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Critique d'album

Naked Raygun


Throb Throb


(15/10/1984 - Homestead Records - Post-hardcore - Genre : Ska / Punk)
Produit par Iain Burgess, Gomez Addams

1- Rat Patrol / 2- Surf Combat / 3- Gear / 4- Metastasis / 5- Leeches / 6- Roller Queen / 7- On / 8- I Don't Know / 9- Libido / 10- No Sex / 11- Only in America / 12- Stupid / 13- Managua / 14- Libido
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Déjanté et lapidaire, Throb Throb met au monde le post-hardcore sous les riffs acérés de Naked Raygun"
Hugo, le 02/12/2019
( mots)

Au début des années 1980, bon nombre de cadavres déambulent dans les rues de Chicago. L'essor phénoménal de l'offre de l'industrie musicale n'a pas épargné la capitale de l'Illinois, et a laissé en mal d'amour des styles désormais obsolètes. A bon repreneur entendeur ! Comme partout, les paillettes disco, le parfum new wave et les grondements hard-rock réinvestissent les lieux. Mais des cris fédérateurs s'échappent d'un bar haletant, à l'angle du 1977 Punk Avenue et du Post-Punk Boulevard. Les fondations du bâtiment revêtent une allure assez particulière, d'une solidité qui tient à une corde de guitare. A l'intérieur, les battements sourds et la vitesse des coups électrisent déjà. Les murs tremblants sont revigorés par la ferveur et la rage de Throb Throb. Naked Raygun est en train de mettre au monde le post-hardcore. La larme de joie se confond à celle de la sueur du pogo.


Dans la grande famille du punk, les frères Pezzati, Marko et Jeff, et Santiago Durango ont donc fait une irruption fracassante, et incestueuse. Chantres d'une philosophie do it yourself plus extrême que jamais, ils mêlent allègrement les sangs du post et du hardcore de la susdite famille. Le post-hardcore, le dernier rejeton terrible, possède ses propres codes : une voix claire gicle des enceintes, on monte le son de la basse, on crée des mélodies un tantinet plus complexe que chez ses pairs. Mais l'idéal reste le même, à savoir la fulgurance et un volume toujours plus élevé. Tel père, tel fils.


"Rat Patrol" sonne l'ouverture tranchante de la symphonie déjantée. Les morceaux s'enchaînent dans un rythme qui ne laisse aucun répit auditif. Déchaînés, acerbes, foudroyants. Douée d'une impressionnante précision, la bande s'en donne à cœur joie : "Surf Combat" joue aux montagnes russes, "Metastasis" prend les virages à cent à l'heure, "Roller Queen" s'amuse au bord du vide. La distorsion des guitares fait exploser les baffles, tandis que les fracassantes détonations de batterie multiplient les craintes de rupture sonore. La 4-cordes, omniprésente, s'octroie une indépendance encore jamais vue dans le punk. La ligne de "Leeches" donne le ton à un morceau tant flippant que rutilant. Mais c'est surtout la créativité, mise au service du puissant tourbillon tout de cuir vêtu, qui détonne. Évitant l'écueil du brusque et brutal exclusifs, les musiciens donnent dans le groove menaçant et la transe percussive dans "Libido". Le morceau ne va pas sans rappeler ici des patterns jazzy, agrémentés au fur et à mesure de piano et de percussions. Qui a dit que ça ne communiquait pas dans les rues de Chicago ? Naked Raygun poursuit sur sa lancée exploratrice avec un audacieux saxophone alto sur "Only in America", où les envolées ska se confondent avec les chœurs punk à souhait du refrain. Néanmoins, les fondamentaux reviennent vite à la charge, le gang se montrant fidèle à ses racines. On reconnaît des Ramones dans "Gear" avec ses sauvageries vocales et sa simplicité jouissive. On décèle la promptitude frénétique des Bad Brains ou de Minor Threat dans "Stupid".


Dans le sens inverse, aussi, l'ampleur des progénitures terribles de Naked Raygun est perceptible à l'écoute. L'étrange impression d'avoir déjà entendu mille fois "Managua", tant les codes et la structure de cette chanson se retrouvent dans le répertoire de groupes inspirés par les explosions de riffs et le déraillement de la voix de Jeff Pezzati. Pas étonnant : le nombre de groupes qui ont cité la bande de Chicago comme référence ne se compte plus. L'introduction affûtée de "I Don't Know" annonce Rise Against, la tendresse rugueuse de "Rat Patrol" prophétise toute la vague californienne de la décennie suivante (The Offspring et Green Day en tête). Dave Grohl s'est même longtemps vanté d'avoir assisté au premier concert du groupe en 1982 à Chicago, au Cubby Bear. Émigré à New York le temps d'enregistrer Throb Throb chez Homestead Records en 1984, Naked Raygun s'est bel et bien inscrit dans la grande lignée du renouveau musical alternatif montée par Sam Berger. Ce second album, réalisé d'une main de maître, fiévreuse et prémonitoire, compose l'une des plus belles pages de l'avant-garde féroce et précurseur de l'après-punk.

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