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Compte rendu de concert

Concert de Arcade Fire a Nantes

Voir la fiche groupe Arcade Fire


Le : 22/08/2005
Salle : Olympic (Nantes)
Première partie : Ø

Auteur : Tim
(Publié le 26/08/2005)

Imaginez Arcade Fire à l'Olympic, c'est un peu comme si Radiohead venait jouer dans votre salon. Enfin pas totalement pareil, ce groupe n'a pas encore la notoriété du groupe d'Oxford mais bon, dans une salle intimiste comme celle-ci le concert risque de tenir toutes ses promesses. En se garant, on croise Réginne Chassagne, Will Butler et Tim Kingsbury, interviewés un peu plus tôt l'après midi, qui cherchent à visiter le coin... Dommage pour eux chantenay n'est pas le quartier le plus touristique et ils ne pourront pas voir le château, on leur à bien proposé de les emmener faire un tour rapide en voiture mais ils nous conseillent quand même d'aller voir la première partie. Ce sera pour la prochaine fois.

La première partie justement, indiquée nulle part, même pas à l'entrée le soir du concert. Il s'agit en fait de Final Fantasy composé uniquement d'Owen Pallet, violoniste, qui joue ce soir avec Arcade Fire . Dit comme ça, cela semble vite vu. Sauf qu'en fait il fait des boucles à partir de samples de son propre violon composant ainsi plus qu'une simple partition. Par la même occasion il chante et plutôt de belle manière. Le tout est fort agréable et nous emmène dans un univers décalé qui nous rapproche de celui d'Arcade Fire, bien pour une première partie me direz-vous. Conscient que les gens ne sont pas  venus pour lui et qu'ils ont sûrement l'impatience d'entendre les chansons de l'album Funeral, il s'excuse presque d'être là, dit qu'il va se dépêcher. Il s'essaie même à quelques mots de français, bien bien. Il termine sa prestation accompagné par le batteur d'Arcade Fire. Parfait pour faire monter la salle en puissance avant de quitter la scène et de nous laisser pour la suite du concert. Il n'en sera rien, devant les applaudissements il reviendra nous jouer une chanson supplémentaire, un rappel qui n'était certainement pas prévu (pour une fois).

Les membres du groupe entrent sur scène et s'installent face à nous, de front. Seul le batteur est un peu en retrait (normal) et Régine n'est pas encore là. Si mes souvenirs sont bons (j'en ai tellement après ce concert). Le concert commence comme l'album par "Tunnels". On rentre directement dans le vif du sujet, quelle énergie! Tous les membres chantent même ceux qui n'ont pas de micro. Les sensations qu'avaient pu procurer l'album sont décuplées dès les premiers instants, le plaisir communiqué par les membres d'Arcade Fire se ressent déjà sur toutes les têtes. Le concert s'enchaîne avec l'arrivée de Régine cette fois-ci mais discrètement, derrière, à la batterie. Elle y restera pendant deux chansons avant de venir sur le devant de la scène. Cela illustre bien le ballet qui s'offre à nous, entre chaque chanson chaque membre (mise à part Sarah Neufeld et Owen Pallet aux violons) changeant d'instrument. La folie qui se dégage du concert est difficilement descriptible mais elle monte de plus en plus. Les guitares s'énervent et Richard Parry avec son acolyte Will Butler se donnent à un exercice de marathon/percussion sur scène en frappant sur des casques de moto avec des baguettes de batterie tout en se courant après faisant tomber des cymbales qui traînaient par là, génial!

Ceux qui n'ont jamais assisté au concert ou encore ceux qui ne connaissent pas la musique de ce groupe québécois pourront trouver en mes mots pleins d'euphorie la source de railleries du style 'ouais encore de la musique barrée, n'importe quoi, ça ne doit pas être terrible...'. mais il n'en est rien! Leur musique est belle et bien construite et la folie qui s'installe sur scène ne la dessert pas. Bien au contraire, elle leur permet de la transcender. Leur folie ajoute à l'excitation du public qui au bout de 3 chansons semble déjà à son paroxysme. Ils continueront avec quelques chansons plus calmes dont notamment "No Cars Go" et "My Heart Is An Apple" issues de leur premier EP auto-produit et réédité depuis le succès de leur Album.

Après avoir demandé aux spectateurs d'où ils viennent (majoritairement de Nantes mais certains sont  venus de Paris, de Toulouse et même de Marseille semble-t-il, à moins qu'ils plaisantaient) Win Butler lança un 1...2...3 pour entamer de manière explosive "Powers Out". Et là, la claque!!! L'incommensurable sensation de puissance que produit la chanson vient chatouiller nos sens et la température extrême qui pèse dans l'Olympic me fait transpirer et me procure de légers frissons. A chaque mouvement de bras Richard Parry projette de la sueur, pas de retenue il joue corps et âme. C'est le cas de chaque membre d'ailleurs, quand il leur arrive de ne pas jouer d'un instrument ils attrapent une baguette pour frapper sur ce qui passe, xylophone, tambours ou encore directement sur les amplis.

