années soixante qui était l'un des rares à porter ce son en France à l'époque. Ils étaient assez connus, ils ont fait la première partie de Johnny Hallyday. Ensuite ils ont signé sur un label américain et sorti des disques aux USA et en Angleterre, mais à part eux, je ne vois personne d'autre.



Quel est votre regard sur la scène hexagonale ? Y'a-t-il des groupes intéressants selon vous ?

On assiste à l'émergence d'une scène un peu plus intéressante que le hard des années 80. Parmi les rares trucs que j'écoute, il y a Loading Data qui sont assez intéressants, qui ont du potentiel. Il y a l'album de Eon Megahertz que j'aimerais bien écouter, et qui m'a l'air assez barré. Je connais aussi Zoe, c'est plutôt pas mal, bon esprit. Si on remonte un peu dans le temps, il y a Low Vibes, mais qui est plus dans un esprit doom, donc ça m'intéresse moins, Blackstone, qui avait sorti un premier album assez bon mais qui est devenu après moins cohérent. Malheureusement, on a vite fait le tour du genre en France.

Quand on parle un peu avec les groupes, ils nous disent que si le stoner reste encore marginal dans notre pays, ce n'est pas tant la faute du public qui est prêt à se déplacer aux concerts que des médias musicaux qui sont encore frileux lorsqu'il faut parler de stoner rock.

Les Loading Data, les Zoe, les Blackstone, j'ai été parmi les premiers à les placer dans mes papiers. Je préfère parler de groupes qui ont besoin de médiatisation que ceux déjà installés, mais il faut qu'ils m'envoient les infos ! Moi je ne fais pas d'ostracisme et à partir du moment où ils sont intéressants, je suis prêt à leur donner un coup de pouce, sans problème.

Pour finir, quel est pour vous l'évènement stoner de 2007 ?

Il y en a plusieurs : évidemment la sortie au mois de juin du nouveau QOTSA produit par Chris Goss, les nouveaux albums de Clutch, Orange Goblin, The Glasspack et de Fu Manchu. De toute façon, un nouvel album de Fu Manchu est toujours un évènement. Il y a également Jesse Hugues de Eagles of Death Metal qui devrait sortir un album solo, du pur stoner à ce qu'on dit. Ça fait déjà pas mal de choses, mais il peut y avoir de l'impromptu, un groupe venu de nulle part qui vienne créer la surprise. En terme de concerts, comme d'habitude, on risque de moins rigoler.

Un très grand merci à Cyril Deluermoz pour sa gentillesse et sa disponibilité. Pour aller plus loin, jetez un œil sur son dossier sur le stoner rock et sa petite biographie de Kyuss, parus respectivement dans les Rock & Folk de Septembre 2002 et de Septembre 2005.

http://www.rocknfolk.com/site/accueil.php


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