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Chronique Livre

Grandeur et décadence du rock


Auteur : Brünhilde Jouannic
Editeur : Editions Grimal
Sortie : 3 novembre 2011
" "
Christine, le 12/12/2011
( mots)
Quand les rock stars pètent les plombs... C'est le thème choisit par Brünhilde Jouannic, passionnée de rock, pour son incartade littéraire dans le milieu musical. L'auteure, historienne de formation, côtoie habituellement les rois de France qu'elle fait revivre dans ses guides sur Versailles ou en tant que conseil historique pour des émissions ou téléfilms de France 2. Cette fois, elle nous entraîne dans les arcanes des âmes sombres de nos dieux contemporains.

De Billie Holyday à Amy Winehouse, de Syd Barret à Jeff Buckley, passage en revue de délires, bad trips et autres pétages de plombs aux issues parfois fatales. Des personnalités fragiles face à la gloire, l'ennui pendant les tournées, les excès de sexe, d'alcool ou de drogue (ou les trois) ...le rock est-il synonyme de destin brisé ? La couverture est accrocheuse, avec une liste de célébrités à la réputation sulfureuse.
L'exercice dans lequel s'est lancé par Brünhilde Jouannic est particulièrement acrobatique : Traiter ce sujet, qui n'est pas novateur d'ailleurs (cf le dernier hors série du magazine Rock First, ou le livre de Bruno de Stabenrath Dictionnaire des destins brisés du rock), sans tomber dans le cliché, en apportant de la nouveauté, sans se laisser emporter par un ton sentencieux...ce n'était pas gagné d'avance. Et il se trouve que Grandeur et décadence du rock nous laisse sur un sentiment partagé.

Il se lit facilement, phrase courtes, vocabulaire simple, on ponctue notre lecture de froncements de sourcils, d'hochements de têtes compatissants, et de divers "Ouah les grands malades". Cependant cette balade au pays des enfants fous du rock parait par moment confuse et nous a déçu par son côté incomplet.
Il faut mettre au crédit de l'auteure qu'elle a choisit de ne pas utiliser le déroulement chronologique, la solution de facilité : une époque, un style musical, un ou deux rockeurs déjantés... Brünhilde Jouannic a voulu regrouper différemment ses idées. L'ouvrage est plutôt structuré en thématiques : les débuts du rock, les excès liés à la spiritualité, ceux liés à un environnement ( San Franscisco)... Pour chaque partie, une présentation du contexte général précède un focus sur une personnalité particulièrement représentative du thème traité. Certains de ces portraits nous accrochent, la vie de ces icônes en désespérance plongeant dans la folie est à la fois angoissante et fascinante. Les bios de Sly Stone et de Phil Spector sont des exemples révélateurs et collent parfaitement avec le titre de l'opus.

Cependant on s'interroge sur le découpage retenu et parfois sur l'adéquation du contenu avec les titres des chapitres. On ne voit pas bien pourquoi Syd Barret apparait dans "Dérapages et morts violentes", pourquoi se lancer dans une digression sur la naissance des clips musicaux dans le chapitre sur le sexe. Les comportements de l'entourage des stars, les fans, les groupies, font, et c'est bien vu, partie du recensement, mais n'auraient-ils pas mérités un traitement à part ? A l'opposé, dans "San Francisco", les liens entre les informations sur la naissance du psychédélisme, les expérimentations au LSD et la culture rock sont clairs et judicieux.

Si la plume est faconde, globalement les sujets sont survolés, précipités. Est-ce dû au fait que Brünhilde Jouannic est une auteure prolixe ? (trois livres en un an). D'autre part il manque des références, des notes de bas de page pour compléter des informations. C'aurait été un plus par exemple dans le passage sur la ségrégation autour des artistes afro américains, "La musique de l'âme". Les données sont pertinentes, mais d'où sont-elles issues ? Le lecteur relève à la place l'emploi répété d'expressions affirmatives (incontestablement, c'est un fait, il va sans dire...) ou de formule vides et sans suite posées dans un paragraphe : "le rock n'est pas né d'un cerveau de blanc comme on pourrait le croire".

Le dernier chapitre enfin surprend. S'il est nécessaire d'aborder "Et aujourd'hui ?", l'auteure qui jusque là était restée très factuelle, se lance dans une diatribe contre Oasis et brocarde violement Lady Gaga . Pourquoi pas, on ne lui en voudra pas. Mais cela tranche du tout au tout avec le ton de l'ensemble.

C'est donc un livre de qualité inégale, avec beaucoup de matière approchée avec une écriture presque adolescente. Les idées effleurées méritent un approfondissement : toutes ces destinées tragiques ne sont elles dûes qu'à la fréquentation du milieu du rock et à l'impossibilité de gérer la gloire ? Comment évolue l'entourage d'un artiste lancé sous les feux des projecteurs ? Quel rôle joue-t-il ? Pourquoi les autres membres des Who laissaient-ils Keith Moon s'amuser avec des explosifs ? A qui et à quoi servent ces comportements déjantés ?
Vous souhaitez l'offrir pour Noël à votre petit neveu de 10 ans pour l'initier au "Rock'n'roll" ? Prévenez le auparavant : la liste des anecdotes déjantées peut créer ou renforcer chez un néophyte le sentiment que c'est un monde rempli de grands malades sataniques aux esprits schizophrènes embrumés par l'alcool et les drogues et faire passer les rappeurs U.S. pour des enfants de chœur. Quant aux lecteurs férus de rock et de musique, l'ouvrage risque de leur paraître trop superficiel.
Prenons le comme un inventaire à la Prévert, tantôt amusant ("Ouah les grands malades !" bis), tantôt dramatique et funèbre. Ces histoires viennent s'inscrire dans la grande légende en marche.

En fait, les phrases courtes, le vocabulaire simple, le style rapide en font un format parfait pour chroniques radiophoniques ou des clips télé . Pourquoi pas un D'art d'Art sur la "petite histoire" du rock ?
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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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