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Critique d'album

Airbourne


Black Dog Barking


(21/05/2013 - Roadrunner - Hard boogie - Genre : Hard / Métal)
Produit par Brian Howes

1- Ready to Rock / 2- Animalize / 3- No One Fits Me (Better Than You) / 4- Back in the Game / 5- Firepower / 6- Live It Up / 7- Woman Like That / 8- Hungry / 9- Cradle to the Grave / 10- Black Dog Barking
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Airbourne fait finalement du Airbourne, pas du AC/DC."
Pierre D, le 02/07/2013
( mots)

Pour ceux qui ne le sauraient toujours pas à l'heure de ce troisième album : Airbourne fait du AC/DC. Au jeu des "10 chansons qu'AC/DC n'a jamais écrites", Airbourne peut en caser 25 sans problème. Il remplit toutes les cases, et n'en remplit pas d'autres. Airbourne ne prend pas les fondamentaux du groupe des frères Young pour les amener plus loin, il campe sur ces positions établies à la fin des années 70. Alors qu'on a écouté Let There Be Rock, Highway To Hell et Back In Black, pourquoi se fader une resucée de ces disques, à une époque où tout est potentiellement disponible et gratuit ? Parce que les frère Young sont vieux. C'est moche comme formulation mais à l'évidence on ne joue pas à 20 ans comme à 60 une musique dont la jeunesse et le manque de sophistication sont les plus grandes qualités. Qui écoute encore Black Ice depuis sa sortie en 2008 ? Personne, car une fois passé le single accrocheur qui fait dire à tout le monde qu' "ils ont toujours le feu sacré", AC/DC déroule la même litanie que 30 à 40 ans auparavant, la nouveauté en moins. On les comprend ces papys, quand on voit à quel point il est difficile pour les couples de durer, on imagine bien que jouer peu ou prou avec les mêmes types depuis si longtemps en étant condamné à interpréter ad nauseam les scies qu'on a composées dans sa prime jeunesse, ça use.

À l'inverse, les types d'Airbourne sont d'une fraîcheur absolue. Leur premier disque Runnin' Wild est sorti il y a 5 ans et ils arboraient déjà des dégaines de hard rockeurs un peu crétins selon le modèle établi par Spinal Tap. Comme si leur compteur s'était bloqué entre 1977 et 1980, soit l'âge d'or d'AC/DC. En 2013 ils continuent sur leur lancée avec Black Dog Barking. Le tracklisting envoie du rêve comme à chaque fois ; "Ready To Rock", "Live It Up", "Firepower", n'en jetez plus. Plus que d'être AC/DC à la place d' AC/DC, Airbourne assume tout à fait le rock 'n roll dans ce qu'il a de plus cliché. À l'inverse d'un MGMT qui prend conscience de ces lieux communs et cherche à s'en détacher avec ironie, Airbourne plonge dedans avec délice et professionalisme. Car s'il y a une chose qu'on ne peut enlever à ces Australiens c'est une maîtrise parfaite de leur créneau, si limité soit-il. 35 minutes au compteur, Black Dog Barking enchaîne les titres sans temps mort avec une science du hard rock qui ne fait jamais défaut. Le disque est une horloge suisse visant à délivrer à chaque minute le meilleur de ce qu'un amateur de hard rock boogie dont les canons ont été établis par AC/DC peut attendre. Ça commence avec "Ready To Rock", un "Thunderstruck" bis avec des "wohowoh" à reprendre en choeur dans un stade en guise d'introduction, un solo plus-prévisible-tu-meurs, un refrain complètement con et fédérateur en diable, du parfait hard rock. Il y a sur Black Dog Barking plus d'envie et de mordant que sur la totalité de la discographie d'AC/DC post-Back In Black. Il y a plus de maîtrise aussi. De même que Black Sabbath a forgé une formule qui sera ensuite reprise de manière plus précise par d'autres formations, Airbourne perfectionne la formule AC/DC, mais sans chercher à innover, seulement à remettre sur le métier cet ouvrage, encore et encore, dans une certaine quête d'absolu.

