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Compte-rendu de concert

Foals


Date : 26/03/2013
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie : Jagwar Ma
Mathilde, le 02/04/2013
( mots)

Un concert attendu et complet ce soir à l’aéro. C’est en masse que le public débarque voir les poulains de compèt qui en sont à leur troisième album et à leurs premiers succès FM avec Holy Fire. Des gens branchés, de bon goût et de tous âges. L’élégance transgénérationnelle arrosée de bière. La première partie est officiée par Jagwar Ma, un groupe applaudi outre manche par NME et consorts pour sa rave-music directement inspirée de la mouvance Madchester. Un petit  personnage à la chemise grungy s’occupe du chant, un autre de la programmation, et un grand échalas façon saucisse avec des bras s’agite à la basse. Les titres s’enchainent de façon fluide et introduisent assez pertinemment une soirée sous le signe du planant et de la magie vaudou. Leur titre le plus dénudé et postpunk "Come Save Me" achève de convaincre la foule de se bouger et de se rapprocher le plus près de la scène,  en essayant de se faufiler entre des gamins grands comme des tours de contrôle.

Arrive le tour des Foals, avec des éclairages oniriques et feutrés qui rappellent la dernière pochette d’album de The Horrors. Les gamins d'Oxford attaquent fort avec "Balloons" et son charmant gimmick "there is a thing called" repris en chœur par les fans de la première heure. Philippakis affiche en permanence sa bouille d’ourson ronchon qui vient de se réveiller, mais tente plusieurs connexions avec le public, les yeux mis clos et les bras en l’air, comme en signe de bénédiction. Le batteur est incroyable, derrière son air de ne pas y toucher, il enchaine des rythmes asymétriques alambiqués sans aucun signe d’effort. Une vraie belle démonstration de style et la clé de voûte des rythmes algorithmiques de la fonction polynôme du second degré du groupe. Foals a avoué dans de récentes interviews vouloir se lâcher et se débarrasser de sa psychorigidité musicale dans l’abord de ses chansons. C’est donc pas mal de titres calmes et détachés du troisième album ("Prelude", "Milk & Black Spiders" ,"Late Night", "Blue Moon")  qui parsèmeront la soirée. On peut y voir un bémol, car enchainer plusieurs chansons-berceuses fait retomber l’énergie du public, et là entre Miami et le Sahara, c’est la traversée du désert (cf setlist).


Quelques titres catchy de Holy Fire sont fort heureusement dégainés ("Providence", "Inhaler" et son break hardos et le tubesque "My Number"), deux d’entre eux permettent au chanteur d’aller se prendre un bain de foule, en position fœtale très caractéristique du petit monsieur. Yanis style. Il dégommera également de nombreux pieds de micro qui iront échouer devant le premier rang. On aurait sans doute préféré se faire surprendre plus régulièrement par les bombes neurasthéniques qui avaient contribué aux succès des débuts de Foals ("Cassius", "The French Open" et autre"Mathletics"). L'audience devra se contenter de "Red Socks Pugie" et "Electric Bloom", qui confirment le vrai travail d’orfèvre effectué sur les deux premiers albums. Beau moment dilaté avec "Spanish Sahara" qui prend place à la moitié du set et qui permet de dégainer les briquets, rétromanie quand tu nous tiens. C’est une nappe de son qui envahit la salle et qui se mêle à la chaleur équatoriale, au hammam géant qui a gagné l’espace. Manque plus qu’un diffuseur d’huiles essentielles. Après un long rappel, pendant lequel les petits chevaux se font désirer, c’est le bienheureux "Two Steps Twice"(enfin!) qui conclue le set à grands coups de "papala papala". Le public est en liesse, transpirant comme c’est pas permis.


On sort donc de ce concert finalement assez enchanté car le package rock a été respecté : des titres dansants, saupoudrés de bras en l’air, d’éclairages léchés, de litres de sueur, de pogos et de slams réguliers…. Tout était là et bien en place pour s’accrocher la banane jusqu’au plafond.  Mais il reste comme un arrière-goût de sentiments partagés face à une performance qui a manqué de profondeur. Bien dommage. A trop vouloir respecter le guide du parfait petit rockeur, ce soir il y a eu comme un manque de spontanéité, ce truc en plus qui rend un concert mémorable. Un supplément d’âme. Quelque chose d’assez artificiel a bouffé le liant du set, a assombri ce groupe pourtant très brillant, aux mille qualificatifs et au batteur de génie. Ou comment un groupe doué et précis peut parfois sonner faux. La faute au succès récent qui les fait se reposer sur leurs lauriers (grecs)? Au sérieux inébranlable du groupe? Au mauvais enchainement des titres? Au fait que certains de ces derniers soient moins incisifs et mordants que par le passé? C’est à en perdre son latin. Et son poulain.

Crédit photos: C. Bardey

 Setlist:
- Prelude
- Balloons
- Olympic Airways
- My Number
- Out of the Woods
- Miami
- Milk & Black Spiders
- Blue Blood
- Late Night
- Providence
- Spanish Sahara
- Red Socks Pugie
- Electric Bloom

- Blue Moon (new song)
- Inhaler
- Two Steps, Twice

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Pearl Jam


Gigaton


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Si tout le monde connaît l’adage “qui aime bien châtie bien”, il semblerait que certains fans aient du mal à laisser leur formation fétiche se faire vertement critiquer, quand bien même elle n’aurait à l’évidence pas réellement cherché à se surpasser. Qu’on ne s’y trompe pas : Pearl Jam est un grand groupe, l’un des meilleurs à avoir émergé durant la décennie 90, une formation techniquement solide, artistiquement intègre et qui peut de surcroît compter sur un chanteur d’exception, mais un groupe qui a eu un peu trop tendance à vivre sur ses acquis durant les vingt dernières années. D’aucuns auront pu se contenter des corrects Lightning BoltBackspacerRiot Act et autre PJ (on peut même y ajouter un ou deux disques au passage) tandis que d’autres auront conspué le quintette de Seattle pour son évidente paresse. Rétrospectivement, et à l’écoute de ce Gigaton assez inespéré, ces derniers n’avaient pas tort, même si l’horizon Ten - Vs - Vitalogy paraît encore bien loin.

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