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Critique d'album

Almendra


Almendra


(15/01/1970 - RCA - Rock, rock progressif, psyché - Genre : Rock)
Produit par

1- Muchacha (Ojos De Papel) / 2- Color Humano / 3- Figuración / 4- Ana No Duerme / 5- Fermín / 6- Plegaria Para Un Niño Dormido / 7- A Estos Hombres Tristes / 8- Que El Viento Borró Tus Manos / 9- Laura Va
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"L'histoire du rock argentin s'écrit au son d'Almendra"
François, le 17/07/2020
( mots)

Une précision sur la date de parution puisqu’il y a une controverse  autour de la question. Enregistré au cours de l’année 1969, l’album serait sorti soit le 29 novembre de cette année, soit le 15 janvier 1970 puisqu’un document émanant du groupe invitait à célébrer cette date comme étant celle de la sortie. Une interrogation byzantine à laquelle nous n’avons pas trouvé de réponse probante. 


L’album dont il est question ne vous dit peut-être rien, pourtant, dans son pays, il a obtenu un statut culte dès sa sortie. Il est venu le temps de décentrer le regard et de se rendre – en musique – vers l’Amérique du Sud. Plus précisément, en Argentine, d’où sont issus les membres d’Almendra et son leader et véritable icône, Luis Alberto Spinetta. 


Pour comprendre le contexte de parution, il faut absolument prendre le temps d’écouter la magnifique émission de France Culture « Argentine : le rock et la junte ». Mais pour faire vite, rappelons que dans les années 1960-80, le pays connaît hélas, comme beaucoup d’autres de la région, une succession de régimes dictatoriaux et militaires plus ou moins violents et liberticides. Cela complique l’essor d’une scène rock, mais certains groupes parviennent à émerger, comme Los Gatos (considérés comme les pionniers) ou Almendra (en 1967). La scène argentine se trouve également prise dans un contexte international. Celui-ci est certes musical, puisque les groupes commencent par reprendre les morceaux des gloires anglaises comme les Beatles (en cela, ils ne diffèrent pas tellement des pays européens), mais il est également politique. En effet, de ce point de vue, on se trouve dans les « années 1968 », et la jeunesse (estudiantine) d’Argentine intègre cette dynamique. Rappelez-vous qu’au Mexique, pour étendre cette remarque à l’ensemble du continent, le mouvement étudiant fut réprimé cruellement à Tlatelolco en 1968. En Argentine, ce tournant politique trouve une expression culturelle dans la naissance d’une scène rock locale qui rencontra un  franc succès. 


C’est le cas d’Almendra qui s’est fait un nom à la fin des années 1960 avec quelques 45 tours, ce qui permit la sortie d’un album complet en 1970 après plusieurs mois d’enregistrements. Spinetta, tête pensante du groupe, s’occupe également de l’étrange pochette qui reprend des thématiques de l’album. 


Ce personnage larmoyant évoque la mélancolie de certains titres, surtout quand ils prennent une totalité folk et qu’ils s’inscrivent dans le registre de la chanson. Mais c’est une mélancolie toujours teintée d’espoir, si bien que jamais leur musique ne nous plonge dans la dépression. Les nuances de cette heureuse mélancolie sont perceptibles sur  "Figuracion" ou "Fermin" qui vous donnent autant le sourire que les larmes. 


Du reste, Almendra tente des choses. Le groupe est tantôt jazzy sur "A Estos hombres tristes", très rock sur "Anna No Duerme", proche de la chanson sur "Laura Va". De même, des expérimentations rythmiques et tonales parsèment avec parcimonie ce premier essai, sans qu'on puisse parler de rock progressif comme on peut le lire parfois. Les instruments sont nombreux (et l’orgue a déjà atteint le sous-continent !), et la guitare acoustique reine. Il faut aimer le registre un peu folk et surtout la belle chanson. Le tube (argentin) "Muchacha (ojos de papel)" - émouvante mais on préférera "Fermin" - peut servir d’illustration. D’ailleurs, il faut être précis au sujet du chant et relever une caractéristique importante. 


Si certaines références musicales typiques du pays sont présentes, c’est surtout les paroles écrites et chantées en espagnol, trait caractéristique des pays latins (pensez au rock progressif italien), qui signalent une revendication identitaire. Il faudra s’y habituer si l’anglais demeure pour vous l’unique langue du rock.


En parlant de rock, et peut-être est-ce le titre qui intéressera le plus les lecteurs, il convient de mettre en avant "Color Humano". Neuf minutes de bonheur avec une guitare électrique aux effets acides, accompagnée par une guitare acoustique rythmée, qui s’articulent autour de réminiscences psychédéliques, d’un chant incarné … ¡ Que Guay !


Le premier Almendra fait honneur à la scène argentine, surtout au regard des conditions de création. Que vous accrochiez ou non, c’est une œuvre historique (sans être la meilleure) du patrimoine rock sud-américain, et à ce titre, elle devrait susciter la curiosité de bien des amateurs. 


 

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