Un groupe extraordinaire, une bande de potes comme on en voit beaucoup mais qui se transcendent sur scène laissant place à une fête autour de la musique. Sarah se déchaîne sur son violon, Richard chante tellement fort que Régine en est morte de rire, Will certainement l'un des plus déjantés pique les (horribles) lunettes de Richard puis lui passe un drap autour de la tête avant d'y ajouter un tambour pour taper dessus pendant que celui-ci continue de jouer de la guitare. Le grand Wim, au milieu de tout ça, a un regard amusé et chante de plus belle.

Ils nous quittent après un peu moins d'une heure pour mieux revenir avec "Wake Up" et terminer comme l'album avec la voix sublime de Régine sur "In The Backseat". Si ces énergumènes font passer de multiples sensations vers leur public au travers de la musique, ils ne sont pas avares en paroles, que ce soit en anglais avec Wim ou en français avec Régine. Elle a même dit que les grandes scènes des festivals c'était bien mais que cela faisait du bien aussi les petites salles. Eh oui les petites salles sont propices à plus de contact avec le public et pour vous en persuader, pensez-vous qu'à Rock en Seine ils sortiront de scène au travers du public en continuant de jouer de la musique pour sortir dans la rue et terminer en buvant une bière assis dans le bar d'à côté? Peu de chances! Ce qui est peut-être un peu plus sûr c'est que ce soir j'ai assisté à l'un des meilleurs concerts de ma vie.



Les Commentaires des Lecteurs
Keke - 29/08/2005 19:51

J'ai fait une chronique aussi, j'y été  cool je poste su le forum des Eurockeennes de Belfort et je suis venu de Nancy pour ce concert (et aussi pour des vacances en Vendée mais bon...  rolleyes )

Arcade Fire + Final Fantasy @ Olympic, Nantes, 22/08/2005

Voilà, j'y suis, depuis 17h au moins, des fans attendent devant l'entrée de cet ancien cinéma niché dans un charmant petit quartier-village en marge du centre-ville nantais.
En descendant la rue, on croise Regine, Tim et William qui, habillés à la ville, ressemblent à leurs fans, des 20-30 ans, plutôt hétéroclites, gentils losers, intellos branchouilles, vrais et faux bohêmes, rockers de tout horizons...
Bien entendu c'est complet, les reventes atteingnent 50€.
Bonne surprise en entrant dans la salle, c'est joli, peu profond, la scène est haute, bref même le leader des Killers s'il restait au bar verrait la couleur des soquettes du batteur !
Le balcon propose des fauteils de ciné trop confortables, on leur préférera les premiers rangs face aux chanteurs... On y accéde d'ailleurs sans aucun problème et on se dit que c'est là notre chance, dans n'importe quel festival, il aurait fallu faire le pied de grue pendant des heures pour avoir un tel point de vue !

La première partie est dénomée Final Fantasy, un violoniste expert en superposition de boucles, qui seul avec sa (belle) voix et son archet (qu'il tient d'ailleurs super haut), produit des chansons finalement trés denses, au début on a du mal à rentrer dans son univers ("Final Fantasy ? On dirait plutôt la musique de Zelda... Tu sais quand on passe dans un village..." me glissera un grand comique) et puis finalement, ça marche bien, on se laisse emporter par les des mélopées douces et complexes... On pense à un Andrew Bird solo, plus chiadé et donc moins immédiatement touchant... Avec ça, Owen Pallet (il peut jouer sous son nom, c'est mieux...) est rigolo, pince-sans-rire et semble improviser son concert. Un rappel lui sera accordé !

