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Interview : Sheetah et les Weissmüller


Christophe, le 11/03/2011
Rencontre avec un groupe attachant et peu ordinaire dans un lieu ô combien singulier. Suite à notre rencontre au Forum des Musiques Actuelles à Lille en janvier dernier, le groupe Sheetah et les Weissmüller m’a donné rendez-vous dans un lieu peu banal, envahi d’objets insolites, en fait tout simplement la maison des parents du chanteur. Nous voici donc installés dans ce salon rempli de curiosités (tout comme moi) pour en apprendre plus sur ce groupe amoureux des sixties. De grands passionnés des yéyés, aux prises avec le nouveau marché du disque.


Commençons par le début, quelle est l’histoire du groupe ?
Barnabé : Ca fait dix ans que Sheetah existe. Jéjé et moi sommes les seuls rescapés de la formation originelle qui ne faisait au départ que des reprises yéyé garage psychédéliques, surtout françaises. Le groupe a d’ailleurs été formé ici même.
Depuis que l'on fait nos propres compositions, depuis 5 ans donc, nous sommes les 5 membres ici présents : Barnabé au chant, Jéjé à la guitare, Hubert à l’orgue, Peter à la batterie et Fifi à la basse.

Et où est Sheetah ?
On cherche toujours ! Elle n’est jamais très loin ! (rires)
Elle dit ce qu'on doit faire et nous on obéit.

Quelle est l’origine de ce nom de groupe plutôt exotique ?
Barnabé : On est tous fans de cinéma et on est tous secrètement amoureux de Jane. (rires)
Fifi : Enfin ca dépend de laquelle... (rires)
Barnabé : La jungle a souvent appartenu à l'imagerie associée au rock dans les années 50.
Hubert : Ce nom est un peu une erreur de marketing. C’est difficile à orthographier. On nous appelle souvent « Johnny et les Weissmuller ».
Barnabé : Il dit ça parce qu'il est arrivé après (rires)
Hubert : Attention aux contrefaçons ! On n’est pas les Cheetah Girls (rires)

Comment décrivez-vous votre genre musical ?
En ce moment, rock tendance sixties au sens large. Notre premier album était plutôt d'inspiration mi-1960, le prochain sera davantage d'influence 67-68.
Mais on est un groupe actuel. C'est juste une influence. On n’est pas parodiques on aime vraiment les groupes des années soixante. On compose comme si on y était, c’est un vrai amour.


Vos influences ?
On aime bien Ronnie Bird, Jacques Dutronc, Nino Ferrer, Antoine, les Beatles, les Kinks, les Who. On est influencé aussi bien par des groupes français que des anglais, même si on chante essentiellement en français.

[Barnabé : Je suis stressé il y a ma mère qui m'écoute !
Jéjé : justement alors parlons de ton enfance (rires) allonge toi (rires)
Et si j’interviewais ta mère plutôt ? (rires) je n'ai surement pas pris assez de papier par contre. (rires)]



On a un 45 tours qui sort dans trois semaines (NDR : fin mars 2011). Comme à l'origine, ce sera uniquement des reprises des années 60. 1966 exactement, avec Antoine, Normand Frechette & Les Houlops, les Sunlights, et les 5 gentlemen. Donc des français et des canadiens.
Il sort en vinyle ? Oui uniquement ! il ne portera pas de titre, comme les 45 tours quatre titres qui sortaient dans les années 60.


