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Critique d'album

Oracle


Oracle


(00/00/1989 - Cambaya Club - NWOBHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Don't Stop it / 2- Goodtimes / 3- Teaser / 4- Never Want to Cry / 5- Fool for Your Love / 6- Dreaming / 7- Back on the Road / 8- Murder in the Streets / 9- Killer Queen
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Et si la NWOBHM avait fini sa course à Gibraltar ? "
François, le 23/12/2019
( mots)

Envisageons Oracle comme une fenêtre sur une belle histoire musicale, qui ne reflète pas la réalité mais qui peut être la source d’une théorie séduisante ; nous ne parlons pas d’une théorie du complot, mais d’une lecture par la marge qui pourrait, justement parce qu’elle se fonde sur un cas anormal, aider à comprendre l’histoire d’un mouvement musical. Du Carlo Ginzburg adapté, en l’occurrence, à la New Wave Of British Heavy Metal, mouvement de renouveau du rock à distorsions dans les années 1980. 


Pour comprendre l’essence même de la NWOBHM (dont la variété amène une remise en question de l’acronyme) et de son déclin, plutôt que de revenir sur les grands groupes du genre ayant émergé en Grande-Bretagne, ne pouvons-nous pas regarder vers une formation obscure et dans un espace périphérique du royaume, forcément plus tardivement touché par la vague et moins bercé dans un volcan créatif en éruption ? On pourrait alors, par comparaison, observer des particularités, des hybridations, ou une quintessence des caractéristiques de l’esprit du temps. On pourrait aussi comprendre la fin de ce mouvement. Car en effet, nous parlons ici de l’unique d’album d’Oracle qui paraît en 1989, quand la nouvelle vague est retombée depuis longtemps sur la perfide Albion. 


Bref, ne pouvant répondre à toutes ces questions, nous laisserons à chacun le plaisir de se reporter à l’album pour, si la curiosité du lecteur est titillée, tenter de formuler des hypothèses. Nous nous contenterons de cette interrogation qui formule cette théorie trop séduisante pour être honnête : et si la NWOBHM avait connu son chant du cygne à Gibraltar ? 


A formation obscure, histoire obscure : il semble qu’Oracle ait été formé en 1987 mais qu’il soit fondé sur une première version antérieure (1983) avec d’autres membres dont on trouve une trace vidéographique en 1985. Un mystère qui ne s’éclaircit pas avec la disparition rapide du combo suite à cet unique opus. 


Gibraltar, c’est le Royaume-Uni certes, mais c’est loin de la Manche. C’est aussi, on s’en doute, un espace moins favorable pour percer. Enfin, la vie culturelle y est moins intense que dans les grandes villes de la métropole : le déluge de groupes n’a pas lieu, ce qui ne permet pas de faire vivre une scène foisonnante, un vivier créatif. Ainsi, Oracle fait un album de NWOBHM à la fin de la décennie, bien après le pic de cette effusion. Il est en retard, en décalage. 


Le groupe reprend en effet les caractéristiques du genre : longs passages de guitare (en introduction – "Back on the Road", en soli …), très mélodiques et volontiers virtuoses (Peter Montegriffo est brillant), chant ampoulé et puissant, riffs efficaces. Ici s’ajoutent un usage intensif des claviers et quelques digressions progressives (sans exagération), sillon dans lequel Iron Maiden est engagé depuis deux albums à l’époque – et quels albums ! 


Bien sûr, la surdose de synthés peut parfois donner dans le kitsch FM (rappelant à e titre Tytan), de "Fool for Your Love" à la parodie de Van Halen qu’est "Teaser". Mais la plupart du temps, ils sont bien utilisés et font mouche, surtout quand ils sont associés à des refrains entraînant comme sur "Don’t Stop It" ou "Goodtimes". 


Mais ça lui donne également cette touche progressive. Evidemment, on pense au sommet de l’album, la conclusion "Killer Queen", pièce la plus connue du groupe. Sa longue introduction met en avant le talentueux Montegriffo qui est très présent sur le titre, et le développement est très bien construit, avec des montées en puissance bien gérées. Évoquons également le sublime "Never Want to Cry", entre ses guitares endiablées, ses passages plus éthérés, ses transitions épiques. 


Inutile de chercher de trop nombreuses références musicales à l’Espagne voisine, à l’exception de l’excellent "Dreaming" et son introduction andalouse : là encore, la première partie très calme contraste avec le reste beaucoup plus heavy, pour un morceau plein de nuances. 


L’album est donc une pépite dont la belle pochette très colorée rehausse encore plus l’aloi. Le fait qu’il puisse être considéré comme une pièce pour initiés favorise aussi ce plaisir. 


Décalé dans le temps, il donne à entendre toutes les qualités que pouvaient avoir mises en avant la vague Metal des premières années 1980 : mélodicité, puissance, chant emphatique… Mais cela à rebours … Une certaine ambition esthétique non-négligeable, même si le groupe se perd aussi dans certains goûts du temps (les claviers qui font pouêt). Mais l’ambivalence de l’usage des claviers le dirige aussi dans un sentier emprunté par les pionniers du genre, la Vierge de Fer devant. 


C’est donc une époque qui se ferme avec Oracle, sur le rocher de Gibraltar : par-delà les colonnes d’Hercules viennent déjà le Thrash Metal ou le Metal progressif. Mais c’est un autre chapitre de l’histoire du "rock", qui a laissé bien des protagonistes dans l’ombre.  

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