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Critique d'album

Blur


The Magic Whip


(27/04/2015 - Parlophone - Pop Rock - Genre : Pop Rock)
Produit par Stephen Street, Graham Coxon, Damon Albarn

1- Lonesome Street / 2- New World Towers / 3- Go Out / 4- Ice Cream Man / 5- Thought I Was a Spaceman / 6- I Broadcast / 7- My Terracotta Heart / 8- There Are Too Many of Us / 9- Ghost Ship / 10- Pyongyang / 11- Ong Ong / 12- Mirrorball
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Démystification d'un accident de parcours."
Nicolas, le 18/05/2015
( mots)

Maintenant que l’enthousiasme unanimement partagé par la critique semble s’être quelque peu tassé, approchons à nouveau The Magic Whip, un album qui, à défaut d’être aussi bon qu’on voudrait nous le faire croire, était particulièrement attendu de la part d’un groupe dont, paradoxalement, on n’attendait plus grand chose. Peut-être y a-t-il là un élément de réflexion qui aurait mérité d’être pris en considération avant de déverser tant d’éloges sur un disque qui, de sa conception à sa réalisation, n’en méritait certainement pas tant. Et ce indépendamment du fait qu’à la base, l’auteur de ces lignes n’est pas un grand fan d’Albarn, Coxon and co.


Blur a vécu, et ce n’est pas un scoop. Les intéressés eux-mêmes ne cachent pas avoir mis fin à leur aventure après la sortie d’un Think Tank qui, bien qu’unanimement acclamé, marquait la défection tant personnelle qu’artistique d’un Graham Coxon alors en plein cauchemar éthylique. Malgré le succès de ce septième effort studio, on sentait que l’alchimie du carré londonien s’était tarie et que l’album était davantage un disque solo de Damon Albarn que le fruit d’un véritable travail d’équipe. Depuis, étant donné que le guitariste à lunettes n’avait nullement l’intention de remettre le couvert, on ne nourrissait pas grand espoir de voir naître un successeur à ce disque paru en 2003. Et ce n’est pas la reformation du groupe en 2009 qui allait y changer quoi que ce soit, tellement cette reprise de service puait le pognon et l’entertainment à plein nez. A tel point qu’Albarn n’hésitait pas à booker une tournée mondiale, mais uniquement dans des endroits où le groupe n’avait jamais joué. En clair, Blur se réduisait tragiquement à une simple agence de voyage doublée d’un aspirateur à dollars.


Triste en un sens, mais après tout, qui pourrait leur jeter la pierre ? Chacun des quatre musiciens a déjà tourné la page. Alex James a pris ses distances avec le star system, s’est marié, a eu cinq enfants et s’est retiré à la campagne où il gère - excellemment, dit-on - une ferme fromagère. Dave Rowntree a repris sa profession d’avocat à Londres et s’est fait remarquer en défendant des accusés comme solicitor commis d’office. Quant aux deux chevilles ouvrières de Blur, elles n’ont pas chômé chacune dans leur coin, et on ne vous fera pas l’outrage de vous rappeler les quelques sept albums solos de Coxon en presque dix ans et les multiples projets et collaborations d’Albarn, Gorillaz bien sûr, mais aussi The Good the Bad & the Queen, Rocket Juice & the Moon, Mali Music, ses divers opéras ainsi qu'un certain Everyday Robot, album solo qui a bien du mal à surnager au milieu de tout ce capharnaüm.


Une fois la situation brossée, on ne s’étonne même pas de la manière dont The Magic Whip a vu le jour. Concert annulé à Hong Kong obligeant les quatre hommes à un huis clos collectif d’une semaine, mise à profit de ce temps de latence pour enregistrer des idées de morceaux sur iPad, hibernation desdits morceaux pendant plus d’un an et demi avant qu’ils ne soient exhumés par un Graham Coxon un peu plus hyperactif qu’à l’habitude, et réunions de travail dudit Coxon avec Stephen Street (déjà aux manettes de Blur, dix huit ans plus tôt) finissant par accoucher d’une matrice considérée comme exploitable. Là-dessus, Albarn reçoit les démos et ose le commentaire qui tue : “Ca m'aurait arrangé si ces morceaux n'avaient pas été bons, mais ça n’a pas été le cas”. Hey man, ça, c’est de l’enthousiasme. Un enthousiasme suffisant, semble-t-il, pour que gueule d’ange fasse un détour par Hong Kong en revenant d’Australie et y puise l’inspiration nécessaire à la mise sur papier de textes en adéquation avec le premier séjour des quatre hommes. Et hop, il n’y a plus qu’à faire revenir les deux autres larrons et à mettre le tout en boîte.


