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Critique d'album

Stupeflip


Stupeflip


(08/01/2003 - BMG - Rock / Hip Hop / Variété Franç - Genre : Autres)
Produit par

1- Le Crou ne mourra jamais / 2- Stupeflip / 3- Présentation du Crou / 4- Je fume pu d'shit (feat. Jacno) / 5- J'refume du shit / 6- Explication n° 1 / 7- L'épouvantable épouvantail / 8- Naissance de la Région Sud / 9- Les monstres (feat. Tanguy P.) / 10- Crou nostalgie / 11- Avertissement / 12- Carry On / 13- Comme les zot' / 14- Média terror (feat. Mélanie Bauer) / 15- L.E.C.R.O.U. (feat. Mangu) / 16- Création de la deuxieme Ere du Stup / 17- A bas la hiérarchie / 18- La bavure de Pop Hip / 19- The Cadillac Theory / 20- Passe mon truc / 21- Stupeflip (home version) / 22- Annexion de la Région Sud (feat. Mangu)
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un O.V.N.I. lâché sur la scène française. Le Stupeflip Crou ne mourra jamais."
Geoffroy, le 05/05/2011
( mots)

"Salut ! Je te présente le Crou Stupeflip. Formé en 1972, le Crou se compose de trois membres: Flip, l’âme damnée du Crou, sans arrêt sous pression, d’où son pseudonyme, Pop Hip véritable tête de turc du Crou qui veut absolument faire du rock ‘n’ roll, ainsi que King Ju. King Ju, ayant subi de sérieux traumatismes durant son enfance, se servira du Crou Stupeflip pour régler ses comptes avec la société. Le Crou Stupeflip est là, entre autres, pour terroriser la population et par là-même instaurer une nouvelle ère : l’ère du Stup. Je tiens a signaler à mon auditoire que j’ai actuellement un pistolet collé sur la tempe. Je crains pour ma - BANG !". Ces coups de feu sur le journaliste peuvent faire sourire mais le plus flippant dans l’histoire est que ces mecs se prennent au sérieux. Entre le clash censuré avec les tocards Baffie et Ardisson sur le plateau de "Tout le Monde en Parle", les insultes face à ce porc de Cauet et l’interview de Paris Première dans un appartement insalubre et dégueulasse, Stupeflip est un ovni qui a frappé une scène rock française somnolente d’un grand coup de barre à mine dans les conventions. Signés chez BMG en négociant une liberté totale en échange d’un single hilarant et merdique ("Je Fume Pu D‘Shit"), le trio cache le véritable fond de son œuvre derrière une image masquée quelque peu provocatrice et une mythologie tordue et mystérieuse dont les éléments se distillent au compte-goutte lors des nombreux interludes de l’album sous forme de propagande et de documents historiques sans véritablement apporter de réponses précises aux questions qui viennent fatalement à l’esprit.

Le premier mot qui m’est personnellement venu est "méchant". Et cette intro de guitare sursaturée embellie de scratchs furieux et de cris déments installe immédiatement l’univers de Stupeflip : un univers méchant, sale, empli de traumatismes inconscients et de désirs malsains refoulés, relevés d’une touche d’absurde et de quatre-vingt quatorzième degré dans des ambiances sonores de choeurs dérangeants, éléments passés à l‘envers, synthés de cuivres glauques et paroles subliminales. Les influences se mélangent dans une soupe étrange, flirtant avec le hip hop, le rock au sens large et la variété française, une soupe acide vomie telle une boule insidieuse de mépris pour l’hypocrisie et le pouvoir, assumant toutes les critiques et défendant becs et ongles son crédo tout en gardant une part importante d’autodérision. Les morceaux y sont schizophrènes, empruntant différentes personnalités qui décideront du ton, passant des grosses instrus crades aux phrasés beuglés de Stup et Flip ("Stupeflip"), aux gueulantes hardcore de King Ju, bourrées de haine et de mépris pour la société ("L’Epouvantable Epouvantail", "A Bas La Hiérarchie"), des ambiances poisseuses et apathiques ("Les Monstres"), aux délires niais mais pas si stupides de Pop Hip, souffre douleur et alter égo rock'n'roll de King Ju ("Carry On"). Les interventions des autres membres du Crou, le raffiné MC Salo, le rappeur Mangu et le furieux Cadillac, roi du mauvais goût, mènent à des sommets dans les pistes collectives où chacun apporte son flow au mouvement ("L.E.C.R.O.U.", "Annexion de la Région Sud").

Les paroles y sont le reflet des mélodies, maladives, bancales et tordues, laides mais bien foutues, se lançant dans l’énumération de bestioles cauchemardesques ou sombrant dans une stupidité telle que s’il existe un fond derrière, il est clairement imperceptible ("The Cadillac Theory"). Les textes font sourire pour mieux mettre mal à l’aise l’instant d’après en passant d’un morceau euphorique et hilare à un titre profondément dépressif (le dyptique "Je Fume Pu D’Shit"/"J’Refume du Shit"), trompent avec leur ton enjoué mais finalement bien pathétique ("I’ve got no friends but I carry on, I’ve got no job but I carry on, I’ve lost my dreams but I carry on"), et vont jusqu’à créer un manifeste de volonté artistique en utilisant des citations connues de chanteurs de variété ("Comme les Zot’"). Finalement bien loin d’être la blague idiote sans fondement que l’on peut croire deviner aux premières écoutes, Stupeflip livre un premier album riche, noir, glauque et malsain, aux nombreuses textures et aux pensées misanthropes, prophétisant un pamphlet contre la médiocrité humaine derrière une forme à la fois méchante, absurde et négative et des idéaux qui n’en démordront jamais. Les suivants seront du même acabit.

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