Compte rendu de concert
J'ai fait une chronique aussi, j'y été
je poste su le forum des Eurockeennes de Belfort et je suis venu de Nancy pour ce concert (et aussi pour des vacances en Vendée mais bon...
)
Arcade Fire + Final Fantasy @ Olympic, Nantes, 22/08/2005
Voilà, j'y suis, depuis 17h au moins, des fans attendent devant l'entrée de cet ancien cinéma niché dans un charmant petit quartier-village en marge du centre-ville nantais.
En descendant la rue, on croise Regine, Tim et William qui, habillés à la ville, ressemblent à leurs fans, des 20-30 ans, plutôt hétéroclites, gentils losers, intellos branchouilles, vrais et faux bohêmes, rockers de tout horizons...
Bien entendu c'est complet, les reventes atteingnent 50€.
Bonne surprise en entrant dans la salle, c'est joli, peu profond, la scène est haute, bref même le leader des Killers s'il restait au bar verrait la couleur des soquettes du batteur !
Le balcon propose des fauteils de ciné trop confortables, on leur préférera les premiers rangs face aux chanteurs... On y accéde d'ailleurs sans aucun problème et on se dit que c'est là notre chance, dans n'importe quel festival, il aurait fallu faire le pied de grue pendant des heures pour avoir un tel point de vue !
La première partie est dénomée Final Fantasy, un violoniste expert en superposition de boucles, qui seul avec sa (belle) voix et son archet (qu'il tient d'ailleurs super haut), produit des chansons finalement trés denses, au début on a du mal à rentrer dans son univers ("Final Fantasy ? On dirait plutôt la musique de Zelda... Tu sais quand on passe dans un village..." me glissera un grand comique) et puis finalement, ça marche bien, on se laisse emporter par les des mélopées douces et complexes... On pense à un Andrew Bird solo, plus chiadé et donc moins immédiatement touchant... Avec ça, Owen Pallet (il peut jouer sous son nom, c'est mieux...) est rigolo, pince-sans-rire et semble improviser son concert. Un rappel lui sera accordé !
Faut dire que les gens sont contents d'être là, entre Lowlands, Pukkelpop et ReS, se retrouver ici, on y croît pas !
On est bien, il fait chaud mais on est bien, même pas compréssé. Il entre sur scène à 8, les 6 membres "photographiés" et ceux qui les accompagnent en fonction des tournées, ici Will, petit frère de Win et Owen au deuxième violon, la première partie quoi... C'est deja l'ovation... Ils sont calmes, ne saluent pas, boivent de la Cristalline (pourquoi tout les rockers boivent ou de la Kro ou de la Cristalline ?), et tout ce petit monde s'accorde tranquillement et audiblement jusqu'à intensification de ces parasites et au milieu de tout ça, le riff de "Tunnels", puissant, surgit...
Départ du Grand 8 émotionnel, le son est splendide, clair et puissant. Alignés sur le devant de la scène, les musiciens debouts, avec ou sans micro, chantent tous à tue-tête...
L'impression visuelle est un choc, on ne sait pas ou donner de la tête, 8 personnes tellement investis dans leur musique, c'est trés beau...
Sur "Crown Of Love", la voix de Win Butler gagne en émotion, sans faire tomber ses cassures dans la caricature, le masque triste du leader tombera peu à peu mais il reste le membre du groupe qui s'exprime le moins corporellement parlant, pourtant il est fascinant, un écorché pudique au physique à mi-chemin entre un bucheron du Saskatchewan et Arthur Rimbaud...
L'émotion que dégagent les chansons de "Funeral" est, comme si c'était possible, décuplée, les arrangements discretements remaniés mettent plus en avant les guitares et violons au dépens des synthés...