Ensuite un nouvel album est prévu je crois ?
Barnabé : Oui le deuxième album est enregistré, il cherche un label. Il sera beaucoup plus psychédélique, orchestré avec violon, cuivres, sitar, … Aucune reprise, seules nos propres compositions seront présentes contrairement au premier album sur lequel il restait une reprise. Par contre on introduit quelques titres en anglais car on va tenter notre chance en Angleterre.
Hubert : Il faut dire que l'on passe beaucoup plus sur les radios anglo-saxonnes que sur les françaises et beaucoup plus dans les pays nordiques. Le premier album est beaucoup diffusé sur les radios étudiantes aux Etats-Unis, alors qu’on n’y est jamais allé. Egalement sur la BBC. Donc on va leur faire plaisir en enregistrant trois titres en anglais. Les français disent que c'est dommage que l'on chante en français. Mais on tient vraiment à continuer à le faire, à l'inverse de beaucoup de groupes français qui chantent le plus souvent en anglais.


Etes-vous retournés dans votre studio espagnol favori pour enregistrer ce deuxième album ?
Absolument. Comme pour le 1er album (NDR : "Hola Yé-Yeah" / Screaming Apple Records 2009), nous avons enregistré à Gijon, au studio Circo Perrotti avec ses équipements analogiques à lampes. On y obtient les sons chauds que l’on recherche.
Pour vos instruments sur scène, avez-vous la même recherche de sonorités vintage ?
En effet, on a un orgue Farfisa de 1967, la batterie vient des sixties, tout comme la basse Thunderbird et la guitare Gretsch.
Pour le second album on a ponctuellement intégré du sitar indien, des cordes, des cuivres, comme l'ont fait plein de groupes des années soixante : les Beach Boys, les Beatles, qui ont sorti des concept-albums à un moment donné pour faire autre chose que ce qu’ils faisaient sur scène.
On avait envie de ça, une petite parenthèse. C’est l'album psyché qu'on voulait ! On reviendra surement à un son plus électrique bientôt. On a bossé comme des dingues dessus !
Pendant combien de temps ?
Presque un an. Entre la compo, les arrangements, le maquettage et la pré-production avec l'enregistrement ici de tous les violons, trompette, trombone, sitar, contrebasse, violoncelle, avant de les exporter en Espagne où on les a mixés pour jouer dessus.
Qui a joué de tous ces instruments ? Des amis. Que des médailles d'or de conservatoire ! (rires)


Et pourquoi ce changement de label pour le nouveau disque ?
Le précédent, Screaming Apple, arrête la production de disque. Ce genre de musique est peu lucratif. C'est difficilement concevable de faire de l'argent sur les Sheetah, d'où la difficulté à trouver un label. Il y a de moins en moins d'argent mais il faut dire qu'on adore la scène. On voit du pays. On joue surtout. On adore se marrer avec le public, c'est notre raison d'être.
De toute façon on fait tous du rock depuis plus de vingt ans et on n’a jamais gagné de fric quasiment ! (rires)
Ça paie pas plus, ça paie pas moins. Ca a toujours été comme ça. On fait surtout ça parce qu’on aime ça.


J'ai lu que vous avez un bienfaiteur, Sylvain. Qui est-ce ?
C’est un ami d'enfance qui est réapparu. Un grand collectionneur de vinyles qui est devenu fan des Sheetah. A tel point qu'il est devenu notre mécène, il a financé le maquettage du premier album. En échange on lui a enregistré les reprises qu'il aimait bien pour en sortir un EP, on y gagne des deux cotés ! il voulait que si un collectionneur tombe sur ce 45 tours il se dise que c'est un truc des années soixante. C’est rigolo.
Il nous a donné un peu de sous pour le second album.
C'est un "documentaliste", un fou de vinyles. Il numérise les vinyles assez rares et il les met en ligne sur son site "Mixages Obsolètes". On adore cette démarche. Il rend accessible à tous des disques qu'on adore.



