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Critique d'album

Placebo


Battle for the Sun


(08/06/2009 - PIAS - Glam rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par David Bottrill

1- Kitty Litter / 2- Ashtray Heart / 3- Battle for the Sun / 4- For What It's Worth / 5- Devil in the Details / 6- Bright Lights / 7- Speak in Tongues / 8- Never-Ending Why / 9- Julien / 10- Happy You're Gone / 11- Breathe Underwater / 12- Come Undone / 13- Kings of Medicine
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Placebo redresse enfin la tête avec un sixième opus power pop très appréciable."
Nicolas, le 18/06/2009
( mots)

Après avoir connu une période faste, Placebo est désormais devenu un groupe qu'il est de bon ton d'enfoncer et de traîner dans la boue. Évidemment, la pierre ne peut en être jetée qu'à Brian Molko, lui qui a réussi à exaspérer ses fans les plus tenaces après deux (trois ?) albums des plus inconstants. Et paradoxalement, dans la critique qui va suivre, toute la difficulté sera de ne pas sous-estimer ce Battle For The Sun, manifeste qui fait un peu office de disque de la dernière chance. Alors : lauriers ou guillotine ?


"Kitty Litter" cueille l'auditeur presque par surprise, avec ses riffs de plomb et sa rythmique lourde et oppressante ; et là dessus, l'androgyne glam n'a plus qu'à glisser en force ses éclats vocaux chevrotants avec une intensité tout bonnement tétanisante. Outch, quel morceau ! On n'avait plus connu une telle puissance de frappe depuis Without You I'm Nothing. Cette première impression se confirme tout au long de l'album : la production de David Bottrill (le maître d'oeuvre favori de Tool, mais aussi le type qui se cache derrière un certain Origin Of Symmetry) et le mixage d'Alan Moulder sont une merveille du genre. Le son est dense, la guitare acérée, et le résultat laisse enfin une place prépondérante à la basse volumineuse de Stefan Olsdal. Derrière, le jeu de Steve Forrest (le nouveau batteur, beau, jeune et multi-tatoué) se révèle très agréable, à mi-chemin entre Hewitt et Schutzberg, toujours véloce, souvent très englobant mais parfois plus atypique avec de nombreuses frappes à contretemps qui dynamisent avantageusement l'ensemble. Mieux : l'homme apporte une valeur ajoutée significative à un duo d'instrumentistes possédant déjà une rigueur rythmique détonante, ce qui n'était pas le cas de son prédécesseur. On en oublierait presque que Brian Molko a souhaité doper plusieurs titres aux arrangements symphoniques ou aux orchestres de cuivre. Ceci dit, même si les violons et les trompettes ont la part belle sur l'album, ils restent toujours cantonnés aux toiles de fond. Autre choix de Molko, pour le moins risqué : faire l'impasse totale sur les balades. Bien sûr, on retrouve de nombreux passages calmes sur cet album, mais ils se font à chaque fois pulvériser par le tonnerre des guitares en moins d'une minute. Un pari osé, mais finalement pas si étonnant quant on voit la qualité en constante dégradation des récentes balades de l'animal.


Ne vous attendez pas pour autant à retrouver les ambiances des deux premiers albums. Si les lignes de guitare donnaient à l'époque tout leur sens aux morceaux, c'est l'inverse qui se produit ici. Car Battle For The Sun n'est ni plus ni moins qu'un album de power pop, qui envoie son quota de décibels et de riffs au cordeau, c'est vrai, mais qui reste avant tout mélodique à tendance mainstream. Ici, c'est la voix de Molko qui est aux commandes, qui dirige les titres, qui oriente les instruments, tâche dont il se charge d'ailleurs avec une intensité qu'on ne lui connaissait pas encore à un tel niveau. Une fois pris en compte et accepté cet aspect des choses, il n'y a plus qu'à se faire plaisir. Enfin ! Dix ans qu'on attendait des titres de le trempe d'un "Kitty Litter", mais aussi d'un "Never-Ending Why" bousculé par sa rythmique catchy et ses déchirures électriques furieuses, ou d'un "Breathe Underwater" pulvérisé par ces fameux riffs à la croche qui se hissent presque au niveau de "Bruise Pristine". Ces trois titres constituent vraiment une excellente surprise. Par ailleurs, l'album ne possède pas de construction logique, les morceaux sont tous auto-suffisants et n'ont pas besoin de se trouver dans la continuité des autres. Ainsi, on voit se succéder une tirade joyeuse relevée par des choeurs espagnols et une armada de guitares en mode majeur ("Ashtray Heart", très proche dans l'esprit d'un "Teenage Angst" allégé), une marche guerrière s'atomisant elle-même sous des rafales de batterie et de violons ("Battle For The Sun", impérial), un single sous amphétamines à la rythmique binaire endiablée ("For What It's Worth", merci à Mr Forrest et aux trompettistes car le plantage n'était pas loin) et un mid-tempo vénéneux alternant calme et tempête avec brio ("Devil In The Details", autrement plus réussi que "Broken Promise" dans le même genre).


Quant à la fin de l'album, elle se permet de parfaitement tenir la route à l'inverse de ses trois prédécesseurs. Avec en point d'orgue deux titres d'une belle force émotionnelle : "Julien" et ses envolées symphoniques lumineuses, et surtout "Kings Of Medecine", magnifique mélodie transportée par ses flopées de cuivres irradiant de sérénité. On n'oubliera pas "Happy You're Gone" et son refrain étonnant de simplicité et de puissance sentimentale. Par contre, on mettra un gros bémol sur le coeur de l'album constitué par le duo "Bright Lights" - "Speak in Tongues", le premier titre surtout pêchant par une naïveté un peu trop flagrante. Ajoutons à cette paire un "Come Undone" pas foncièrement raté, d'accord, mais pas non plus pleinement convaincant. C'est d'autant plus rageant que l'album est déjà bien long, et qu'il aurait eu tout à gagner à se défaire de ces trois morceaux un bon cran en dessous du reste. Et l'excuse du concept album - avec une vraie histoire dedans, si si - ne saurait emporter pleinement l'adhésion.


Donc pas de retour aux sources pour Placebo avec cette sixième fournée, Brian Molko affichant ici sans aucun complexe ses penchants pop même s'il tente de les masquer sous d'épaisses couches de guitare. Malgré tout, ce Battle For The Sun affiche crânement ses qualités : la galette s'avère ouvertement lyrique, parfois passablement inspirée, mais emportant tout à l'arrache grâce à la puissance de son instrumentation et allant jusqu'au bout de ses convictions musicales. Celles d'un groupe qui continue à tracer son propre sillon dans le paysage rock actuel, aussi inclassable que fortement indentitaire, et qui le fait ici avec une belle conviction. En attendant un album plus définitif ?

Commentaires
DD34, le 21/07/2017 à 03:03
Autant que Black Market Music sérieusement ? BTFS est leur pire album et de loin, et que dire des lives a cette période...ils remontent justement doucement la pente en ce moment.