Compte-rendu de concert


Concert de Noel Gallagher's High Flying Birds a Lille

Noel Gallagher's High Flying Birds


Le : 09/10/2012
Salle : L'Aéronef (Lille)
Première partie : Ø

Auteur : Caroline BT
(Publié le 17/10/2012)

En cette soirée du mardi 9 octobre 2012, on se souvient du coup de tonnerre de Rock en Seine 2009 entrainant le split définitif des Gallagher. Scène invraisemblable où le public assista en live médusé et horrifié à la dernière dispute des frères ennemis.

Ce mardi à l'Aéronef, la foule est pourtant de retour pour Noël Gallagher, nombreuse, bigarrée, française et belge. Quelques spectateurs à la curiosité un peu malsaine se demandent si Noël va péter un énième câble, annuler le concert ou vociférer après son frère absent ou même sur le public. Un gros lot de fans de la première heure approchant la quarantaine est là (certains depuis midi). Au fait : Oasis la première fois à Lille : c'était il y a 16 ans ! Et puis, d'autres sont impatients de parfaire leur culture générale et d'entendre pour la première fois la légende indomptable. Bien-sûr, quelques voisins d'outre-manche ont aussi fait le voyage ...En attendant le démarrage du concert, l'Aéronef est envahi par une bande son de musique blues, puis jazz rock tendant vers le rock psychédélique. Un dernier remix de "If I had a gun" prévient du démarrage imminent de la soirée.

Après une première partie en la personne de Jake Bugg, le public applaudit déjà fort au son des premiers accords de guitare sèche et siffle de joie. Sur une scène baignée de lumières bleues, c'est "To be free" que Noël chante, comme un dernier pied-de-nez à Oasis : "But it’s good it’s good to be free". Coupe au bol, chemise bleue à petits carreaux et blouson en cuir, il est accompagné d'un bassiste, d'un guitariste et d'un batteur. C’est un soulagement, malgré la pression et toutes ces frasques médiatiques, la voix de Noël est restée intacte et nul doutera encore après ce set qu’il est le plus talentueux des deux frères.

C'est un concert assez professionnel, sans fausses notes où Noël change souvent de guitare et pendant lequel il ne se laisse pas distraire par les interjections de quelques cons dans l'assistance. Le public est mou dans l'ensemble, hormis quelques indépendants qui tentent de se faire remarquer avec des hurlements inintelligibles. On se demande d’ailleurs si, entre deux morceaux, les cris fusent simplement pour provoquer le bad boy qui sommeille en lui.

Avant le quatrième titre, à un anglais qui l'harangue, il baragouine quelques mots, puis entonne "If I had a gun", de circonstance. Il a posé sa veste, joue de sa guitare et au dernier refrain, il pointe du doigt les premiers rangs en chantant un " Love will burn this city down for you".

La salle est pleine mais l'ambiance reste sage, peu de mouvement sauf quelques personnes dans les premiers rangs. C'est après "The good rebel", qu'enfin le public se réveille en scandant un "Noël ! Noël ! Noël !". ll se concentre et s'applique même s’il semble déjà fatigué. Même sous des stroboscopes bleus et rouges, les spectateurs sont toujours soit endormis, soit impressionnés, mais écoutent religieusement. Noël, lui, reste statique, et en dépit d’applaudissements en rythme assez nourris, ne varie pas.

C'est grâce à "Supersonic" joué en acoustique, qu'il se passe quelque chose, une vibration voir enfin une émotion, entre Gallagher et la foule de l'Aéronef. Même si une nuée de portables s'est allumée pour immortaliser l'instant, la plupart des spectateurs est transportée et chante sur les dernières notes de piano. C'est un bel instant et la foule applaudit à tout rompre. Après un sincère "Thank you very much", suivent deux titres : "Do Yer Wanna Be a Spaceman" et "I wanna live in a dream in my record machine", mais l'ambiance est déjà retombée, malheureusement. C'est pour "What a life", qu'un soubresaut se fait sentir, quelques applaudissements et puis plus rien. D’autres titres de l'album High Flying Birds ("Soldier boys and Jesus freaks", "Broken arrow", "The wrong beach") défilent, de merveilleuses mélodies bien ficelées, dommage que les spectateurs ne les maîtrisent pas, elle mériteraient plus d'attention !

Les derniers applaudissements retentissent. Et là, honte à l'Aéronef, même le jeu du rappel est décevant, pour un peu le public se ferait prier, tant il met peu d'entrain à réclamer un rappel. Et pourtant, ce retour sur scène sera un des meilleurs moments du set ! Après le magnifique "Let the lord shine a light on me", et un "Whatever" quelque peu modifié, en fond sonore, la foule crie encore "Noël ! Noël ! Noël !". On commence à entendre hurler la guitare électrique, Noël joue "Little by little", dans une version revue et corrigée. Cette version arrondie presque aseptisée, existerait-elle pour faire oublier la version originale d'Oasis ? Quoi qu'il en soit, le morceau bénéficie d'un petit prolongement (d'une minute à peine).

Stupeur ! On devine que le public se serait contenté de cela, mais il a du rab gratis (c'est même prévu par le groupe !) : "Thank you to come and see us, we'll do one more, well ... thank you very much and good night !". La soirée se termine sur un "Don't look back in anger" sublime (et terriblement de circonstance), où tout le monde chante et est heureux. Noël Gallagher applaudit la salle, et offre enfin un petit sourire, dans un petit salut final et timide.

Au sortir de l’Aéronef, quelques vendeurs à la sauvette ont le culot de vendre encore des posters d'Oasis. Pour un peu on en verrait de Beady Eye, que certains n'en comprendraient même pas l'aspect incongru.

Setlist Noël Gallagher le mardi 9 octobre 2012 à l'Aéronef de Lille
:


1 To be free
2 Everybody's on the run
3 Dream on
4 If I had a gun
5 The good rebel
6 The death of you and me
7 Freaky teeth
8 Supersonic
9 Do yer wanna be a spaceman
10 I wanna live in a dream in my record machine
11 What a life
12 Talk tonight
13 Soldier boys and Jesus freaks
14 Broken arrow
15 Half the world away
16 The wrong beach

Rappel :

1 Let the lord shine a light on me
2 Whatever
3 Little by little
4 Don't look back in anger

Photos Noël Gallagher le mardi 9 octobre 2012 à l'Aéronef de Lille


Commentaires










Compte-rendus de concerts

Grand Blanc, le 24/09/2014
L'international (Paris)
The Rolling Stones, le 13/06/2014
Stade de France (Saint-Denis)