Critiques d'Albums
Minor Majority
En voilà une bonne idée ! Ressortir le meilleur des quatre albums de Minor Majority, et y adjoindre un deuxième disque contenant B-Sides, réorchestrations et titres inédits, le tout pour le prix d'un simple album : voilà certainement la meilleure façon de (re)découvrir l'un des tous meilleurs ambassadeurs de la pop norvégienne. Et vu le niveau de Candy Store, on aurait tort de s'en priver.
Habituellement, je n'aime pas les best of : trop longs, trop de temps forts, trop de titres faciles, pas assez d'homogénéité. Habituellement, quand d'aventure j'en achète un, ça ne loupe jamais : j'écoute le disque trois ou quatre fois, et je le range sagement sur une étagère. Mais pas cette fois. Il faut dire que le style de Minor Majority n'a pas grandement évolué tout au long de la courte carrière du groupe, et ceci est à même d'expliquer la forte personnalité de ce premier disque, les titres se mariant entre eux sans aucun problème. Quant aux chansons... que dire ? Déjà, débuter par deux titres aussi excellents que "Electrolove" et "Dancing In The Backyard" a de quoi faire tourner la tête, tant la voix chaude et profonde de Pål Angelskår se marie à merveille avec celle de Karen Jo Fields (invitée régulièrement par le groupe pour des duos). Dans l'univers de Minor Majority, tout n'est que calme, beauté et bonheur paisible. Amateurs de sensations fortes s'abstenir, quoi que : peut-on décemment ne pas conseiller sans réserve, et à n'importe qui, cette admirable pop mâtinée de folk ? Ici et là, les chansons sont parsemées de références appuyées, comme "(In That) Premature Way" et sa guitare knopflerienne, ou encore "Think I'm Up For You And I" qui évoque à s'y méprendre Lene Marlin (l'autre grande ambassadrice de la pop norvégienne) : un modèle musical commun inconnu de par chez nous, probablement. Pas de fioritures dans la musique : une guitare (souvent acoustique), un violoncelle, un piano, parfois un banjo et un harmonica comme sur "The Dark Half" (apportant ce petit côté folk rafraîchissant), et le talent de songwriting d'Angelskår fait le reste. Le résultat est d'une constance qualitative confondante, et les compositions de haute volée ne cessent de se succéder pour notre plus grand bonheur : le délicat "She Gave Me Away", le poignant et mélancolique "Come Back To Me", le magnifique "Let The Night Begin", l'incontournable "Supergirl", et j'en passe. Un sans faute sur toute la ligne.
Coupons court à tout suspens : le deuxième disque est un bon cran en dessous du premier. La faute, probablement, à un manque cruel de chansons phares. Ici, les titres s'enchaînent sans retenir aussi facilement l'attention, même si on est loin de la médiocrité. Quelques chansons méritent néanmoins le détour : les splendides "Live Your Life As You Look" et "Keep Coming Around" sublimés par de subtiles secondes voix susurrées par Maria Solheim, ou les aériens "The Things You Say" et "Somebody Else's Baby". A l'inverse, certains titres sont beaucoup plus dispensables, notamment ceux où Angelskår abandonne son registre grave pour une tonalité aiguë beaucoup plus impersonnelle (comme "Her Kind Of Girl").
N'y allons pas par quatre chemin : Candy Store est un disque d'une incroyable qualité qui ne pourra que combler les amoureux de pop feutrée et travaillée, tout en faisant découvrir, à ceux qui ignoraient l'existence de Minor Majority , le talent des ces brillants norvégiens.

![]() Long Gone Before Daylight The Cardigans | ![]() Reason to hang around Minor Majority |
Ce groupe est incapable de produire une mauvaise chanson.
Cela dit, je déplore que leur deux "remixes" à savoir "Keep Coming Around" et "Don't Say You Love Me" soient si proches des originaux.
à part ça, une piqure de rappel indispensable à tout ceux qui sont passé à côté.
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