Alors bien sûr, le charme opère toujours, ce d’autant que The Magic Whip ne manque pas d’atouts. Finie l’électronique expérimentaliste de Think Tank, on sent que ce huitième album est le bébé de Graham Coxon et qu’il s’est à nouveau donné le beau rôle. Sa guitare est omniprésente, aussi taquine qu’insaisissable, barroudeuse d’emblée sur le caractéristique “Lonesome Street” qui voit Albarn déambuler de sa voix goguenarde et se sortir d’un étonnant pont dissonant apparu au milieu de nulle part. Du Blur comme on peut l’aimer, nonchalant, léger, morveux et mauvaise graine. Sauf  que la machine à remonter le temps ne se fait pas aussi envahissante que cela. C’est surtout lorsque les socles mélodiques brillent que le fouet magique claque avec le plus d’ardeur. On pensera notamment au délicieusement barré “Ice Cream Man” et à son imagerie surréaliste sublimée par la gratte acoustique de Coxon, au magnifique “My Terracotta Heart”, ballade totalement réussie tant en terme d’air, de thématique que d’arrangements exquisément délicats, ou au joliment triste “Pyongyang”, pour le coup seul morceau où l’on ressent vraiment une ambiance asiatique avec ses carillons divers et variés - bien qu’il faudra tout de même nous expliquer le rapport existant entre Hong Kong et la capitale nord coréenne. Autres bons moments, “There Are Too Many of Us” convainc dans son traitement détaché, comme ubiquitaire, d’un chanteur qui contemple l’humanité d’en haut, mais on se contentera aussi d’un “Thought I Was a Spacemean” qui en remontrerait à l’ennemi juré Nono Gallagher en terme d’ambitions psychédéliques assouvies, ou du très FM et rythmé “I Broadcast”, scandé avec toute la morgue d’un Albarn qui contente le nostalgique de britpop qui sommeille en chacun de nous. Bref, par bien des aspects, The Magic Whip remplit son pari.


Mais il faudrait voir à ne pas oublier le déchet qui se cache au creux des sillons de ce disque, et mine de rien, il y en a une quantité non négligeable. À commencer par l’indigent, voire même le médiocre (n’ayons pas peur des mots) “New World Towers”, rengaine neurasthénique plombant complètement l’entame de l’album et dont le très vaporeux, redondant et larsénique “Go Out” parvient tout juste à se dépatouiller avec les pires difficultés. On peine à comprendre ce qui a bien pu pousser les quatre hommes à tolérer un début de tracklist aussi faiblard. Plus loin, même si on est à cent lieues de cette catastrophe introductive, on se serait certainement bien passé d’un “Ghost Ship” qui nous joue la carte de la croisière carribéenne, autant dire d’une histoire et d’un traitement vus et cent fois revus, ou d’un “Ong Ong” plan plan qui verse dans le slow de fin de bal populaire éthyliquement béat. Intérêt zéro ou presque, même si le titre se laisse écouter. Idem pour “Mirrorball” qu’on aurait bien vu entonné par Alex Turner pour ses Monkeys, avec son ambiance Western voulue suffocante mais qui accouche en fait d’une espèce de “I’m a poor lonesome cowboy” sans grand cachet.


Les quatre hommes de Blur nous confirment ici qu’ils sont encore capables de grandes choses, mais qu’ils n’en ont tout simplement plus envie, la conception de The Magic Whip et son contenu étant là pour nous le démontrer par l’absurde. Et on aura beau disséquer ce disque, en vanter les indiscutables réussites, revendiquer dans le vide une magie toujours intacte, l’histoire nous montre que ce huitième album est en réalité un accident, presque malencontreux selon Albarn, qui n’aurait jamais dû voir le jour et qui risque a priori de ne plus jamais se répéter. Et si parfois les accidents ont du bon, on ne peut pas non plus en attendre la lune. Le talent a tout de même ses limites.

Note de 3/5
Ca sonne 100% Blur, avec la même insolence qu'il y a vingt ans. Et c'est à la fois l'atout et le défaut de l'album.  
Note de 3.5/5
Du Blur comme à la bonne époque, entraînant et nonchalant. On n'en demandait pas plus.
Commentaires
thornScrup, le 27/04/2017 à 17:13
L'article soulève des points assez justes sur l'histoire de l'album, ok, mais bon on se serait bien passé des deux paragraphes de track-by-track complètement nuls. Parce que "celle-là elle est bien, celle-là elle est pas bien", c'est un peu moisi comme critique. Indépendamment du fait qu'à la base, l'auteur de ces lignes soit un grand fan d'Albarn, Coxon, James & Rowntree.
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