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Critique d'album

Angels and Airwaves


Love: Part One & Two


(01/11/2011 - Geffen - Stadium - Genre : Rock)
Produit par

1- Et Ducit Mundum Per Luce / 2- The Flight of Apollo / 3- Young London / 4- Shove / 5- Epic Holiday / 6- Hallucinations / 7- The Moon-Atomic (...Fragments and Fictions) / 8- Clever Love / 9- Soul Survivor (...2012) / 10- Letters to God, Part II / 11- Some Origins of Fire / 1- Saturday Love / 2- Surrender / 3- Anxiety / 4- My Heroine (It's Not Over) / 5- Moon As My Witness / 6- Dry Your Eyes / 7- The Revelator / 8- One Last Thing / 9- Inertia / 10- Behold a Pale Horse / 11- All That We Are
Note de 3.5/5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"Déjà qu'un album de cette trempe, c'est long, alors deux..."
Nicolas, le 17/12/2011
( mots)

Les années 2000 s'en sont allées en laissant derrière elles une sensation mitigées pour les adeptes de rock, et les années 2010 sont désormais bien lancées en roue libre et parées à suivre le même chemin. Qui plus est, c'est bientôt Noël, la campagne présidentielle française est lancée et nous promet encore de grands moments de rigolade, la crise économique couve, le triple A de la France est d'ores et déjà enterré, la météo est abominable, la SNCF vient de foutre un souk monstre en chamboulant ses horaires, le prix du gaz augmente, bref : la vie continue. Ah, au fait, Blink 182 s'est reformé et vient de sortir un nouvel album. Ceci dit, tout le monde s'en fout.

Tout le monde s'en fout d'ailleurs tellement qu'on ne vous parlera même pas de Neighborhoods si ce n'est en une simple question : pensez-vous vraiment que Blink 182 ait encore quelque chose de neuf à dire en 2011 ? La réponse est non, mais encore faut-il avoir gardé à l’œil l'évolution musicale récente de Tom DeLonge pour l'affirmer à l'encontre des critiques qui ont loué les "prises de risque" du trio californien. Inutile de souligner au Rimmel gras le manque de relief évident des projets alternatifs du trio skater. Qui a écouté l'obscur album de +44, le passe temps de Mark Hoppus entre deux productions punk-rock ? Qui a osé s'enquiller le disque solo rappé de Travis Barker qui, lui, a au moins l'excuse d'un accident d'avion pour expliquer son inactivité ? Ne reste plus qu'Angels and Airwaves, le side-project space rock mou de Tom DeLonge, un groupe qui s'est pourtant avéré étonnamment prolifique avec pas moins de quatre albums accouchés en un peu plus de cinq ans, un groupe qui explique aussi la tournure vaguement "progressive" (avec tous les guillemets qui s'imposent) du nouveau Blink. De tous les membres du groupe, c'est encore DeLonge qui avait le moins besoin de réactiver le trio responsable du joyeusement régressif Enema Of The State, et c'est pourtant lui qui y assoit son influence de la façon la plus évidente. Cherchez l'erreur ?

Il faut au moins reconnaître un mérite au mécheux en chef : Angels and Airwaves et Blink n'ont pas grand chose en commun en dehors du chant à l'accent bubblegum californien de leur leader. AAA - ou AvA, puisqu'il paraît qu'il s'agit du sigle du groupe - voit plus loin que le punk pour ados, AvA vise un rock mature et, osons le mot, "sérieux", AvA se veut l'héritier des concept-albums de Pink Floyd, AvA a la ferme intention de jouer dans la cour des grands, de taquiner les U2, Killers, 30 Second To Mars et autres adeptes du lyrisme planant, de la pensée pacifiste et des guitares écho-guidées. Manque de bol, AvA s'y croit beaucoup mais n'a jamais vraiment décollé de son pré carré, et ce n'est pas faute des participations du martien Matt Wachter, de la progéniture Ryan Sin ou même d'Ilan Rubin aka The New Regime en nouveau gage de songwriting intello (pour ce dernier, on attendra néanmoins de juger sur pièce, l'homme n'ayant que quelques semaines d'activité au sein du groupe à son crédit). Le soucis, c'est que le type d'écriture de DeLonge, aux mélodies très typées punk joyeux et pogotteur, jure invariablement avec le style voulu sensible et "sérieux" du groupe, et le ralentissement des tempos n'y change rien. Musicalement parlant, Angels and Airwaves n'invente absolument rien, se contentant de recycler la mièvrerie de Bono et le son de guitare de The Edge en emballant le tout avec des synthés clinquants et vaguement eighties tout en allongeant la sauce des morceaux avec des intros instrumentales passablement inspirées. Résultat attendu : We Don't Need To Whisper et I-Empire se sont fait littéralement torpiller par une critique peu amène mais terriblement réaliste quant au caractère gonflant et redondant de ces disques.

