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Critique d'album

Failure


Magnified


(08/03/1994 - Rhino - Rock 90's aux touches space po - Genre : Rock)
Produit par

1- Let It Drip / 2- Moth / 3- Frogs / 4- Bernie / 5- Magnified / 6- Wonderful Life / 7- Undone / 8- Wet Gravity / 9- Empty Friend / 10- Small Crimes
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Une perle cachée des nineties et nul ne sait pourquoi tout le monde s'en fout..."
Geoffroy, le 02/02/2012
( mots)

"Attention. Top : projet musical fondé par le chanteur guitariste Ken Andrew et le bassiste Greg Edwards, je te ponds trois albums au milieu des années quatre vingt dix mais suis à la fois en retard pour l’époque et en avance sur mon temps, ce qui me fait sacrément manquer le coche et me plonge dans les limbes de l’oubli médiatique. Ayant été repéré et mené à la petite postérité par le groupe Tool qui m‘offrit une première partie en sa compagnie, je suis une influence plus que notable dans le son de la deuxième formation du chanteur Maynard James Keenan, A Perfect Circle, qui reprendra d’ailleurs mon morceau "The Nurse Who Loved Me" sur son album Thireenth Step. Séparés en 1997 pour cause de divergences artistiques, conflits d’égo et abus de stupéfiants - mais surtout par dégoût éreinté d’une industrie du disque ne désirant plus miser sur mon succès - mes deux membres originaux se retrouvent à nouveau en 2004 pour offrir à ma poignée de fidèles un documentaire enrobé de chutes de studios. Je suis…"

Bien sûr - je ne me fais aucun film - même la pression terrible imposée par les fiches jaunes de Julien Lepers ne saurait faire venir aux lèvres le délicieux nom prémonitoire de Failure. Pourtant Dieu sait que ce groupe méritait mieux que voir Paramore raviver sa pauvre flamme en reprenant leur tube de l’époque, "Stuck On You", rare morceau facile et faible en dissonance de leur discographie courte mais intense. Pop illuminée de touches space rock, affleurant au shoegaze tout en sillonnant l’écume d’une vague grunge mourante, Failure serait aujourd’hui considéré comme une des perles cachées des nineties si le monde voulait bien se décider à faire preuve de bon goût. "Ça sonne vieillot et les mélodies sont pas terribles". Merde. J’ai d’abord pensé que ça venait de moi. Un travers, un erreur de jugement. Mais non, impossible que des brûlots comme "Let It Drip" et "Magnified" soient rabaissés à ce point - cette dernière s’étant vue qualifiée de "punk californien insupportable" par un amateur de pirate metal un lendemain de Saint Sylvestre… C’est plutôt dur à vivre et donne envie de remettre les choses à leur place sans mauvaise foi.

Oui, arriver avec un premier album comme Comfort en 1992 ne suffit pas à foutre tout le monde d‘accord, même si ce dernier a été enfanté dans la cage sombre et humide de Steve Albini. Après tout, personne n‘a fait attention à Slint non plus. Oui, l’époque voyait pulluler les surfeurs de mouvement, les ersatz maudits qui n’ont plus rien à apporter mais veulent sucer la moelle tant qu’elle est encore riche et savoureuse, glaner sa part et la consommer lentement jusqu’à ce qu’elle en crève. Ils furent nombreux et poussèrent jusqu’à l’overdose, le deuxième suicide après celui de Cobain. Aucun des deux ne tua le grunge - un mouvement meurt-il vraiment - mais ils le laissèrent pour mort, déjà enterré dans sa crasse. "Si vous ne trouvez plus rien, cherchez autre chose."

C’est ici qu’il faut chercher Failure, lors d’un découlement post-grunge qui n’officie pas dans le sens de ces merdes se masturbant à la fois sur leur sensibilité à deux balles et leur grain viril tout lisse en ne gardant que l’épiderme le plus fin de la scène de Seattle (merdes du même acabit que ceux qui l‘ont mené au trou), mais bien dans un prolongement des choses qui ne vient pas cracher sur le passé. Ce son de guitare unique, vraiment, blindé de dissonances et de faux solis, tranchant, propre comme un sou neuf qui vient chatouiller tout au-dessus, dans les aigus du crâne, c’est bien la preuve d’un changement qui lorgne vers le post-rock. Des structures pop bien foutues qui savent te surprendre au détour d’un couplet altéré, allant jusqu’à plonger dans des breaks immenses à la richesse folle et bruitiste. La basse qui se fait dégueulasse, pleine d’une saturation qui vient te fouiller les tripes, redouble l’intensité d’une batterie sobre mais rentre dedans et explore les lignes mélodiques, l’harmonie tordue tissée avec la six cordes dans des roulements intestinaux presque malsains. Des joyaux prenants comme "Small Crimes" ne tomberont pas du ciel tous les lundis pour égayer ta semaine, sois en conscient.

Enfin, je ne me fais pas d’illusions - je n’aime pas me faire de films - même après avoir défendu ce duo de songwritters épanouis corps et âme, je doute sincèrement que quelqu’un s’y retrouve subjugué. D’ailleurs tout n’est pas parfait, loin de là, suffit de tomber sur les deux ou trois seules facilités de Fantastic Planet - genre "Blank" ou "Stuck On You" - et on se retrouve vite écœuré, sans parler de la poésie romantique mal écrite de Ken Andrew qui pourrait irriter. Mais Magnified est une bombe balancée de but en blanc et il est certain que Failure mérite un large coup d’oreilles et de projecteurs, histoire que ceux qui peuvent être touchés par la chose ne passent pas à côté et payent pour l’indifférence des autres.  
 
 

 

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