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Critique d'album

Young Knives


Barbarians


(04/09/2020 - Gadzook - - Genre : Pop Rock)
Produit par Republic Of Music

1- Swarm / 2- Society for Cutting Up Men / 3- Jenny Haniver / 4- Red Cherries / 5- I Am Awake / 6- Holy Name '68 / 7- Barbarians / 8- Sheep Tick / 9- Only a God / 10- What I Saw
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un fatras sonique et libérateur"
Mathilde, le 02/12/2020
( mots)

Sept ans c'est un cycle, sept ans c'est le temps peut-être intuitif qu'il aura fallu aux frères Dartnall des Young Knives pour sortir un nouvel album. De 2006 à 2011 ils s'étaient cantonnés au parcours classique du rockeur alternatif moyen des environs de Londres, à savoir un look cravaté de mec qui travaille à La City, un air blasé, une paire de lunettes à écailles, une musique post-punk et beaucoup d'auto-dérision. Cette formule était gagnante, surtout avant 2010, mais certainement trop proprette pour Henry et Thomas, aux prénoms décidément standards aussi.


Après avoir "pondu" (more or less) leur progéniture, le duo s'est attelé à produire autre chose, un rock plus abrasif, arty, incompréhensible, interrogeant même, tel qu'on pourrait le dire des oeuvres d'un musée contemporain. Sick Octave l'était, "sick", et a marqué le tournant des frérots, le virage fou vers des contrées hallucinogènes mais pourtant sous contrôle. Au nom de la liberté artistique, il ne s'agit pas de produire n'importe quoi. Ç'eût pu être le cas avec un confinement dans les dents au printemps, mais les couteaux se sont aiguisés en conscience, ou étaient en tous cas suffisamment en forme pour sortir Barbarians, un album quasi concept.


Barbare est la pochette aussi, comme si quelqu'un avait vomi du slime dessus, vous savez cette pâte infâme, déifiée par les marmots en 2018-2019. Eh bien ce produit a pour autre nom "pâte intelligente" (il ne faut pas chercher à comprendre) et cette métaphore colle (fort) à Barbarians. Un album "manifeste" qu'ils disent, et revendiqué dans leurs "Caravan Lockdown Livestream", en direct de Facebook tous les samedis durant les deux confinements. Déguisés en Hitler sur fond vert psychédélique, les Young Knives y interagissent avec leur fans, jouent leurs nouveaux et vieux titres, et lancent des quizz sur les variétés de saucisses (thème attesté véridique, pour y avoir participé). Par la suite ils mettent en place une newsletter qui permet d'avoir accès à leur nouvel album le jour de sa sortie. Henri et Thomas (celui-ci nouvellement et sobrement devenu "The House Of Lords") sont les clowns tristes, les clowns blancs, qui tel le disaient Hopper ou Magritte, endossent leur rôle d'artiste, à savoir éveiller les gens à la vérité.


A l'intérieur de ce guide donc, un encouragement à ne croire à aucun mythe (de la caverne), sinon le sien (de la caravane). "Nous sommes tous des flux constants donc il est inutile de regarder en arrière [...], la seule chose qui reste la même est Young Knives, notre nom." Près d'Oxford, les frères Dartnall ont lu Les Chiens de Paille: réflexions sur les humains et autres animaux de John Gray, puis ont enregistré "l'album le plus bruyant et cathartique" de leur carrière. Celui-ci parlera donc de l'absurdité des progrès sociaux quand ils vont au détriment de l'évolution de l'humanité en chacun de nous. Et de notre petit coté (bâtard) barbare, les uns envers les autres. 


Le premier titre "Swarm" tape dans le thème d'emblée: "Freedom with a big F/ Freedom with a little left", ou la question de comment être libre quand on gêne la liberté des autres. Le fondu électronique fait penser aux meilleurs morceaux de Soulwax, avec un gimmick entêtant piqué à une Hacienda actualisée. Henry prend ensuite la narration sur "Society for Cutting Up Men", avec un synthé revanchard à la Europe, et des voix réverbérées. La musique est ample et répétitive jusqu'à une outro a capella sur l'empower-ment féminin.Bon après ça part en vrille quoi, en fausse chanson traditionnelle à la Simon and Garfunkel ("Jenny Haniver"), puis en brûlot qui ressemble au live d'Hullabaloo de Muse ("Red Cherries"). Alors oui on s'y perd un peu (il fallait s'y attendre) dans ces dédales protéiformes en colimaçons. Mais pour qui est patient, une trémie vient toujours dans un escalier et celle-ci vient éclairer mélodieusement les titres, comme pour les décharger (à 2min 30 sur "Jenny Haniver". D'ailleurs, après recherche, c'est fascinant les monstres Jenny Haniver). 


Puis on parcourt un peu plus loin le monde, avec "Holy Name '68" qui ressemble a des Christmas Carols mais chantés par une tribu de Papouasie Nouvelle-Guinée, qui permet de se recentrer sur ses racines (humaines, vous l'aurez compris). Juste après "Barbarians" est très Gorillaz, c'est à dire un mix de pop, d'urbain, et d'imaginaire. Ce titre a une aura très 90ies diantrement bien fichue. Un genre de boucle shoegaze qui élève les consciences. De toutes façons l'album est hypnotique, certainement encore plus efficace si accompagné de substances interlopes."Only A God" commence comme "Osez Joséphine" (oui y a des rapprochements comme ça) pour se diluer sur 5min dans un magma de complaintes distordues, et "What I Saw" débute en alarme de voiture. Ces deux derniers titres sont les plus difficiles à appréhender, le choix artistique de les positionner à la fin vient sûrement d'une volonté de concentrer les questions sociétales non élucidées (et qui sont pas prêtes de l'être, car sommes nous vraiment oppressés, au bout du compte?). La dernière minute est magnifique, chantée sur fond de trompettes comme une vieille chanson de cow-boy désabusé qui retourne dans son saloon (ou sa caravane).


Il est vrai qu'écouter de bout en bout Barbarians est un challenge à relever. C'est plutôt un album sur lequel on revient (comme un truc que finalement on trouve bon à manger) titre par titre pour mieux s'immerger dans la philosophie Oxfordienne. Une invitation à explorer notre face sombre pour trouver celle qui est éclairée. Le programme finalement d'un confinement, n'est-il pas. Dans une caravane ou non.


 

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