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Compte-rendu de concert

Eiffel


Date : 17/11/2012
Salle : Echonova (Vannes)
Première partie : The Same Old Band
Nicolas, le 23/11/2012
( mots)
Cruel dilemme en ce samedi soir morbihannais où, de façon inexplicable et alors que les occasions de sortir se décrasser les oreilles se comptent sur les doigts d’une main chaque année, il nous faut composer avec deux affiches simultanées. A notre gauche, Auray et sa soirée Nuits Soniques forte de son affiche franco-belge (Absynthe Minded, BRNS et Purple Mountain), et à notre droite, Vannes avec Eiffel. Alors que je pensais initialement jouer les flemmards et sortir à domicile, c’est Foule Monstre, dernier rejeton en date des bordelais fraîchement tombé dans mon escarcelle, qui me convainc de faire une vingtaine de kilomètres en plus, une paille, pour jouir une nouvelle fois de l’univers Humeau.

L’Echonova fait salle quasi-comble ce soir, preuve que le rock français a encore un peu d’espoir à susciter. A l’entrée, un type me distribue un flyer vantant la réédition de Tostaky... ah ben oui mais eh, mec, moi je suis venu voir jouer Eiffel ! Parce que Bertrand Cantat est là aussi ce soir, hein ? Non mais des fois... il est un fait que le fantôme de Noir Désir planera toujours sur Romain Humeau et sa bande, mais est-ce vraiment la peine de toujours appuyer avec le doigt là où ça fait mal ? Pour le moment je me dirige vers la salle où s’époumone déjà The Same Old Band qui assure la première partie. Une surprise intéressante que ces bretons qui s’adonnent à un rock psyché rétro typé ricain porté par une basse très lourde, une guitare qui s’évade de son carcan à la moindre occasion et une batterie bravache. La voix du guitariste s’étire en de longues plaintes lascives assez saisissantes, dommage que les secondes voix du bassiste soient à ce point fausses. Mine de rien, le groupe fait son petit effet et met facilement la salle dans sa poche. Un petit "Sympathy For The Devil" en guise d’adieu, et c’est terminé, le temps d’aller se jeter une binouse dans le gosier en attendant la suite.

Une bonne demi-heure plus tard, ça y est, Eiffel entre en scène au son des beats d’un "Place de mon coeur" qui se charge de prendre la température. Un morceau emballé au poil, dont le potentiel tubesque ne se dément pas joué en live. L’occasion de nous apercevoir qu’un cinquième larron, en la personne de Frédéric Ozanne, a pris place dans l’effectif en se chargeant des claviers et même de l’accordéon sur "Milliardaire". Les bordelais se parent donc d’atours plus "modernes", en tout cas synthétiques, pour illustrer au mieux le dernier album qui marque clairement un tournant pop et accessible du rock bargeo-littéraire de Romain Humeau. Une fois le morceau emballé, l’homme se fend d’une de ses sorties pince-sans-rire dont il a le secret, l’air faussement affligé : "Salut Vannes ! Oh mais dites-moi, on dirait que vous avez rempli la salle !" Allusion à un passé douloureux et aux multiples galères rencontrées par le groupe depuis presque quatorze ans ? Probable. Toujours est-il que le contact d’Humeau reste le même qu’avant, détaché, vaguement halluciné, complètement dans son monde. Un peu plus loin, il s’ouvre néanmoins : "On vient de sortir un nouvel album, Foule Monstre, et il est vachement bien. Il est vachement bien sur disque, en téléchargement légal, en téléchargement illégal aussi, mais je ne sais pas si vous avez remarqué, il est quand même bien meilleur sur disque !" Rires entendus de l’assistance, avant que l’intéressé ne renchérisse : "Du plaisir ? Et comment ! Je ne suis pas venu ici pour ne pas prendre mon pied !". Le set s’enchaîne alors, et un constat s’impose : les vieux suiveurs l’auront mauvaise ce soir tant Humeau a décidé de ne laisser qu’une place d’honneur à ses trois premiers albums, tandis que Foule Monstre et A Tout Moment, eux, squattent 80 % du concert. L’occasion pour la foule d’essayer de reprendre en choeur les refrains d’Eiffel sur les invectives de son chanteur, même si, clairement, seuls les acharnés du verbe peuvent se permettre de mémoriser et de déclamer les paroles complexes du bordelais. Pas étonnant, finalement, qu’Humeau s’essaye à plus de simplicité, et c’est sans surprise que les hits du nouvel album, "Libre", "La Chamade" ou encore "Le Même Train", parviennent le mieux à soulever tranquillement la foule. Tranquillement, c’est le mot : pas d’enthousiasme débridé, les auditeurs d’Eiffel se révèlent sages, presque recueillis devant les déclamations du prophète à la manoeuvre.  Les harangues d’Humeau restent pour la plupart sans effet, à moins qu’il n'insiste, voir qu’il n'insiste très lourdement pour que la plèbe partage son enthousiasme. On en arrivera à ce moment surréaliste qui ponctue "A tout moment la rue" au cours duquel le chanteur bondit dans la fosse, se fraie un passage jusqu’au milieu de la salle, au coeur d’une assemblée interloquée, puis enjoint les spectateurs à s’accroupir totalement en chuchotant en coeur le refrain pour ensuite repartir de plus belle vers des acclamations engagées. Hum, étrange.

