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Critique d'album

Fleet Foxes


Crack Up


(16/06/2017 - Nonesuch records - pop indie - Genre : Rock)
Produit par Robin Pecknold, Skye Skjelset

1- I Am All That I Need / Arroyo Seco / Thumbprint Scar / 2- Cassius,- / 3- -Naiads, Cassadies / 4- Kept Woman / 5- Third of May / ?daigahara / 6- If You Need To, Keep Time On Me / 7- Mearcstapa / 8- On Another Ocean (January / June) / 9- Fool's Errand / 10- I Should See Memphis / 11- Crack-Up
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Riche, belle et singulière. La folk de Fleet foxes se renouvelle au sein d'une douce familiarité"
Yann, le 09/11/2017
( mots)

Fleet Foxes, groupe d'indie folk au songwriting ambitieux et influencé par un imaginaire médiéval revient après 6 ans d'absence avec leur troisième album : Crack-Up. Après Helplessness Blues et la tournée qui suit la promotion de l'album, Robin Pecknold, tête pensante du groupe, décide de se retirer de la scène musicale pour reprendre les études. À la rentrée 2013, on le trouve sur les bancs de la Columbia University à New York. 


Pourtant, le musicien originaire de Seattle ne quitte pas complètement le milieu. Il signe la BO d'un film documentaire et, en 2014, il prend part à une tournée en hommage à l’album No Other de Gene ClarkPecknold est bien entouré, et avec lui, de grands noms participent au projet, Daniel Rossen de Grizzly Bear, Victoria LeGrand de Beach House, Ian Matthews de Fairport Convention ou encore Hamilton Leithauser de The Walkmen. Il annonce officiellement son retour en 2016 lorsque la talentueuse harpiste Joanna Newsom lui demande de jouer en première partie de ses concerts. Il se produit alors en solo, et ce n'est qu'un peu plus tard qu'il reforme Fleet Foxes pour enregistrer ce troisième album attendu. Attendu parce que Helplesseness Blues marque l’apogée du groupe et qu'ils sont nombreux les affamés qui désirent depuis en entendre plus. L’attente est récompensée par Crack-Up qui module discrètement l’identité sonore du groupe. Le bonheur de la surprise se mêle au confort d’un plaisir retrouvé.


Une immense douceur s'est toujours dégagée de la folk de Fleet Foxes. Une douceur contemplative qu'il semble possible de retrouver dans la nature. Lorsque seul et immobile, on tente de saisir petit à petit le mouvement de la vie, dans le bruissement d'un arbre, dans le clapotis d'une rivière, dans le souffle du vent... Une multitude de détails nous assaillent et forment un tout apaisant. Il n'est pas nécessaire de saisir, individuellement, tous les éléments pour l'apprécier. Chaque chose a sa place dans l’univers, mais c’est parfois dans un tout supérieur qu’elle trouve de la valeur. À la fin de "I Am All That I Need / Arroyo Secco / Thumprint Scar" et au début de "Cassius -", une légère vague servant d'accompagnement évoque cette idée. Chacune des gouttelettes présentes dans cette vague ne gagnent en consistance qu'en se joignant aux nombreuses autres. Il y a dans l’intégralité de Crack-Up cette folie du détail qui rejoint un ensemble plus grand. Et puis il y a cette part organique. Robin Pecknold va parfois jusqu’à faire entendre ses mouvements lorsqu'il chante. Il fait grincer des portes, résonner ses pas pour créer un monde musicale rappelant un espace temps précis et des sentiments qui y sont liés. Il y a aussi sur ce disque une grande tristesse. Une tristesse méditative, qui cherche à se débattre dans la langueur. Comme dans "On Another Ocean (January / June)" où l'on s'échappe délicatement de la mélancolie du piano, pour progressivement se faire envelopper par les percussions, les guitares électriques, les voix à chaque instant plus présentes, et enfin finir avec un sample très justement choisi tiré de "Tezeta (Nostalgia)" de Mulatu Astatke.


La musique du groupe est belle et répétitive, elle s'arrange de fines et discrètes nuances qui s'installent avec précaution dans chaque titre de telle façon qu'il est difficile de suivre l'évolution d'une partie. En revanche, au sein des chansons, les transitions sont brusques et puissantes. Elles nous plongent dans de sombres silences ou nous en extirpent, souvent par le biais de Pecknold dont la voix s’étire dans des aigus réverbérés. On trouve le procédé exemplifié dans le titre central de l'album: "Third Of May / Odaigahara"La chanson est dédiée à Skye Skjelset, ami d'enfance et guitariste du groupe. Elle témoigne d'une incroyable maîtrise de songwriting. Elle est longue, équilibrée, disparate, multiple, et toujours divertissante. Après des allers et retours entre rythmes sautillants battus par la guitare acoustique et silences soutenus par une voix de basse, elle se termine sur une note expérimentale dans un flot de percussions venteuses aux teintes asiatiques.


Notons d'ailleurs, en ce qui concerne les influences, le retrait dans Crack-Up de l'apport médiévale, presque essentielle auparavant, et qui ne se retrouve maintenant qu'à travers l'écho des anciens disques. Sur cet album, la patte que son savant créateur imprime au son mêle astucieusement musique classique, jazz éthiopien, soul et indie rock. Ces influences sont disséminées avec parcimonie et s'intègrent toujours pour servir la musique qui reste résolument folk. Par ailleurs, il indispensable pour tout converti d'aller écouter la playlist proposée par Robin Pecknold sur Spotify sous le nom de "Inspirations Beyond the new Fleet Foxes record" (« Inspirations derrière le nouvel enregistrement de Fleet Foxes » en français). On y trouve des surprises, Curtis Mayfield notamment, mais aussi des disques parfaitement cohérents malgré un écart de genre, comme le minimaliste Music for 18 musicians de Steve Reich.


Il est délicat de finir une chronique sur un tel album car chaque détail semble avoir son importance et mériter son explication, de sorte qu'il est difficile de conclure sans manquer un tant soit peu de respect à l’œuvre. Nous terminerons donc avec le mot d'un de nos collègues d'Album rock qui, cherchant à expliquer la difficulté de s'exprimer sur Crack-Up, dit cette phrase « Et puis les Fleet Foxes, impossible d'en penser quelque chose... À part: c'est bien. »

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