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Critique d'album

Fontaines D.C.


A Hero's Death


(31/07/2020 - Partisan - Rough Trade - Post Punk - Genre : Rock)
Produit par Dan Carey

1- I Don't Belong / 2- Love Is The Main Thing / 3- Televised Mind / 4- A Lucid Dream / 5- You Said / 6- Oh Such A Spring / 7- A Hero's Death / 8- Living In America / 9- I Was Not Born / 10- Sunny / 11- No
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Trois ans d'existence, et déjà une maturité sidérante. "
Nicolas, le 16/09/2020
( mots)

Voilà un groupe sorti du lot sans avoir dû se faire mousser par la presse musicale, un fait suffisamment rare pour que l’on se penche sur son dernier émolument en date dont tout le monde vante d’ores et déjà les mérites à corps et à cris. Fontaines D.C. (drôle de nom à consonance française pour des Irish Boys, si ce n’est que D.C. renvoie à Dublin City) est pourtant loin de faire l’unanimité de but en blanc tant ses partis pris stylistiques s’avèrent clivants, entre post punk goguenard et britpop morveuse, preuve s’il en est d’une intransigeance mais aussi d’une patte, d’un univers musical, d’une rude personnalité qui a explosé d’emblée sur leur juvénile et sauvage Dogrel - fusion de “dog”, chien, et “mongrel, “clébard bâtard” - paru à la mi-2019. Arrivé presque sans crier gare même pas un an après la naissance de son aîné, composé sur la route et enregistré à l’arrache, A Hero’s Death fait preuve d’une épatante - et étonnante - maturité pour une si jeune formation.


Apprivoiser Fontaines D.C., c’est d’abord apprivoiser son chanteur, Grian Chatten, et sa voix traînante d’un grave - parfois abyssal - presque constamment faux, rappelant les approximations touchantes d’un Ian Curtis tout aussi prolo et féru de poésie, mais aussi la gouaille sans gêne d’un Liam Gallagher lorsque le discours se fait plus volontaire et nargueur. Les textes du gaillard se révèlent crus, lancinants, obnubilants dans leurs motifs, entre romantisme tourmenté et espoir revigoré après quelques pintes de Guinness. Chatten ne vous prend pas par la main, il s’expose sans fard, sans artifices, sans chercher à séduire, attendant seulement que l’on rentre dans son jeu. Là-dessus, sa tribu d’artificiers sait tresser de solides socles mélodiques qui créent un contraste avec la noirceur gauche du timonier en chef. Rarement guitares se sont révélées plus belles, plus illustratives, sans doute aidées en cela par le contraste réalisé avec l’organe délabré de Chatten. Fontaines D.C. ne sonne pas comme une évidence, mais quelques écoutes curieuses auront tôt fait de vous laisser convaincre par la proposition des dublinois.


Les titres s’enchaînent avec nonchalance à partir du séminal “I Don’t Belong”, introduit par son tranquille canevas de cordes, avec son propos limpide, le chanteur égrenant ses refrains comme autant de leitmotivs désemparés. “I don’t belong to anyone”, “Love is the main thing”, “Televised mind”, autant de mantras noirs répétés en boucles, entre tension percussive asphyxiante sur le deuxième et puissance emphatique sur le troisième. Les guitares conquièrent, il y a un côté presque western dans l’ensemble, soutenu par une basse crépusculaire et une batterie nerveuse et décharnée. L’entrée en matière ne fait aucune concession : on accroche ou on lâche l’affaire, sans choix intermédiaire. Mais les plus tenaces pourront se gargariser de vraies grandes chansons, souvent douces et rêveuses (“You Said”, avec un chant parfait, carrément, “Oh Such A Spring”, troublante de pudeur, “Sunny”, d’une naïveté touchante), parfois intenables et crâneuses (“A Lucid Dream”, très Oasis dans l’esprit mais là encore avec une touche cow boy à l’irlandaise), parfois encore totalement ténébreuses, graves et désespérées (“Living In America”, je ne vous raconte pas le tableau). Fontaines D.C. est à l’aise, ne se limite pas à empiler les stéréotypes cold wave et s’autorise même de petites facéties - mesurées, tout de même - avec des textes scandés sous cocaïne (“I Was Not Born”, tellement meilleur que tout ce que les Vaccines ont commis) et du psychédélisme oratoire (“A Hero’s Death”, génial). Et si on doutait encore des talents de vocaliste de Grian Chatten, il n’y a qu’à se laisser happer par la ballade “No”, triste et lumineuse, tellement bien interprétée, tantôt sur le fil, tantôt délivrée avec une puissance tétanisante. Un point d’orgue qui ne peut que subjuguer.


Qu’on ne s’y trompe pas : si Dogrel se révélait frais et intéressant, sans plus, A Hero’s Death franchit un réel palier qualitatif. Preuve en est que le rock d’outre manche est loin d’avoir dit son dernier mot, quand bien même il fallait que ce soit le frère ennemi irlandais qui dégaine les munitions les plus fabuleuses. Quand on pense que les petits gars de Fontaines D.C. ont à peine vingt balais et que leur projet musical n’existe que depuis trois ans, on est en droit d’avoir le vertige. Rendez-vous l’an prochain, on l’espère, pour une troisième livraison (le confinement aidant ?), et d’ici-là, repaissons-nous de ce troublant A Hero’s Death, pas simple à apprivoiser mais diablement délectable une fois tous nos aprioris laissés de côté. Et prenons les paris : difficile de penser qu’une galette de cette trempe ne finisse pas en bonne positions dans les tops de fin d’année. Chiche ?

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Commentaires
MaximeL, le 16/09/2020 à 10:13
Autant je n'avais pas accroché du tout au premier album, autant la première écoute de celui-ci me laisse une toute autre impression. Merci !
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