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Critique d'album

Ange


Par les fils de Mandrin


(00/00/1976 - Phillips-Mercury - Rock Progressif - Genre : Rock)
Produit par Claude Bibonne

1- Par les Fils de Mandrin / 2- Au Café du Colibri / 3- Ainsi s'en ira la Pluie / 4- Autour du Feu / 5- Saltimbanques / 6- Des Yeux Couleur d'Enfants / 7- Atlantis / 8- Hymne à la Vie
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Ange, à son apogée, vient clôturer sa trilogie romanesque avec les honneurs..."
Jules, le 18/08/2021
( mots)

Après un Emile Jacotey et un Au-Delà Du Délire magistraux, Ange reprend du service en 1976 et nous régale une fois de plus en nous fournissant le dernier album d'une trilogie d'exception, le dernier "grand" de leur période purement progressive.


Par Les Fils De Mandrin est un album typiquement angélique. Comme ses deux prédécesseurs, il a un fil rouge, une histoire qui fait de cet opus un véritable concept album. Ici, la troupe de Belfort nous invite à suivre les faits et méfaits d'une bande de saltimbanques guidés, semble-t-il, par l'oeuvre de Mandrin, célèbre contrebandier du XVIIIe siècle et qui, on l'aura compris, aura donné son nom à l'album. Chacun des morceaux relate finalement les étapes de ce périple qui, commençant autour d'une choppe ("Au Café Du Colibri"), se poursuivra dans les méandres d'un monde perdu ("Atlantis, Les Géants De La Troisième Lune") avant de s'achever au son d'un "Hymne A La Vie" inoubliable.


Sans vouloir vous jouer la chanson du "c'était mieux avant", posséder cet album en format vinyle est une quasi-obligation. Et ben oui ! Si vous souhaitez pénétrer pleinement dans l'univers, vous devez lire le récit écrit sur l'insert qui figure à l'intérieur de la pochette. La réédition en CD ne comprend pas ce récit. Vous y découvrirez notamment que la bande de joyeux vagabonds dont l'histoire nous est narrée revêt curieusement les traits des membres du groupe. Roman ou témoignage ? 


Mais mettons de côté la pochette un instant, posons la galette noire sur la platine et laissons-nous emporter par ces 41 minutes d'enchantement. Dès les premières secondes du morceau titre, on reconnaît immédiatement la pâte de Francis Décamps à l'orgue-mellotron accompagné d'un Jean-Michel Brézovar, en forme, claquant un riff très efficace. Le même Brézo qui se veut plus effacé qu'auparavant même s'il profite de soli souvent concédés en fin de morceaux, parfois très apaisés ("Ainsi S'en Ira La Pluie", "Atlantis Les Géants De La Troisième Lune") et parfois plus énergiques ("Des Yeux Couleur D'enfant"). Un régal.


La théâtralité est toujours bien présente, chose amusante lorsque l'on comprend que les aventures dont il est question sont quasiment jouées par les membres du groupe (qui, chacun, porte des noms nouveaux que l'on peut entendre au fil de l'histoire). C'est d'ailleurs ce qui peut fatiguer à un moment donné. "Saltimbanques", s'il colle bien à l'esprit global, relève davantage du grand guignol que du monument prog.


On apprécie particulièrement le festin "Autour Du Feu" avec une inspiration gitano-hispanique au son des guitares et des chants, ce qui change un petit peu et amène une touche d'exotisme.


Autre atout, les textes de Christian Décamps collent parfaitement à la narration et à l'interprétation qu'il en donne. Il s'agît probablement de l'album sur lequel ces trois éléments sont le plus en symbiose. Tout s'imbrique parfaitement. A cet égard, on prend plaisir à apprécier sa voix non plus scandée mais simplement parlée pour narrer l'arrivée de la troupe à Atlantide ("Atlantis Les Géants De La Troisième Lune") et laisser place à un solo de guitare envoûtant qui sert de transition vers le morceau final.


Et quel final. Classique parmi les classiques du groupe aux côtés de "Ces Gens-Là" et "Capitaine Coeur de Miel" (issu de Guet-Apens, l'album qui suivra), "Hymne A La Vie" est la parfaite synthèse de ce qu'était Ange à cette époque. Tout y est : les nappes de claviers moyenâgeuses, le récital de Christian Décamps et les arpèges de guitares qui nous ramèneraient presque sur la trace des fées. La pièce est divisée en trois parties (Cantique, Procession, Hymne) mais c'est la deuxième d'entre elles qui est un vrai joyau. La guitare acoustique en crescendo, la basse qui se greffe à l'ensemble tout en laissant place à un chant habité, envouté, bref, une tuerie. Et Brézo qui en rajoute une couche en final avec un solo dantesque (mais trop court !). Une tuerie.


Il n'y a que peu de faiblesses sur cet album car il apparaît au final comme le mieux structuré de la discographie du groupe. Que l'on aime ou non le contenu, l'ensemble est cohérent, extrêmement bien produit et parfaitement maîtrisé. Ange signe un album qui scelle son apogée. Pourvu que ça dure...


 


 

Commentaires
FranckyGoes74, le 19/08/2021 à 12:16
Bravo pour ce beau résumé du disque Jules 3> Ange a bercé mon adolescence. Oui, cet album est le plus abouti, même s'il est effectivement moins prog que les précédents. Il est empli de magie, de pure poésie. Pour l'anecdote, je me suis marié sur L'Hyme à la Vie (musique de sortie de l'église), quelques 20 ans après sa création. Sans doute le plus grand groupe rock théâtral français. Franck