Avec "No Cars Go" et "Laïka", le ballet des instruments et la folie du groupe s'exprime de plus bel, comme à leur habitude, Will et Richard jouent aux Dumb & Dumber avec des baguettes en tapant sur tout ce qui traine, casques, retours, postérieurs mutuels... Ce numéro a beau être chorégraphiés, ça ne les empêche pas de le faire avec sincérité et pendant ce temps le public adopte l'attitude dansante et gueulante. Richard, grand rouquin binoclard et le 3ème leader du groupe, l'entertainer, le grain de folie, l'homme à tout faire, le hurleur...
En #2, on placerait bien entendu Régine qui quand elle prend le micro, doit voir des bouches et des coeurs ouverts. Mimiques de Betty Boop robotique ou de petite fille, "Haïti" est une chanson coquine (sans allusions) et tranche sans détonner le concert...
3 chansons plus calmes suivront, dont 2 de l'EP recemment réedité, ils sont contents d'être là, ne snobent pas la petitesse de la salle au contraire (Régine "On fè des grös faïstivâls alooors çâ faï plèsiir éci dons ène tit' sâlle por èn souèr"), s'étonnent chaque jour de leur succés (Win : "How many people are from this town ? The half ? How many from Paris ? just the few there... Marseille ? Toulouse ?")
Le premier final est fabuleux : "Power Out" réveille sec, toutes guitares dehors, xylophones et violons déchainés, tout le monde danse sur cet chanson qui est pourtant la plus troublante déclaration de douleur entendue sur "Funeral", c'est aussi ce qui fait de la force de ces chansons, joie et peine marche toujours mains dans la main... Le final bruitiste est immense et éclot au millieu la basse du trés post-punk "Rebellion (Lies)", énimème exultation... Enfin, quand je dis post-punk, on est quand même loin de Maximo Park hein ? Ca me fait penser à Babass qui ralait pour que l'on dise Arcade Fire et non pas The Arcade Fire... A Montreal, la rythmique dansante et stoïque, les voix de Curtis-Robert Smith, les riffs Gang Of Four sont là mais ne se suffisent jamais à eux-mêmes, et puis ils donnent l'impression de pouvoir s'en passer...
Le rappel est évident, sur "Wake Up", le public chante autant que la troupe qui prend un réel pied... Régine achève sur un "In The Backseat" d'une intensité démantielle, voix parfaite, break et explosion de guitares, Win ému, pose le chevalet de sa basse Danelectro dans la croupe de sa belle, ces deux là sont nos meilleurs amis... Le micro tombe, nous aussi, Régine descend le chercher dans le public puis non... traverse la salle ou se forme un couloir vers la sortie (j'en suis au premier rang), les autres continuent de jouer et de faire les choeurs, puis sans s'arreter suivent Régine un par un... Joue plus ou moins dans la fosse sans heurts, puis vont boire un coup dans le troquet d'à côté...
:shock:
300 personnes expriment leurs joies, une fois encore, devant le batteur, dernier membre à être rester sur la scène...
On en est encore bouche bée. L'impression d'avoir vu le concert parfait : un groupe si sur de la qualité de son repertoire qu'il le vit et le secoue intensemment chaque soir... Un groupe à l'attitude parfaite, proche du public, sincère, généreuse et lucide.
Les reverra-t-on dans les mêmes conditions, s'agit il d'un one-shot miraculeux ou du début d'un carrière énorme ?
Peu importe, aujourd'hui, 22 Août 2005, on a vu le meilleur groupe du monde !
Set-List Arcade Fire 22/08/2005 à Nantes (erreurs probables)
1. Tunnels
2. Crown Of Love
3. No Cars Go
4. Laïka
5. Haïti
6. Old Flame (?)
7. My Heart Is An Apple
8. Une Année Sans Lumière
9. Power Out
10. Rebellion (Lies)
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11. Wake Up
12. In The Backseat
The Raconteurs - Luxembourg-Ville
Rage Against The Machine - Paris
Metallica - Hasselt
Maxïmo Park - Luxembourg-Ville
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