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Critique d'album

Grandval


Eau / Feu


(25/02/2022 - - Rock progressif (France) - Genre : Rock)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Tout Feu Tout Flamme"
François, le 07/03/2022
( mots)

Nous sommes habitués aux compagnies cinématographiques qui surexploitent des licences livresques en faisant courir sur plusieurs films leur adaptation d’un seul ouvrage afin d’en tirer le maximum de revenus. Les trilogies deviennent facilement des tétralogies, voire davantage … Ainsi, quand le contrat de départ est respecté alors qu’il aurait pu sans problème être rompu avec de solides arguments, il convient de le souligner. 


Granval termine donc ce qu’il avait envisagé dès le départ comme un triptyque, en réunissant les deux derniers éléments, l’eau et le feu, qui succèdent au ciel (l’air ?) et à la terre. Moins opposés qu’ils ne sont complémentaires, ils sont au cœur d’un mouvement dialectique aboutissant vraisemblablement dans une forme de basalte musical, forme solidifiée (par l’eau) mais sublimée de la lave (le feu). La mise en relief de l’Auvergne volcanique, chère au musicien, se poursuit et nous pourrions voir dans cette évocation du feu la volonté de symboliser un geste prométhéen, dernier titan plus "humain" que Gaïa et Ouranos précédemment célébrés. 


La pochette, réalisée par l’artiste, est moins typée rock progressif, école stylistique dans laquelle s’inscrit Grandval depuis ses débuts, mais celui-ci avait pensé un dernier opus un peu libéré de ce genre après tout très codé. Cela se réalise au profit d’une inclinaison vers la chanson française voire la variété (sans aucun jugement de valeur), déjà présente en creux sur les deux premiers albums ; un processus dont on avait eu un témoignage à travers sa reprise de Christophe en guise de mise en bouche. Ainsi, les premières secondes de "Ferimur", où les murmures en latin se perdent dans des cris de cour de récréation, pourraient évoquer Thiéfaine, un artiste qui, semble-t-il, inspire en partie Grandval comme on peut l’entendre sur "Heinrich (Un Monde Bien Etrange)" (avec des paroles alambiquées) ou "Aqua et Igni", mais plutôt dans ses albums les plus récents (plus proches de la chanson française, moins rock et moins hermétiques dans les paroles). On peut également évoquer Miossec, sur la conclusion mélancolique "Fin de Partie", mais on ne se risquera pas à multiplier les références au risque de tomber à côté et de pécher par nos connaissances limitées en la matière. 


En outre, il est vrai qu’un titre comme "Il Neige Encore", jouant sur une mélodie entre majeur et mineur, est résolument du côté de la variété française, de même que "Les Jours Innocents", très années 1980 ; en général, les parties chantées s’inscrivent dans ce genre. Notons que le chant emprunte plusieurs registres, certains moins confortables quand il s'agit de monter dans les aigues ("Les Jours Innocents"), d'autres plus maitrisés quand les titres sont plus graves et scandés ("Aqua et Igni"). 


Tout cela est au service de textes souvent sombres, hantés par la camarde à la présence aussi fugace qu’oppressante. Souvent implicites, en forme de sous-entendus, les paroles mêles références littéraires (on osera un Isidore qui renvoie à Lautréamont ?) ou mythologico-religieuses, où les éléments croisent la route de toute une faune aussi bien humaine qu’animale. Une fin de trilogie qui n’adopte pas le registre irénique de la "Fin de l’histoire". 


Néanmoins, en ce qui concerne les aspects instrumentaux, on baigne toujours dans le rock progressif. Tout d’abord, rappelons que, comme pour brouiller les pistes, celles-ci sont parfois très longues – certes, de même que l’habit ne fait pas le moine, la longueur ne fait pas la progressivité. En l’occurrence, cela laisse le temps pour développer des longues phases instrumentales : "Erable et Chêne" se veut parfois planant, néo-progressif voire jazzy même (dans la seconde partie du titre), "Heinrich (Un Monde Bien Etrange)" avec ses thèmes enjoués s’inscrit dans la scène symphonique française (Ange n’aurait pas renié ce genre de mélodie) et propose des nappes de claviers yessiennes avec de multiples variations. Même un morceau assez court comme "Les Jours Innocents" apporte son lot satisfactions grâce à une très bonne idée : le passage d’un solo aux sonorités de claviers analogiques vers quelque chose de plus synthétique typiquement néo-prog’, comme une transition des années 1970 aux années 1980. De plus, comment ne pas évoquer l’intervention d’un autre Auvergnat (les plus intransigeants diront Velave), Jean-Pierre Louveton, que les amateurs de la scène progressive francophone connaissent bien pour ses travaux sous ses initiales (JPL) ou avec Nemo. Il occupe plusieurs postes sur cet album, mais brille particulièrement sur "Aqua et Igni". Bref, Eau/Feau n’abandonne en rien le rock progressif qui fait le cœur de l’œuvre de Grandval. 


L’eau et le feu, le rock progressif et la variété/chanson française, deux pôles et deux inspirations autour desquels Grandval conclue sa trilogie … Reste à savoir si cette hybridation perdurera ou si des choix seront effectués dans l’avenir, mais ça, c’est encore une autre histoire, peut-être même une autre trilogie …


A écouter : "Il Neige Encore", "Aqua et Igni", "Fin de Partie"

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