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Compte rendu de concert

Concert de Nosfell a Lyon

Voir la fiche groupe Nosfell


Le : 01/12/2006
Salle : Ninkasi Kao (Lyon)
Première partie : Ø

Auteur : Tonio
(Publié le 05/12/2006)

Ce soir, nous sommes au Ninkasi Kao de Lyon afin d’assister au concert de Nosfell.
Après un premier album étonnant et des prestations lives très réputées, Nosfell présente son dernier opus « Kalin Bla Lemsnit Dunefl Labyanit ».

Mais avant que le diable arrive, un musicien solitaire fait face au public en première partie. Son nom : Siméo.
Très peu connu, si ce n’est à Lyon, sélectionné par la Fnac, cet artiste nous a agréablement surpris. Il fait TOUT lui-même et fait partie de ces vrais artistes qui écrivent, composent et jouent eux-mêmes. Un artiste entier en somme.
Pour réussir cet exploit de jouer de la basse, de la guitare, de la batterie, d’un clavier, mais aussi de la trompette ou un verre en cristal - tout cela sans se transformer en homme orchestre avec pétards, fusées et papiers multicolores qui s’envolent - il se sert d’un énorme pédalier nommé Thorsten. Rien que ça. Loin d’être une vulgaire boîte à rythme, ce pédalier lui permet de construire ses morceaux en live par étapes en enregistrant des petits bouts de chaque morceau. Siméo fait ainsi partie, comme chacun d’entre nous, mais à sa façon, de cette génération copier/coller.
Ses morceaux alternent entre rock, reggae, slams et finalement ne se placent dans aucune case définie tellement ses sons sont variés et rafraîchissants. En l’écoutant on pense à une sorte d’hybride entre M et Nosfell avec des pointes de reggae...
Son concert se termine avec un « Merci beaucoup » qu’il enregistre et il s’enfuit en courant pendant que son « Merci Beaucoup » continue à tourner. Effet final réussi. Bien sûr avec un live tel que celui-ci le rappel n’a pas tardé ! « Merci beaucoup » Siméo pour ce live rafraîchissant...

Nosfell a la lourde tâche de continuer cette soirée après une première partie exceptionnelle. Un décor simpliste (quelques cadres de toile pour créer des ombres chinoises), seulement deux musiciens (Nosfell et Pierre Le Bourgeois au violoncelle et à la basse) et un batteur occasionnel. Et les premiers morceaux sont terriblement durs comme introduction. Des cris et du bruit. On s’imagine comprendre qu’il dénonce là une certaine violence avec son imitation de coups de feu. Première impression du personnage, le diable est en lui. On rajoute à Nosfell des pattes de chèvre et on obtient l’image d’Epinal tellement la ressemblance est proche. L’atmosphère est très tendue et le public mal à l’aise. Quelques personnes, ne supportant pas cette décharge de violence venue d’ailleurs, commencent à partir. Heureusement, Nosfell ne s’enferme pas dans cette démonstration d’art moderne, et entame des morceaux beaucoup plus mélodiques qui ont fait son succès. Nous retrouvons ainsi Nosfell tel que le « grand public » l’aime, avec ses samples, sa gestuelle invertébrée si particulière et ses changements de voix surprenants, alternant entre outre-tombe et soprano. Il utilise les samples de manière impressionnante et on se demande comment deux personnes peuvent faire autant de son. Les titres de ses deux albums se succèdent, entrecoupés d’improvisations totales très drôles, sans queue ni tête, reprenant l’imaginaire de ces albums. Nosfell, le conteur, nous entraîne d’une voix chevrotante dans son univers.
Le concert se termine. Oublions les cris inhumains du début et l’agressivité du public lyonnais. Malgré le côté un peu trop « artiste moderne » de son set, trop difficile d’approche, trop extrême, l’ensemble du live de Nosfell était très entraînant grâce à la présence de ses titres les plus accrocheurs et de son véritable talent musical. Son monde n’est décidément pas le notre et nous regrettons un peu de ne pas avoir réussi à y rentrer...



Les Commentaires des Lecteurs
FalkoTonio - 02/04/2007 14:07

Cette critique retranscrit assez bien ce que j'ai ressenti au concert de Nosfell à Paris il y a quelques moi, au Bataclan. La première partie du concert, très expérimentale, ne m'a pas plu. Je ne pense d'ailleurs pas que le problème soit, en soi, que ça ait été expérimental ou trop compliqué (je suis plutôt amateur des univers barrés et des performances lorgnant du côté de l'étrange) mais je pense plutôt que Nosfell, malgré tout son talent, n'a pas encore suffisemment de bagage-maîtrise-expérience (rayez la mention inutile) pour que ces expérimentations soient une réussite. Après tout il n'en est qu'à son deuxième album, il est encore jeune, et à mon avis il arrivera à enrichir tout cela pour que, du point de vue de la technique et de la maîtrise de la scène, il puisse ressortir de ses sets un délire expérimental musicalement réussi, riche et intéressant.

Moon - 17/03/2007 10:55

Je suis très surpris par cette critique...

Je l'ai vu il y a huit jours du côté de Saint-Brieuc, et ça a été une énorme claque. Je connaissais déjà bien son univers grâce aux disques et au DVD live, ou même pour avoir déjà pu l'interviewer, mais c'est la première que je le voyais "en vrai".

Certes, c'est complètement bruitiste et souvent expérimental (le dernier album n'arrange pas les choses), mais c'est envoutant comme peu de choses que j'ai pu voir. Une expérience complètement différente. Des moments complètement réjouissants comme l'ultra-violente "Jalin Madaz", durant laquelle il passe derrière le décor et devient une sorte de "Dictateur" à la Chaplin, mais en beaucoup moins rigolo et en ombre chinoise. Comme Majodilo Tepü Jaredü (heureusement que j'ai les titres sous les yeux), durant laquelle Pierre Lebourgeois (son violoncelliste encore plus fou que lui) pète un enième cable en foutant les doigts dans la prise cinq minutes non-stop.

Et puis aussi des moments plus pop, plus folk, comme notamment les moments où il déroule les morceaux du premier album. Mais attention, rien de conventionnel : il faut tendre l'oreille pour reconnaître ces antiques compositions. Le show se terminant en trio, avec son ingénieur retour William Lopez à la batterie. Le spectacle devient alors un authentique moment de wock'n'woll, dans lesquels les deux tarés du devant de scène semblent oublier un peu leur folie (pour la première fois depuis une heure, ils arborent d'ailleurs tous les deux un sourire jusqu'aux oreilles, on sent vachement de complicité) pour juste prendre leur pied à la guitare-basse, dans des relectures de leurs oeuvres façon bon vieux binaire qui tâche, avec, cerise sur le cadeau, un petit folk à la guitare sèche. Une sorte de moyen de revenir à la réalité avec des choses certes plus saines.

Le public était de plus vachement réceptif, réservant une ovation au Klokochazian entre deux chansons. Peut-être qu'à Lyon, Tonio, le public n'était pas tellement venu pour ça? Pour ma part, j'en suis ressorti estomaqué et sans voix.

Blandine - 08/12/2006 13:38

Je suis d'accord avec Tonio, plutôt décevant... smile La première partie était limite meilleure !
Le décor et la danse de Nosfell mettent plutôt mal à l'aise. En plus ce soir-là, le public était particulièrement désagréable (le public lyonnais est rarement agréable d'ailleurs) et il y avait une certaine tension dans la salle. Ca aide pas à apprécier les cris inhumains...

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