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Alice au pays du rock


Steven Jezo-Vannier, le 12/09/2013

Suivre le lapin blanc...


Au début du livre, Alice s'abandonne à la rêverie et aperçoit un lapin blanc, courant à perdre haleine. Ce lapin est un passeur de mondes, c'est grâce à lui qu'Alice découvre le pays des merveilles. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il devienne le symbole du LSD dans le rock psychédélique. En 1967, Jefferson Airplane sort le titre “White Rabbit”, une ode aux hallucinogènes jouant sur le double sens des aventures d'Alice :


One pills makes you larger (Une pilule te rend plus grand)
And one pill makes you small (Une autre te rend plus petit)
And the ones that mother gives you (Et celle que te donne ta mère)
Don't do anything at all (Ne fait rien du tout)
Go ask Alice, when she's ten feet tall. (Va demander à Alice, quand elle fait dix pieds de haut)


And if you go chasing rabbits (Et si tu vas à la chasse aux lapins)
And you know you're going to fall (Et que tu sais que tu vas tomber)
Tell'em a hookah smoking caterpillar (Parle à la chenille fumant le narguilé)
Has given you the call (Qui t'appelle)
Call Alice, when she was just small.” (Appelle Alice, quand elle était toute petite.)


Le même lapin blanc est utilisé par le fabricant d'acide le plus connu de la côte ouest des États-Unis : Augustus Owsley Stanley III, pour baptiser l'une de ses productions. L'« industriel » du LSD fait ainsi de sa substance un guide vers le pays des merveilles...
Commentaires
Arbitre, le 01/10/2020 à 00:23
Attention, les amis, la fin du "White rabbit" de Jefferson Airplane n'est pas "Keep you head", mais "Feed you head" (nourris ton esprit). Ce n'est pas un appel à la prudence, au contraire on peut l'interpréter comme une invitation. En fait, c'est Grace Slick (chanteuse) qui a écrit ce morceau avant même d'intégrer Jefferson Airplane. C'était en 1966, alors qu'elle officiait encore au sein de The Great Society (avec son mari et son beau-frère). Elle avait sans doute expérimenté le LSD, comme à peu près tout le monde dans ce milieu à cette époque, et la référence est certaine. Mais pour autant elle n'était pas une grande fan du LSD. Elle a toujours pondu des textes bizarres, et avait un goût prononcé pour tout ce qui touche à l'avant-garde (je crois qu'elle écoutait Stockhausen), par ailleurs elle était peintre (elle l'est toujours). Elle avait une imagination et une sensibilité naturelles. Mais il est vrai qu'elle encourageait tout un chacun à essayer le LSD, elle a même projeté un jour d'en verser dans le verre du président Nixon. "White rabbit" est donc la première fois qu'on compare "Alice au pays des merveilles" à un trip sous acide, et se termine non pas comme un appel à la prudence, mais au contraire par une invitation explicite à nourrir son esprit.
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Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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