Faut dire que les gens sont contents d'être là, entre Lowlands, Pukkelpop et ReS, se retrouver ici, on y croît pas !
On est bien, il fait chaud mais on est bien, même pas compréssé. Il entre sur scène à 8, les 6 membres "photographiés" et ceux qui les accompagnent en fonction des tournées, ici Will, petit frère de Win et Owen au deuxième violon, la première partie quoi... C'est deja l'ovation... Ils sont calmes, ne saluent pas, boivent de la Cristalline (pourquoi tout les rockers boivent ou de la Kro ou de la Cristalline ?), et tout ce petit monde s'accorde tranquillement et audiblement jusqu'à intensification de ces parasites et au milieu de tout ça, le riff de "Tunnels", puissant, surgit...
Départ du Grand 8 émotionnel, le son est splendide, clair et puissant. Alignés sur le devant de la scène, les musiciens debouts, avec ou sans micro, chantent tous à tue-tête...
L'impression visuelle est un choc, on ne sait pas ou donner de la tête, 8 personnes tellement investis dans leur musique, c'est trés beau...
Sur "Crown Of Love", la voix de Win Butler gagne en émotion, sans faire tomber ses cassures dans la caricature, le masque triste du leader tombera peu à peu mais il reste le membre du groupe qui s'exprime le moins corporellement parlant, pourtant il est fascinant, un écorché pudique au physique à mi-chemin entre un bucheron du Saskatchewan et Arthur Rimbaud...
L'émotion que dégagent les chansons de "Funeral" est, comme si c'était possible, décuplée, les arrangements discretements remaniés mettent plus en avant les guitares et violons au dépens des synthés...
Avec "No Cars Go" et "Laïka", le ballet des instruments et la folie du groupe s'exprime de plus bel, comme à leur habitude, Will et Richard jouent aux Dumb & Dumber avec des baguettes en tapant sur tout ce qui traine, casques, retours, postérieurs mutuels... Ce numéro a beau être chorégraphiés, ça ne les empêche pas de le faire avec sincérité et pendant ce temps le public adopte l'attitude dansante et gueulante. Richard, grand rouquin binoclard et le 3ème leader du groupe, l'entertainer, le grain de folie, l'homme à tout faire, le hurleur...
En #2, on placerait bien entendu Régine qui quand elle prend le micro, doit voir des bouches et des coeurs ouverts. Mimiques de Betty Boop robotique ou de petite fille, "Haïti" est une chanson coquine (sans allusions) et tranche sans détonner le concert...
3 chansons plus calmes suivront, dont 2 de l'EP recemment réedité, ils sont contents d'être là, ne snobent pas la petitesse de la salle au contraire (Régine "On fè des grös faïstivâls alooors çâ faï plèsiir éci dons ène tit' sâlle por èn souèr"), s'étonnent chaque jour de leur succés (Win : "How many people are from this town ? The half ? How many from Paris ? just the few there... Marseille ? Toulouse ?")
Le premier final est fabuleux : "Power Out" réveille sec, toutes guitares dehors, xylophones et violons déchainés, tout le monde danse sur cet chanson qui est pourtant la plus troublante déclaration de douleur entendue sur "Funeral", c'est aussi ce qui fait de la force de ces chansons, joie et peine marche toujours mains dans la main... Le final bruitiste est immense et éclot au millieu la basse du trés post-punk "Rebellion (Lies)", énimème exultation... Enfin, quand je dis post-punk, on est quand même loin de Maximo Park hein ? Ca me fait penser à Babass qui ralait pour que l'on dise Arcade Fire et non pas The Arcade Fire... A Montreal, la rythmique dansante et stoïque, les voix de Curtis-Robert Smith, les riffs Gang Of Four sont là mais ne se suffisent jamais à eux-mêmes, et puis ils donnent l'impression de pouvoir s'en passer...
Le rappel est évident, sur "Wake Up", le public chante autant que la troupe qui prend un réel pied... Régine achève sur un "In The Backseat" d'une intensité démantielle, voix parfaite, break et explosion de guitares, Win ému, pose le chevalet de sa basse Danelectro dans la croupe de sa belle, ces deux là sont nos meilleurs amis... Le micro tombe, nous aussi, Régine descend le chercher dans le public puis non... traverse la salle ou se forme un couloir vers la sortie (j'en suis au premier rang), les autres continuent de jouer et de faire les choeurs, puis sans s'arreter suivent Régine un par un... Joue plus ou moins dans la fosse sans heurts, puis vont boire un coup dans le troquet d'à côté...

:shock:

300 personnes expriment leurs joies, une fois encore, devant le batteur, dernier membre à être rester sur la scène...
On en est encore bouche bée. L'impression d'avoir vu le concert parfait : un groupe si sur de la qualité de son repertoire qu'il le vit et le secoue intensemment chaque soir... Un groupe à l'attitude parfaite, proche du public, sincère, généreuse et lucide.
Les reverra-t-on dans les mêmes conditions, s'agit il d'un one-shot miraculeux ou du début d'un carrière énorme ?
Peu importe, aujourd'hui, 22 Août 2005, on a vu le meilleur groupe du monde !

Set-List Arcade Fire 22/08/2005 à Nantes (erreurs probables)

1. Tunnels
2. Crown Of Love
3. No Cars Go
4. Laïka
5. Haïti
6. Old Flame (?)
7. My Heart Is An Apple
8. Une Année Sans Lumière
9. Power Out
10. Rebellion (Lies)
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11. Wake Up
12. In The Backseat

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