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Critique d'album

Mastodon


Once More 'Round the Sun


(23/06/2014 - Warner - Sludge / stoner / progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Tread Lightly / 2- The Motherload / 3- High Road / 4- Once More 'Round the Sun / 5- Chimes at Midnight / 6- Asleep in the Deep / 7- Feast Your Eyes / 8- Aunt Lisa / 9- Ember City / 10- Halloween / 11- Diamond in the Witch House
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Mastodon au sommet de son art. Un disque manifeste à écouter d'urgence."
Nicolas, le 16/07/2014
( mots)

Après un album de la trempe de The Hunter, on n’a plus besoin de vous dire tout le bien que l’on pense de Mastodon, l’un des groupes de metal, si ce n’est le groupe de metal le plus important de ces dix dernières années. Si les débuts du carré d’Atlanta, entre sludge poisseux et progressif opulent, l’avaient installé en tant que pierre angulaire du rock heavy des années 2000, c’est véritablement ce cinquième album, dopé par une production surpuissante (la meilleure batterie de tous les temps ?) et une conception bien plus accessible, qui l’a fait monter d’un cran et rejoindre le club très fermé des groupes de metal qui plaisent aussi aux non métalleux. Autant dire que Once More ‘Round The Sun était extrêmement attendu, au moins par votre serviteur. Verdict après une semaine passée en compagnie de ladite galette : Mastodon a encore frappé très, très fort.

The Hunter était un album qui avait fait le choix d’un parti-pris très marqué, très risqué et donc fatalement très clivant. Avec la production extrêmement léchée de Mike Elizondo, la nette mise en avant du chant et de la batterie et un traitement direct délaissant la progressivité du quartet, Mastodon avait tapé dans le mile tout en perdant un peu de son identité propre, de celle que nombre de ses fans ont immédiatement regrettée, ce son touffu et crado, ces riffs en enfilade, cette densité extrême. Il fallait donc à Hinds, Sanders, Kelliher et Dailor effectuer au moins un pas en arrière pour ne pas risquer de perdre toute une frange de leur public en chemin. Le choix de se tourner vers Nick Razkulinecz semblait parfaitement adéquat, lui qui se pose sans trop de problème comme l’un des meilleurs accoucheurs soniques actuels, lui qui a aidé à la résurrection d’Alice In Chains, qui a déniaisé et modernisé Rush, qui a émancipé Fair To Midland, qui a bétonné les qualités de Deftones et de Coheed and Cambria. Lancé dans un véritable travail de réappropriation, Razkulinecz est parvenu à proposer un équilibre assez saisissant entre chant, guitares, basse et batterie, à conserver une partie de l’éclat du disque à la tête de cerf et notamment son côté pop, mais aussi à réintégrer savamment une tonalité plus garage et des structures de riffs mathématiques sans risquer de nous flanquer une indigestion. Affirmer que Once More ‘Round The Sun est à mi-chemin entre The Hunter et Crack The Sky confine au lieu commun, mais c’est pourtant une assez bonne approche de ce qui nous y est proposé.

Un grand album de metal se doit d’avoir des riffs à la hauteur, et à ce petit jeu, le monstre stellaire d’Atlanta réalise une entame impeccable. "Tread Lightly", porté par l’organe plus viril que jamais de Troy Sanders, assène ses coups de boutoirs binaires avec une jubilation féroce, tandis que la pop revient via Bran Dailor et l’imparable "The Motherload", leur titre à ce jour le plus efficace. Il est toujours incroyable de constater que ce groupe est capable d’aligner trois chanteurs en lead vocals pour autant de personnalités et de rendus différents, particularité qui confère à Mastodon, hydre dont les quatre têtes se partagent à part égale la composition des morceaux, un statut à part dans le rock actuel et qui explose de la manière la plus évidente qui soit sur la dichtomie presque schizophrénique couplet testostéroné - refrain planant de "Ember City". Mais le mastodonte demeure une formation de heavy metal, et ceux qui l’auraient oublié vont pouvoir se régaler avec "High Road", encore un titre terrifiant, pesant, distordu et doté d’une dynamique sonore stupéfiante, même si, à choisir, le morceau titre qui lui fait suite, interprété par l’archétypal Brett Hinds, rentre bien plus dans le moule géorgien avec ses textures plus aériennes contrebalancées par la solidité de sa section rythmique. Inutile de revenir sur les qualités techniques de Bran Dailor au poste de cogneur en chef, si ce n’est pour relever une nouvelle fois sa tendance à en faire (beaucoup) trop. Mais ici, il semble avoir été bien canalisé et son jeu, moins éclatant et tape à l’oeil que sur The Hunter, essaye, malgré moult roulements, de servir avant tout l’efficacité des morceaux. Ce point, en apparence anodin, est en fait capital car il permet à Mastodon de nous proposer ensuite des structures de riff plus progressives sans nous noyer sous la matière. Ainsi, les changements de mesure et de tempos de "Chimes At Midnight", les mathématiques appliquées de l’aérien "Asleep In The Deep", le sludge ventre à terre de "Feast Your Eyes", agrémenté d’arpèges complexes, d’un pont progressif et d’un final Toolesque à souhait, passent comme une lettre à la poste. Seul l’opaque et conclusif "Diamond In The Witch House", la pièce la moins accessible du lot, laissera bon nombre d’auditeurs sur le carreau. A tort, car ces décharges successive de violence oppressante, balancées à un rythme faussement indolent qui entre en contraste avec les pétarades incessantes de la batterie, vaut plus qu’un simple détour.

Ceci dit, Mastodon fait du métal, mais pas que, et c’est ça qui est le plus rafraîchissant avec eux. On avait déjà noté les accointances des Géorgiens avec les canons de Josh Homme ("Dry Bone Valley", meilleur morceau des Queens Of The Stone Age des années 2010), et l’album écarlate à la fourche revient encore hanter cette sixième réalisation. Introduction étouffée et riff monumental sur "Tread Lightly", "Millionaire" s’invite également aux festivités sur le truculent "Halloween" et son final stoner à souhait qui fait également un clin d’oeil aux breaks de "A Song For The Dead". Simplicité presque nü metal, encore, avec la terrible "Aunt Lisa", quintessence de l’antagonisme mastodontesque et savant alliage de divers courants métalliques. Arpèges improbables en guise d’introduction, chant clair et pop couvrant une rythmique asymétrique obnubilante sur les couplets, refrain sur-hystérique malmené par des graves abyssaux, pont asphyxiant et enfumé, et surtout final faisant intervenir une chorale d’enfants scandant "Hey, ho, let’s fucking go / Hey, ho, let’s get all the rock’n roll", sorte de réminiscence d’un "Another Brick In The Wall" qui headbangue avec hilarité.

Transition idéale pour terminer sur un autre lieu commun : Mastodon est au heavy metal ce que Pink Floyd est à la pop music. Insaisissables, repoussant toujours plus loin les limites d’un style et d’une attitude, les quatre bretteurs d’Atlanta accouchent ici d’un disque-manifeste, d’une vitrine de tout leur savoir-faire. Un album de référence, moins extrémiste dans l’accessibilité que The Hunter mais sans doute plus sincère, plus complet et plus incontestable en terme d’héritage. Et d’ores et déjà l’un des grands, des très grands disques de cette année 2014.

Note de 3.5/5
Mastodon demeure plus constant que Baroness mais son retour aux sources progressives est marqué par des vocaux plus monotones et un album moins sidérant que The Hunter.
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