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Compte-rendu de concert

Absynthe Minded


Date : 19/11/2010
Salle : EMB (Sannois)
Première partie : The Bewitched Hands
Pierre, le 30/11/2010
( mots)

Une fois encore, l’EMB Sannois proposait le 19 novembre une belle affiche indé pour qui avait décidé de passer le périph : d’un côté la pop folk sautillante de The Bewitched Hands, de l’autre la swing-pop des belges d’Absynthe Minded.

Comme au Zénith, lors du festival des Inrocks, The Bewitched Hands se présente sur la scène de Sannois assez sobrement. Loin du stéréotype actuel qui voit l’âge des groupes "hype" se rabaisser de plus en plus, les six Rémois ont le visage marqué, le cheveu hirsute et la bedaine du trentenaire qui traîne ses pieds dans la musique depuis un moment. Pourtant, c’est bien pour défendre son premier album, Birds & Drums, que le groupe a sorti ce soir guitares, basse et tambourins. Avec vigueur, Antonin et sa crinière blonde entonne "Happy With You", titre d’ouverture de l’album. Ceux qui dans le public ont échappé au buzz semblent déjà conquis, les autres reprennent en chœur les titres du combo.

Le son, assez propre, met en avant la justesse des harmonies vocales et la rugosité des guitares. A ce titre, plus qu’Arcade Fire, à qui The Bewitched est souvent comparé, cette prestation fait penser au meilleur du Brian Jonestown Massacre et des Pixies. Il est amusant de déceler dans le regard des membres l’incrédulité de celui qui se demande pourquoi on lui accorde autant d’attention. Pas frileux pour autant, The Bewitched Hands enchaînent les titres accrocheurs, "Birds & Drums", "Sea" ou "2 4 Get" en avant. Au fil des minutes, le groupe quitte les sentiers balisés pour proposer des morceaux moins connus, issus de leurs premiers maxi. Un poil plus furieux, ils s’aventurent sur des chemins encore plus psychédéliques. Jamais avare en remarques ironiques, le groupe fait preuve d’une belle interactivité avec le public. Comme sur "Hard To Cry", son titre le plus épique, où il se réunit sur le devant de la scène pour une entame a capella. Malheureusement, le morceau perd en live un peu de sa superbe, qui tient, sur CD, à l’ingéniosité du mixage de Yuksek. Tant pis. Pour conclure les hostilités, The Bewitched envoient "Work", titre pêchu et "Sahara Dream", très beau, puis quittent la scène dans un dernier regard complice.

C’est dans un tout autre genre qu’officie Absynthe Minded, tout droit venu du plat pays. Proposant une swing-pop originale, le groupe bénéficie ce soir d’un bon bouche à oreilles, bien aidé par le matraquage radiophonique d’"Envoi", son dernier single. En complet veston, la formation dégage d’emblée une grande classe. Piano, contrebasse, guitare, violon et batterie pour tout matériel, les Belges entament "If You Don’t Go, I Go", titre à l’ambiance feutrée. Présenté ainsi, Absynthe Minded a presque l’allure d’un groupe signé chez Blue Note. Bert, le frontman, possède un charisme indéniable porté par un visage aux traits juvéniles, un joli accent flamand et une voix brute de décoffrage. Pourtant, la formation retourne bien vite sa veste pour proposer des morceaux plus rock, dans la plus pure tradition belge des Zita Swoon et autre dEUS. La comparaison avec dEUS est d’ailleurs saisissante tant la voix de Bert et la structure de certaines compos ("Dead On My Feet" notamment) flirtent avec celles du combo flamand.

Les Belges tentent d’installer sur leur prestation un équilibre entre des influences pop anglo-saxonnes et un côté jazz manouche rafraîchissant. Cela ne fonctionne malheureusement pas toujours, et le groupe perd à de nombreuses reprises l’attention des spectateurs. En dehors du final endiablé de "Dead On My Feet", les créations rock d’Absynthe Minded lassent par trop de classicisme. Dommage. D’autant plus que le groupe développe une toute autre énergie quand il repasse en mode quartet jazz. Le magnifique final en forme d’improvisation en est une belle preuve. A voir cette dichotomie, le spectateur peut même s’interroger quant à l’intérêt qu’éprouve le groupe à jouer ses balades pop. Du contrebassiste au pianiste, tous les musiciens semblent s'ennuyer lors de ces parties. L’exécution à la va-vite du tube "Envoi", n’en est qu’un exemple. Une impression en demi-teinte qu'une reprise moyenne d'"Amsterdam" de Brel en rappel ne parvient pas à effacer.

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