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Critique d'album

Mark Lanegan


Blues Funeral


(06/02/2012 - 4AD/Beggars/Naïve - - Genre : Rock)
Produit par

1- The Gravedigger’s Song / 2- Bleeding Muddy Water / 3- Gray Goes Black / 4- St Louis Elegy / 5- Riot In My House / 6- Ode To Sad Disco / 7- Phantasmagoria Blues / 8- Quiver Syndrome / 9- Harborview Hospital / 10- Leviathan / 11- Deep Black Vanishing Train / 12- Tiny Grain Of Truth
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Huit ans après Bubblegum, Mark Lanegan revient avec un nouveau chef-d'oeuvre !"
Marc, le 06/02/2012
( mots)

Mark Lanegan donne enfin un avenir à son Band ! Pendant les sept longues années qui ont suivi son éclatant Bubblegum, seule sa voix nous a fait vibrer à travers une multitude de collaborations (Queens of the Stone Age, Soulsavers, Isobel Campbell, etc...) qui ne lui ont pas permis de s'abandonner à une création plus personnelle. Recentré et dégagé d'envies plus passagères, c'est avec le musicien-producteur Alain Johannes (Eleven, QOTSA ou TCV), déjà présent sur Bubblegum, qu'il a enfin remis en chansons tous ses pouvoirs d'attraction pour réaliser ce Blues Funeral, son septième opus.

Un album que Mark Lanegan a écrit seul pendant son enregistrement à Hollywood, (il a eu la mésaventure de découvrir que les bandes sur lesquelles il avait enregistré quelques démos étaient démagnétisées) dans le studio 11AD de Alain Johannes, qui a largement contribué aux divins arrangements de ce dernier né, en plus d'y jouer de presque tous les instruments. En sus de cet échange fructueux (Mark avoue adorer travailler avec lui et ajoute qu'il fera d'ores et déjà parti de l'aventure du prochain), on retrouve quelques amis fidèles de Bubblegum : Josh Homme, Greg Dulli ou Chris Goss, mais aussi Jack Irons (RHCP, Pearl Jam et Eleven) à la batterie. Les illustres invités réunis, quelle piste allait bien pouvoir emprunter le maître de cérémonie ? Le titre Blues Funeral semblait être on ne peut plus clair et raccord avec l'image du ténébreux Mark Lanegan, et pourtant...

D'une voix de plus en plus grave et rocailleuse, comme les traits qui s'escriment à sculpter son visage, mais toute aussi ensorceleuse, comme lorsqu'il se laisse à délivrer un sourire, la séance d'envoûtement peut commencer. Par cet organe qui va puiser dans toutes les profondeurs pour mieux révéler l'insondable à travers ses mots, il incarne plus que jamais le menaçant poètico-romantique qu'il a toujours été. Si le grunge des Screaming Trees et son blues-rock acoustique en solo se conjuguent au passé, c'est avec son Band, comme pour mieux souligner le changement stylistique, que le son électrique de Bubblegum prend ici une dimension étonnamment plus électronique, qui fait de ce Blues Funeral une oeuvre unique et épique !

Entre le Gun Club, qui l'a conduit jusqu'ici, et les influences allemandes des années 70 qu'il avoue aujourd'hui (Neu!, Kraftwerk ou Can), Mark Lanegan y ajoute tous les ingrédients d'ambient et d'électro pour nous délivrer un rock singulièrement puissant que l'on ressent dès le premier titre et single : "The Gravedigger's Song". Avec quelques vers en français, en hommage à Gérard Manset qu'il a découvert et apprécié récemment, le lugubre côtoie une implacable drum machine qui s'abat sur des mots d'amour et de sang envers une femme qui n'est plus qu'un souvenir affligé. La superbe "Bleeding Muddy Water" (très Soulsavers), introduit ensuite l'interrogation religieuse, thème majeur de l'album ! 

L'ambiance western à la Ennio Morricone constelle "St Louis Elegy" avec l'aide de son compère Greg Dulli (The Gutter Twins) : "If tears were liquor, I’d have drunk myself sick". Où la rédemption semble toujours possible : "Here I am earthly bound/ said Hallelujah, I’m going down/ and the River Jordan is deep and wide/ I think I see forever across on the other side". La puissance des airs et des paroles ne font pas défaut et "Riot in My House" rappelle seulement que les guitares incisives et râpeuses de Josh Homme font toujours partie de sa vie. Mais s'il nous rapproche avec cette chanson de ce passé tant aimé, il se plaît aussi à prendre de vrais risques. La combinaison de rythmes de synth pop new wave façon Erasure ou Bronski Beat avec une guitare slide dès l'ouverture de "Ode To Sad Disco" qui transcende allègrement un beat répétitif est une audace qui peut en déconcerter certains au premier abord. Mais Mark lanegan démontre vocalement avec ce titre qu'il est capable de chevaucher les deux mondes, passé et présent, avec une distinction sans pareille. 

Que ce soit avec des morceaux proches de Bubblegum ("Phantasmagoria Blues", "Quiver Syndrome" et "Black Vanishing Train") comme dans les plus osés ("Harborwiew Hospital" et "Tiny Grain of Truth" avec leurs rythmiques et effets 80's façon The Stranglers ou New Order), la composante essentielle de l'album est donc la magie qui s'opère entre sa voix unique, dont il change le grain suivant les allures, et la qualité des arrangements d'Alain Johannes, tout en assumant sans faiblir une grande variété de rythmes et d'influences. A l'instar de "Leviathan", une lente marche funéraire, où son chant et les voix chorales de Alain Johannes et de Chris Goss se mélangent et finissent par rendre leur dernier soupir en totale communion.

Réconcilié avec sa vie et les gens depuis Bubblegum, Mark Lanegan traduit ses appétences avec une musique technologique et énergisante qu'il confronte à son univers poétique beaucoup plus sombre, peuplé d'images effrayantes, d'éléments religieux et de personnages mystérieux. Le tout est habité et délivré tel un roman hanté qui oscille entre la rédemption et une ascension spirituelle.

Avec ce Blues Funeral
Mark Lanegan n'enterre pas le blues, il le sublime, et élève cette indicible émotion avec cette invitation au voyage sans retour. Le fait est qu'elle s'empare bel et bien de nous à l'écoute de cet album aussi intemporel que définitivement mortel !

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