La Jungle
La Jungle
Produit par Autoproduction
1- Ape In A Python / 2- L'Enfer / 3- Caracala / 4- Zimbabwe / 5- Trance Hysteria
Un clou de plus dans le cercueil de celles et ceux persuadés que le renouveau du rock est introuvable. À l'occasion du passage des zombies Libertines en Belgique, Didier Zacharie s'interrogeait dans le journal Le Soir sur la prétendue disparition d'une musique dont les très surestimés Anglais seraient les derniers ambassadeurs. L'un des membres du groupe OMSQ lui répondait en substance d'ouvrir sa fenêtre, ses esgourdes et ses mirettes pour s'apercevoir que le rock est en bas de chez lui.
La Jungle arrive de Mons en Wallonie et comprend un transfuge des gloires locales Petula Clarck. On a d'abord parlé de "nouvelle sensation math-rock". D'une, si l'on commence à écouter des sensations plutôt que des groupes c'est qu'on lit trop la presse musicale. De deux, si le math-rock est un vivier inventif, cette créativité se révèle souvent stérile et recroquevillée sur la virtuosité clinique de techniciens instrumentistes. À l'inverse, tout ici est profondément organique, dédié au groove tribal comme sur "Trance Hysteria". La meilleure utilisation du charley cette année pour un disque jouissif et dansant. Comme une longue plage techno La Jungle joue sur les tensions et relâchements pour satisfaire les envies primaires. Le groupe ne rechigne jamais à nous satisfaire pour nous donner à écouter ce que nous désirons entendre. L'ensemble reste constamment groovy comme ce "Zimbabwe" fait de licks de guitare comme des descentes d'avion en piqué et d'accélérations surhumaines.
Du metal pour ravers en somme. Le guitariste joue seul et empile les samples de guitare pour dérouler des boucles mélodiques simples et efficaces. Dans le même temps les fûts chantants du batteur invitent à la transe ("Ape in a Python"). Ultraviolente et harmonique ("L'Enfer") la batterie orchestre une furie apaisante. Ce heavy aux pupilles dilatées est assez répétitif pour ne pas brusquer un cortex cérébral enfumé et cogne assez fort pour extraire ce dernier de sa torpeur ("Caracala"). La Jungle est une machine de combat entièrement humaine. La batterie se fait percussions, la guitare devient un sampler pour former un engrenage rythmique et faire bouger les corps. Sur le final "Trance Hysteria" la guitare sonne le rappel à l'aide d'une corne de brume après un chaos de hurlements de sirènes et d'alarmes. La bataille est terminée, la guerre ne fait que débuter.
Le débarquement de La Jungle en France est prévu en juin, il est encore temps.