Malgré tout, le concert se poursuit et Eiffel assure largement le spectacle, que ce soit Romain Humeau au micro, Estelle à la basse aussi zen qu’une Kim Deal frenchie, Nicolas Bonnière, l’ex Dolly à la gratte survoltée ou encore Nicolas Courret, impeccable derrière son drum kit minimaliste. Le set est carré, techniquement en place, irréprochable, et les nouvelles sonorités apportées par les claviers trouvent justement leur place. Les guitares rugissent tout de même de temps à autre ("Chamade", "Frères Ennemis", "Le Coeur Australie"), et les nouveaux airs pop du groupe enchantent positivement. Dommage, cent fois dommage, que Humeau ne se lâche pas autant vocalement que sur album, on aurait vraiment aimé retrouver les déchirements stridents des "Frères Ennemis" et autres "Chamade". Autre ombre au tableau, un rappel pour le moins singulier où, loin de relancer l’énergie, Romain Humeau choisit des morceaux introspectifs et très imagés comme le truculent et graveleux "Hype", choix sympathique en milieu de concert pour détendre l’atmosphère mais plutôt déroutant au moment des adieux. Même son de cloche avec la mise en chaos sonique du poème de Vian "Je voudrais pas crever", théâtral et largement surjoué par un Humeau qui perd en quelques minutes l’énergie de son concert. Pourquoi ne pas avoir mis un point final à la soirée avec le percutant "Chaos Of Myself", entonné quelques temps avant et qui avait largement remué l’auditoire ? Encore une énigme sans réponse. Pour autant, les bordelais ont largement rempli leur contrat ce soir, et même si on s’attendra toujours instinctivement à surprendre à l’arrache les poses tragiques et les pétages de plomb d’un Cantat lors d’un concert du clan Humeau, il est certain que, petit à petit, la jeunesse française commence à envisager un avenir sans Noir Désir... et avec Eiffel, donc. Il serait en effet grand temps de tourner la page.

Setlist :

  1. Place de mon coeur
  2. Libre
  3. Il pleut des cordes
  4. (Tomorrow never knows intro)
  5. Nous sommes du hasard
  6. Milliardaire
  7. La chamade
  8. Frères ennemis
  9. Le coeur Australie
  10. Sombre
  11. Dispersés
  12. Le même train
  13. A tout moment la rue
  14. Sous ton aile
  15. Chanson trouée

Rappel 1
  1. Foule Monstre
  2. Je m'obstine
  3. Chaos of Myself

Rappel 2
  1. Hype
  2. Je voudrais pas crever
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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