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Compte-rendu de concert

Syd Matters


Date : 17/03/2012
Salle : Le Grand Mix (Tourcoing)
Première partie : Thousand
Mathilde, le 26/03/2012
( mots)


Tonight, c’est une soirée un peu  spéciale qui se trame à Tourcoing puisque Syd Matters vient y achever (diantre, quel mot violent) la tournée de leur quatrième album, Brotherocean. Un concert qui s’annonce par avance lumineux.
Place à la première partie.  Un chanteur du genre lonely cow-boy, une claviériste très enjouée, Olivier de Syd Matters à la basse et un batteur aux faux airs de Zachary Quinto, voici Thousand qui vient défendre  The Flying Pyramid sorti cette année et à propos duquel la plupart des magazines rock sont unanimes : ça gère la fougère. Et ils n’ont pas tort. Ce groupe de pop/blues/folk un peu sombre sait alterner des instants fragiles à la Cocoon puis faire danser la foule en balançant à plusieurs reprises des rythmes enjoués, parfois limite type caribéens. Voilà une formation qui met du cœur à l’ouvrage, en confèrent les belles mélodies qui se dévoilent au fil des morceaux et  qui viennent chatouiller nos oreilles à des moments inexpectés.  Un moment intimiste pour nous et intimidant pour eux, tout fiers d’être présents ce soir. Ils ne l’ont pourtant pas démérité.

C’est donc la centième et dernière date de la tournée  Brotherocean. Un dernier opus qui se démarque de ses petits frères par son ambiance encore plus éthérée, comme moins grave voire moins triste qu’ont pu l’être avant lui Ghost Days ou A Whisper And A Sigh. Enfin, faut le dire vite car leurs chansons, rassurons-nous, sont toujours aussi mélancolico-mélancoliques. Brotherocean c’est une invitation au voyage au gré des flots des angoisses humaines, comme le résume bien "River Sister" qui ouvre doucement le set, en ruisselant : "Echo in the water is playing with my hears". Lui succédera  le solaire "Wolfmother" qui permet de se rappeler pourquoi on aime voir les Syd Matters en live : pour les voir chanter à mille voix via des chœurs bien troussés, et la dose de percussions qu’ils ajoutent, sur lesquels on verra notamment réapparaitre le chanteur de Thousand. "Hi Life" et ses premiers accords de piano à la "Love Long Distance" de Gossip (sans les rollers et les paillettes bien sûr) lance définitivement la soirée.
Ce concert, c’est l’occasion aussi de renouer avec les origines, et de nombreux titres issus de Someday We Will Foresee Obstacles seront mis à l’honneur comme "Watcher", "Middle class men" et "Obstacles " On se rappelle avec émotion ce premier album émaillé de sensibilité vacillante qui a permis à ce groupe de génie d’être considéré  comme étant une des rares tête de proue de la scène rock française. Même s’ils détestent l’avouer, ou juste en parler. Et même parler tout court. Ce soir, la communion avec le public n’est d’ailleurs pas tissée de blagounettes et autre boutades facétieuses mais bien de musique avec un grand M. Pour Syd Matters, elle n’est certainement pas exprimable par des mots. Et ce n’est pas le chanteur Jonathan Morali (notre Rufus Wainwright national) qui démentira: "Je voudrais dire quelque chose… mais je préfère jouer" lâchera-t-il. Tout pour la musique.


Une ambiance toute particulière est en train de s’installer, on remarque que le public de jeunes adultes à l’oreille avertie se laisse à fermer les yeux, comme pour mieux savourer les mélodies. Le groupe sourira à l’audience et les remerciera régulièrement : "Merci d’être là".
La gratte, les percus, la basse, le synthé seront échangés à tout de rôle. Ces gars sont de vrais touche-à-tout. "Cloudflakes" et cette petite corde de guitare qui sonne volontairement faux impose particulièrement le respect, tout autant que "Bones" et ses paroles glauques mais élégantes "Danny found these vile creatures/ In the deep place of the room/ They said we don’t have any feathers/ We haven’t even got bones". Le groupe a concocté la b.o du film La Question Humaine, mais parfois on aurait presque envie de les voir collaborer avec Tim Burton. La chanson s’étire à l’envi avec une maitrise infaillible. Chaque section se pose avec la régularité d’une montre suisse. Même le déchainement hallucinogène final est retenu juste ce qu’il faut par des musiciens aussi appliqués qu’inventifs. La foule est gentiment en délire.
 Généreux et attentionnés mais pas expansifs pour un sou, on s’occupe ici que de nos oreilles. Et on s’en occupe bien, puisque le groupe est ultra perfectionniste et sollicitera de façon récurrente la régie son pour régler les moindres détails, au nanomètre près. Et puis si on tape dans les mains alors que ce n’est pas le moment, ils n’hésitent pas à nous faire (doucement) taire. On ne touche pas aux chansons de Syd Matters, elles sont bien trop précieuses.  L’émotion regagne les écoutilles avec l’incantatoire "I Might Float". Finalement Jonathan reviendra seul avec sa guitare et sa chanson "Motion", sur ces bons mots: "And if living is a motion/ I was dead when I was young".

Inutile de préciser que l’instant fut magique, bien que l’album A Whisper and a Sigh ait un peu manqué à la setlist. Comme le joueur de flûte du conte des frères Grimm, le groupe nous a envoutés mais, tout bien considéré, on n’a pas franchement envie d’une noyade collective ("There’s something in the water that tells me to comme in" dans "River Sister") mais plutôt d’applaudir cette quête acharnée du juste et de l’esthétisme au service de l’émotion. Les Syd Matters ne sont pas connus pour leurs performances scéniques débridées mais bien pour le soin maniaque qu’ils apportent à leur musique et une chose est sûre, elle n’a pas fini de nous fasciner.

Crédits photos: C. Bardey

Photos de Thousand: http://www.albumrock.net/photos/764-photos-concert-thousand.html

Photos de Syd Matters: http://www.albumrock.net/photos/765-photos-concert-syd-matters.html

Setlist :
- River Sister
- Wolfmother
- Hi Life
- Watcher 
- Cloudflakes
- Bones
- I Might Float
- Hadrian Wall
- Halalcsillag
- Middle Class Men
- Rest
- Anytime Now
- Obstacles

Rappel:
- Motion

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