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Critique d'album

Judas Priest


Defenders of the Faith


(04/01/1984 - Columbia - British heavy - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Freewheel Burning / 2- Jawbreaker / 3- Rock Hard Ride Free / 4- The Sentinel / 5- Love Bites / 6- Eat Me Alive / 7- Some Heads Are Gonna Roll / 8- Night Comes Down / 9- Heavy Duty / 10- Defenders of the Faith
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Le chef-d'oeuvre des sentinelles du Metal"
François, le 03/08/2022
( mots)

Il y avait longtemps qu’un monstre hybride, mi animal mi machine, n’avait pas roulé sans pitié sur les musiques populaires, écrasant de ses chenilles fantastiques les certitudes esthétiques, broyant sous sa pachydermie gigantesque le ronronnement des recettes éculées. La dernière fois, si l’on en croit la légende, c’était l’immense Tarkus d’Emerson, Lake & Palmer qui s’imposait en faisant du rock progressif une musique digne de tous les excès, à la prétention sans limite, laissant les racines blues et leur simplicité sans arme (pour un moment du moins) face au tatou blindé et aux claviers virtuoses.


C’était en 1971.


En 1984, ce sont les tauliers de Judas Priest qui invoquent un démon d’assaut et le libèrent pour défendre la foi musicale envers le Metal, alors que la NWOBHM décline déjà – moins de nouveaux groupes et surtout, des virages FM trop nombreux. Dans ce contexte, ils s’imposent à nouveau comme la référence incontournable, une forteresse d’acier que seule une Vierge de Fer peut, éventuellement, regarder en face.


Les pionniers du Heavy Metal avaient montré qu’ils étaient, plus que n’importe quel autre groupe, capables d’occuper leur trône envers et contre tous. Non contents de dompter la nouvelle vague en plein essor dès 1980 sur British Steel en adoptant ses codes, ils acclimatèrent les attentes musicales des Etats-Unis sans jamais se trahir au point de mettre au monde un chef-d’œuvre, Screaming for Vengeance (1982). Mais ils pouvaient faire mieux. Ils pouvaient composer Defenders of the Faith, un successeur dans la même veine esthétique qui s’avérerait tout de même capable de la sublimer.


Son premier atout est son économie interne : la construction de l’album est parfaitement fluide, les titres s’enchaînent avec élégance, les changements d’ambiance sont merveilleusement gérés, jusqu’à la transition finale entre "Heavy Duty" et "Defenders of the Faith" on ne peut mieux amenée.


Pour autant, nous sommes loin d’avoir à faire à un album monolithique et répétitif. En effet, entre l’entêtant "Love Bites", très américain dans son approche mais rehaussé d'un superbe passage instrumental, le léger et séduisant "Some Heads Are Gonna Roll", le tube priestien canonique "Jawbreaker", le Heavy plus classique mais diablement efficace "Rock Hard Ride Free" qui fait démagogiquement de l’œil aux bikers ou encore le slow mélancolique "Night Comes Down", le lancinant mid-tempo "Heavy Duty" … Difficile de ne pas succomber face à la magnificence d’un tel coup de maître.


De plus, la complexité est de mise dans l’écriture des titres, qui multiplient les soli dantesques et font se succéder des plans d’une pertinence absolue. La plus belle illustration demeure le sublime "The Sentinel", qui s’ouvre sur une mélodie devenue paradigmatique de l’identité sonore du groupe, puis offre un refrain emblématique, une brillante transition vers le solo sous forme de dialogue impressionnant entre les deux guitares, et bien sûr un pont emprunté à Blue Öyster Cult ("Black Blade", Cultösaurus Erectus, 1980) qui lui apporte une touche très légère de progressivité.  


Fidèle à lui-même, Halford joue la carte de la provocation dans l’écriture des paroles, ici sur "Eat Me Alive", un titre plutôt anecdotique qui doit avant tout sa postérité à Tipper Gore et son Parents Music Resource Center qui le placèrent dans le top 3 de sa liste des 15 titres à prohiber (pour cause de références au sexe oral). Il brille davantage dans ses performances vocales, notamment sur l’hymne introductif, l’aguicheur "Freewheel Burning", entre son osmose avec les guitares et sa diction d’une vélocité impressionnante. Le Metal God définitif.


Peut-être est-ce en ayant foi en leur musique que les membres de Judas Priest ont su réaliser un exploit, en s’érigeant comme défenseurs de l’intégrité du Metal britannique originel, à la fois loin des évolutions violentes et des régressions FM qui avaient cours à la même époque ? La volonté de monter encore et toujours plus haut dans les charts étatsunienne, avec ce qu’il faut de compromissions esthétiques, montrera par la suite qu’une crise de foi sous forme d’opportunisme artistique ne permet d’atteindre de telles sphères créatrices, quoi qu’on pense de Turbo par ailleurs.


A écouter : "The Sentinel", "Freewheel Burning", "Jawbreaker"

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