Le projet Love change-t-il la donne ? Réponse après plusieurs passages de ce très long double album (plus de 1h40) : pas vraiment, même si on y note un semblant de progrès. Love: Part One a été proposé en téléchargement gratuit l'année dernière, mais c'est à peu près sa seule qualité. Peu de choses positives ressortent hormis le couplet cinglant de "The Flight Of Apollo" ou les martellements monorythmiques de "Young London". On s'enfonce ensuite dans du stadium rock qui a au moins le bon goût de ne pas verser dans l'outrance vocale de Jared Leto, même s'il est difficile de se faire à la diction exagérément teenager de Tom DeLonge. Malheureusement le manque flagrant d'originalité, d'identité et de force mélodique se fait criant sur les longs enchaînements de morceaux qui pompent sans vergogne les ténors du genre en les mixant avec des synthétiseurs qui titillent vaguement Vangelis ("Shove" ou, encore plus barbant, "Et Ducit Mundum Per Luce"). Parfois nos bâillements ininterrompus se voient brièvement atténués par un refrain un peu plus distinctif ("Clever Love") pour ensuite retomber dans un plagiat de U2 ("Soul Survivor (...2012)", décalcomanie à la note près des gimmicks de The Edge sur "With Or Without You".

Surprise : Love: Part Two apporte un peu d'espoir avec le seul enchaînement vraiment convaincant du lot. "Saturday Love" parvient à développer quelque chose d'intéressant, profond et dynamique, malgré là encore une pompe inouïe des motifs du "Video Killed The Radio Star" de Buggles. Quant on vous disait qu'on était en plein (bad) trip eighties... le morceau se fait suivre par un duo assez réussi dans le genre Killers mode new wave, "Surrender" et "Anxiety", et là on croit toucher au purgatoire tant espéré. Erreur : l'album repart ensuite dans la banalité, le plagiat de Blink relooké à la sauce martienne ("Dry Your Eyes") ou même l'auto-plagiat pur et simple - les refrains du correct "The Revelator" et du médiocre "Inertia" se révélant identiques pratiquement à la note près. Et on vous passera le mauvais goût atroce de "Behold A Pale Horse" qui ferait presque passer les toulousains de Gold pour des visionnaires. Mais si, Gold, rappelez-vous, "Capitaine Abandonné", "Un Peu Plus Près Des Etoiles", ce genre d'horreurs tarte à la crème qui ont pollué les années 80 de l'hexagone. Avouez qu'il y a meilleure façon de conclure un double album - on n'ose à peine évoquer l'insipide "All That We Are".

Le problème est là, en fin de compte : Love aurait pu voir sa note multipliée par deux s'il ne s'était pas agi d'un double album : la moitié du projet apparaît, malgré ses défauts, vaguement sympathique, mais l'autre se révèle complètement superfétatoire. Symptôme flagrant d'un homme qui n'a pas les moyens de ses ambitions et qui ose comparer son projet à une "vision moderne de l'héritage de Pink Floyd et de Radiohead ". Sans déconner, alors qu'il n'y a rien de plus banal et de prévisible que la musique d'Angels and Airwaves. Que Tom DeLonge ravale sa prétention et qu'il essaye plutôt de travailler son songwriting, c'est en tout cas le conseil qu'on pourrait lui donner. Malheureusement, ce conseil ne sera pas suivi : AvA prépare déjà deux albums et deux films vidéos emplis de rock naïf et de prêches humanistes, et le tout pour 2012. Au-se-cours.

 

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