Comment se déroule la composition de vos titres ?
Barnabé : On compose les morceaux ici, Hubert et moi.
Ensemble pour texte et musique ?
Barnabé : On se débrouille à deux. Il est plus musicien que moi et j’écris un peu plus que lui.
Hubert : Ca n'empêche par Barnabé de trouver des phrases musicales et moi de compléter un couplet. On fait notre tambouille à deux.
Barnabé & Hubert : Puis surtout on écrit aussi l'un pour l'autre. (rires) C'est ça aussi.
Ensuite vous proposez votre production aux autres membres du groupe ? Ils ont leur mot à dire ?
Hubert : ils nous disent si ça leur plait ou si ça ne leur plait pas. On se fait jeter parfois assez vite ! L'autre fois ils trouvaient un titre trop western, donc on ne l'a pas fait (rires)
Il faut que ca leur plaise. Ils apportent beaucoup, on est un groupe, chacun son style. Si c'était d'autres gens ça ne sonnerait pas pareil.


Parlons des concerts, je vous ai vu lors de votre goûter-concert à l’issue de votre résidence à l’Aéronef ? Quel était votre objectif là-bas ?
On voulait jouer avec les arrangements et mettre en images les morceaux orchestrés du deuxième album. On a mis au point les films avec Jean-Marc Ouvrier Buffet.
Le VJing est pourtant assez peu répandu sur ce style musical.
A l'époque psyché il y en avait plein, c'est inspiré de tout ca. C'est un peu l'esprit. A l’instar des génériques de James Bond.

Avec les Sheetah, on défend bien sûr l'idée de faire des concerts mais aussi de vrais shows.
On a fait des spectacles sur le thème des catcheurs avec un ring en face de la scène, on a fait un thème cow-boy avec des danseuses. Pour l’été on prépare une soirée : un bal à Fives (NDR : quartier de Lille) un appel du 18 juin décalé sur le thème des Mods. On va faire venir une vieille légende des années 60 : le chanteur soul, Vigon, derrière lequel Jonasz jouait du clavier à ses débuts.
Comme Tintin, on peut se mettre dans plein d’univers : chez les cow-boys, sur Mars, en Orient. Là ce sera à l'époque de la libération, un peu comme les happenings des années 60. Ca nous différencie beaucoup des autres.


Quel est votre meilleur souvenir de concert ?
Il y en a plusieurs : à l’Aéronef en 2009 pour la sortie de l'album, le bal à Fives avec un fakir et surtout le cabaret du danger au festival les Nuits secrètes en août 2009 : on a fait 7 concerts en 3 jours, tous complets. On a fini rincés sur la grande scène. Il y a avait une rumeur disant que ce serait M qui serait la surprise de la dernière soirée alors que c’était nous ! Du coup on s'est déguisé en W, les gens croyaient qu'on était M, jusqu'à ce que je retire mon masque. (rires)


Vos prochaines dates ?
On fait pas mal de dates à l'étranger. Notre impresario nous envoie souvent en Allemagne.
D’ici l’été on a des dates à Londres, les festivals Rock en Nord à Armentières et Cosmic Trip à Bourges et d’autres listées sur notre Myspace.


Y a-t-il des groupes locaux qui vous tiennent à cœur ?
On aime bien les Crusaders of Love, Kick Driving et Curry and Coco notamment.
Sinon en France on apprécie les Playboys, Stupeflip et plusieurs autres groupes rock.


Passons à ma petite question traditionnelle : Regards croisés :
chacun peut-il décrire par un mot un autre membre du groupe ?

Fifi => Hubert : Oulala... Perfectionniste.
Hubert > Barnabé : Complices.
Barnabé > Jéjé : en un mot c’est dur ! il me faudrait 4 ou 5 pages.
Jéjé > Peter : Nordique.
Peter > Fifi : Force tranquille.


Un album fétiche ?
Hubert : Revolver des Beatles
Barnabé : Philippe DeBarge des Pretty Things
Jéjé : Between the Buttons des Rolling Stones
Fifi : It's Alive des Ramones
Peter : Out To Lunch d'Eric Dolphy



Un dernier mot ?
Vivement le troisième album mais pressé que les gens puissent entendre le deuxième !


Merci pour votre accueil.





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Straight Songs Of Sorrow


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A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

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