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Critique d'album

Björk


Homogenic


(22/09/1997 - Mother records - Pop expérimentale ? - Genre : Autres)
Produit par

1- Hunter / 2- Joga / 3- Unravel / 4- Bachelorette / 5- All Neon Like / 6- 5 Years / 7- Immature / 8- Alarm Call / 9- Pluto / 10- All Is Full Of Love
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
""
Aurélie, le 19/01/2004
( mots)

"Je pourrais contrôler plus encore, mais je ne le veux pas. J'ai toujours soif de surprises", affirmait Björk peu après la sortie de son album Debut en 1993. Il est vrai que le parcours du lutin islandais au nom de famille imprononçable (Gudmundsdottir) est pour le moins atypique. Après avoir travaillé avec des groupes punk gothiques, elle a apporté sa contribution à la pop acidulée des Sugarcubes, puis a décidé de sortir un single solo ("It's Oh So Quiet") d'inspiration plus jazzy. L'album Debut, produit par Nellee Hopper, la propulse définitivement en tête des artistes les plus novateurs de la fin du vingtième siècle. Dans cet opus mémorable, Björk mêlait de manière inattendue les atmosphères (une chanson enregistrée dans les toilettes d'une boîte), les techniques et les tissus mélodiques (dont des cordes magnifiquement arrangées par Talvin Singh).

En 1997, quelques semaines avant la sortie du troisième album solo de la chanteuse, on se pose néanmoins des questions : le titre choisi (Homogenic) n'annonce-il pas un disque moins aventureux que ses prédecesseurs ? L'âme errante aurait-elle choisi de se stabiliser enfin ? Soulagement immédiat à la première écoute : non, Björk n'a pas fini de nous étonner... Sur cet album, elle continue au contraire son exploration musicale et crée un nouvel univers où se cotoyent les instruments à cordes (le déchirant "Unravel") et les sonorités techno minimalistes et hypnotiques (le froid et quasiment inécoutable "Pluto"). Le résultat est un paysage musical d'une grande beauté – une beauté glaciale, étrange et planante.

La voix de Björk, quant à elle, atteint des sommets d'émotion sur des titres comme "Hunter", "Bachelorette", ou encore "Immature", où elle semble prête à se briser. Dans Homogenic, la chanteuse nous dévoile sa vision sombre des relations humaines et aborde des thèmes plus adultes, comme la paranoïa, les ruptures et la désillusion. Ces thèmes doivent sans aucun doute leur présence à l'échec de sa relation pour le moins chaotique avec le pionnier du drum 'N' bass Goldie. Un titre comme "All is Full of Love" prend dans ce contexte une dimension nettement ironique. La voix brute et les rythmes abstraits de "5 Years" et de "Immature" révèlent par ailleurs une quantité impressionnante de colère et de souffrance. "How could I be so immature/ To think he would replace / The missing elements in me ?" ("Immature"). Dans "5 Years", Björk enfonce le clou : "I'm so bored of cowards / That say they want / Then say they can't handle", avant de lancer un défi à son ancien partenaire : "I dare you to take me on". La ballade guerrière "Bachelorette", qui n'est pas sans rappeler l'"Isobel" du précédent Post, est sans doute le plus triste des dix titres présents sur cet album, le plus beau aussi. Il donne une dimension quasi épique aux sentiments de l'artiste. Quant au déroutant "Pluto" avec ses rythmes mécaniques et ultra-rapides, il peut être vu comme une sorte de catharsis, une tentative d'extériorisation des passions. Pourtant, en dépit du pessimisme radical de l'ensemble de l'album, l'espoir pointe un bout de son nez rougi par le froid dans "Joga", un titre émouvant dédié à l'île où elle est née et qui célèbre ses "emotional landscapes".

En conclusion, on dira simplement que Björk nous livre là son album le plus intimiste et personnel, le reflet le plus pur de ses ambitions musicales. Rien d'étonnant à cela, puisque, mis à part une collaboration ponctuelle avec Mark Bell de l'obscure formation techno LFO et avec The Icelandic String Octet, elle en a assuré elle-même la production. Homogenic est une bouffée d'air (glacé) dans le monde musical et emportera facilement l'auditeur dans le monde de celle que beaucoup considèrent comme l'artiste la plus inspirée de sa génération.

Commentaires
SYLVAIN, le 22/01/2019 à 18:47
La face 2 du disque m'a laissé de marbre mais les 4 premiers titres de la face 1 sont vraiment un grand moment de musique et Bjork s'impose à la fois comme une des plus grandes compositrices et interprètes féminines de l histoire de la musique. Sa voix est indicible, presque surnaturelle. Avec une mention particulière pour la sublimissime "Bachelorette", chef-d'oeuvre absolu qui fait jeu égal avec les plus belles merveilles du répertoire classique. Et l'une des plus grandes love songs de tous les temps. Bjork disait vouloir écrire une "chanson parfaite" : pari tenu.
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