C'est à ce moment qu'Airbourne cesse de faire du AC/DC pour commencer à faire du Airbourne. A priori pourtant, Airbourne n'a pas le droit d'exister. AC/DC est toujours en activité, la place est prise, il n'y a donc pas de raison pour qu'une autre formation exerce ses attributions. À la limite on tolèrerait l'existence d'Airbourne en tant que tribute band, incarnant AC/DC tels qu'ils furent et tels qu'ils ne seront plus jamais, à savoir jeunes et coincés dans une faille temporelle (1976-1980 donc). C'est même la raison d'être des tribute bands que de jouer des rôles, à la manière d'un biopic musical, selon un syndrome de Peter Pan qui sied parfaitement au rock 'n roll. On admettrait donc qu'Airbourne fasse semblant d'être AC/DC à la place d'AC/DC. Sauf qu'Airbourne ne fait pas semblant et occupe réellement la place du groupe d'Angus Young sur l'échiquier musical et plus précisément sur l'échiquier du songwriting. C'est peut-être là que réside la raison d'être d'Airbourne. AC/DC a créé une formule, avec des structures, des riffs, des rythmes, des intonations vocales, et semble être arrivé au bout de cette formule puisqu'aucun morceau mémorable n'a été composé par le groupe depuis Thunderstruck en 1990. Face à ces grabataires las de leurs propres capacités et limites, Airbourne débarque avec son envie, son enthousiasme et reprend à son compte l'invention d'AC/DC pour y apporter quelques améliorations et un songwriting efficace. On se souvient que la machine à filer "Mule Jenny" inventée par Samuel Crompton en 1779 a théoriquement permis de mécaniser la confection du coton mais qu'il a fallu que d'autres créateurs apportent des ajustements (micro-inventions) à cette macro-invention pour qu'elle devienne productrice et rémunératrice. De même, Airbourne apporte des micro-inventions à la matrice inventée par AC/DC, il démonte cette machine, la dissèque et la remonte avec quelques modifications lui permettant d'aller plus vite et plus fort.

Les modifications en question ont trait à l'écriture de chansons pures et simples. Débarrassé de la nécessité d'apporter une quelconque nouveauté, Airbourne se concentre sur l'écriture de la chanson de hard boogie ultime. Sous cet angle, les essais sont plus que concluants, Black Dog Barking aligne les perles. Aucun titre n'est en retrait et si l'on pourra reprocher au disque une certaine uniformité, on mettra ça sur le compte de la formule alchimique d'AC/DC déjà limitée en elle-même. Black Dog Barking file à une vitesse folle avec une science certaine de l'hymne de stades : "I'm back in the game/Kickin' ass again/No stopping me now/It's like I've never been away", qui dit mieux ? Headbanging, transpiration, riffs un peu gras et chansons parfaitement construites, Black Dog Barking n'est fait que de cela. Des attaques carnassières ("Live It Up"), des introductions hispanisantes débouchant sur des charges surspeedées ("Hungry") et des paroles hilarantes ("It's not the size of the dog in the fight/It's the size of the fight in the dog").

Avec ses frontières stylistiques définies par d'autres et sa différence se résumant au songwriting, on peut ranger Airbourne dans la catégorie des contemporains selon la typologie établie par Maxime ici. On les avait au départ pris pour des postmodernes dans leur manière de négocier le rapport entre l’œuvre et le spectateur quand ils ne cherchent pas à cacher leur filiation (plagiat ?) et recourent à des formes et des propositions antérieures. On avait l'impression qu'Airbourne était postmoderne en prenant l’œuvre d'AC/DC comme faisant partie d'un tout mis en commun dans lequel le groupe pouvait piocher des éléments à sa guise. On les voyait aussi postmodernes quand ils semblaient exprimer leurs doutes ironiques quant à leurs capacités créatrices et à leur originalité (pourquoi s'emmerder à créer de la nouveauté quand AC/DC a déjà fait le boulot ?). En réalité il n'y a aucune ironie chez Airbourne. Ces gens aiment sincèrement AC/DC et ne semblent à aucun moment désabusés quant à leur capacité à imiter leurs idoles. Mais s'il s'agit d'imitation, qu'en est-il de la créativité ? Puisque le rock 'n roll tourne autour des trois mêmes accords depuis 60 ans, les contemporains cherchent à acter cet état de fait en ne tentant pas d'élaborer des espaces et des formes nouvelles. Seul compte le songwriting. Mais là où on pouvait dire d'Oasis qu'il participait d'un mouvement nouveau (quoique rétrograde), la Britpop, Airbourne est conscient de son statut de groupe contemporain solitaire sur son créneau et expose ce statut sans fard. Il s'agit de montrer à tous que le groupe reprend les formes établies précédemment par d'autres et essaie très naïvement de composer les meilleures chansons possibles dans ce cadre et ces frontières. Apprécier Airbourne n'est possible qu'en le considérant comme un contemporain conscient d'être contemporain. Une fois admis que chez eux seules les chansons comptent, on peut pleinement aimer Airbourne qui fait du Airbourne et non plus du AC/DC. Bon, on peut aussi juste kiffer du bon hard rock survitaminé, mais dans ce cas il n'y a pas grand-chose à dire.

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