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Compte-rendu de concert

Green Day


Date : 02/10/2009
Salle : Zénith (Toulouse)
Première partie :
Jerome, le 07/10/2009
( mots)
C'est maintenant quelque chose d'acquis. Les intentions et ambitions clairement affichées par Green Day depuis maintenant cinq bonnes années - c'est à dire depuis la sortie de American Idiot en 2004 - de devenir entre autre le poids lourd version pop-rock du XXIème siècle n'ont plus rien de secret. Billy Joe et ses acolytes ont réalisé un véritable tour de force : relancer un carrière sur le déclin tout en se mettant dans la poche une nouvelle génération entière d'auditeurs. Cela ne sert donc plus à rien de s'attarder sur la première époque du groupe, ni même sur son affiliation au mouvement punk lors de ses débuts dans les années 90. Même si ça fait un peu mal de le dire, autant ne pas se voiler la face. Green Day aujourd’hui est une grosse machine bien huilée adepte de MTV et des plateaux télé (qui a dit "comme U2" ?). Alors que peut on attendre en 2009 du gang de Berkeley quand toute une partie de son adolescence s'est déroulée au fil des pistes de Dookie et Insomniac ? Un premier élément de réponse âgé d'à peine plus de quinze ans faisait déjà le planton sur le bitume du Zénith de Toulouse. Ce soir, on aura visiblement plus de chance de croiser sa petite soeur que ses potes de lycée.

20h30. Extinction des feux alors que les cris suraigus s'élevant de la fosse ont vite fait de nous flanquer la chair de poule. Mais pas la bonne. Et alors que "Song Of The Century" se fait entendre dans les enceintes, on reste les yeux rivés sur la scène. De ce côté la au moins, pas de surprise. Les types sont des bouffeurs de stade. Toile de fond en guise d'écran géant avec décor typé urbain cachant le mur de baffles, scène surdimensionnée avec avancée dans le public et premiers malaises aux premiers rangs. Il faut dire que depuis que Billy Joe s'est mis à investir dans le mascara et qu'il s'est fait la même coupe de cheveux que l'autre Billy (celui de Tokyo Hotel...), on ne le regarde plus de la même façon dans les cours des collèges. Et il le sait. Mais soit, soyons bon joueur. Au fond, de notre côté, il n'y a que la musique qui nous intéresse. Sauf que là aussi le bât blesse. La première volée de titres piochés aussi bien dans 21st Century Breakdown que dans American Idiot est rondement menée, carrée à souhait mais manque cruellement de mordant. On nous aurait passé les disques et laissé une bande de guignols jouer sur scène, le résultat aurait été le même. Les bâillements sur "21 Guns" et "Boulevard Of Broken Dreams" aussi. Certes, il y a bien tous ces petits effets pyrotechniques ("Know Your Ennemy"), ces petites explosions aux bons endroits et aux bons moments, mais ce n'est que de l'esbroufe. De la poudre aux yeux. Et qu'est ce que c'est que cette manière d'haranguer le public toutes les cinq minutes. Le petit Billy aurait-il si peu confiance en lui qu'il préfère se rassurer en jouant avec son auditoire le plus souvent possible ? Pitié.

On sombre petit à petit dans une lente léthargie musicale, parsemée néanmoins de quelques bons moments comme "St. Jimmy", quand soudain, l'inespéré se produit enfin. Billy empoigne Blue, sa fameuse guitare fétiche, et le groupe se lance dans un "Hitchin' a Ride" rageur. Et le concert prend alors une toute autre tournure. Le combo laisse enfin tomber ce côté pompeux et prétentieux pour revêtir un autre visage. Celui d'une bande de potes enchaînant les titres sans se prendre au sérieux. "When I Come Around", "Welcome To Paradise", "She" ou encore l'incontournable "Basket Case", et c'est toute une époque qui nous éclate aux tympans. Les spectateurs défilent sur scène, prenant la place du chanteur le temps d'un titre alors que la fosse se met enfin à transpirer pour autre chose que le plaisir d'être compactée. Telle une pile électrique, le petit chanteur maquillé continue son marathon sur les planches, aspergeant le public avec son pistolet à eau ou son ventilateur à papier toilette, mais avec une bonne humeur qui fait plaisir à voir. On est loin de l'ambiance plus pesante du début. La gente masculine post adolescente ne s'y trompe d'ailleurs pas en éjectant de force les groupies entassées sur les barrières et en pogotant de bonheur quand toute la bande revient déguisée pour un "King For A Day" à rallonge. Et apercevoir Billy Joe Armstrong les fesses à l'air et un boa rose autour du cou alors que Tré Cool se lèche des seins imaginaires a tout du clou du spectacle.

Mais après plus de deux heures de concert et un premier rappel ponctué par un "American Idiot" noyé sous une pluie de confettis, quelle surprise de voir le chanteur refouler les planches pour une petite session acoustique sans intérêt. Pourquoi ne sont-ils pas partis la tête haute et en pleine apothéose ? Besoin de reconnaissance individuelle ? Envie de contenter tout le monde ? Résultat des courses, on ressort de la salle avec un sentiment mitigé mais tellement prévisible. Comme une impression d'avoir assisté à deux concerts différents. Oui, Green Day est le groupe du moment et Billy Joe Armstrong le nouveau porte parole de toute une génération. Difficile à croire quand on sait que les trois compères peuvent se vanter d’afficher pas loin de vingt ans de carrière au compteur. Le seul petit problème est qu'à force de vouloir contenter deux générations entières de fans, il ne faudrait pas finir par lasser tout le monde. Ce soir, Green Day est au moins mort deux fois. Pour mieux ressusciter par moment. Et finalement, on en viendrait presque à les espérer bientôt vieux et has been. Que l'on retourne enfin aux choses sérieuses.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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