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Critiques d'Albums
Elliott Smith
Combinez la rigueur d’un Hendrix, la poésie de Jim Morrison, le mal-être de Cobain, la voix et le sens de la mélodie de Lennon. Vous obtenez Elliott Smith, un songwriter de génie des années 90 au destin aussi court et tragique que celui de ceux dont il est le digne héritier. Être fragile, beaucoup trop sensible pour le monde qui l’entoure, il met fin à ses jours en 2003, laissant la décennie se décanter sous des hospices plus favorables au rock garage et à l’électro qu’à ses balades sensibles et sincères.
Elliott Smith fait de la pop mâtinée de folk comme beaucoup rêveraient d’en faire. Souvent copié, jamais égalé, il a su cultiver la flamme, la sincérité et la sensibilité des balades légères de ses idoles de toujours : Big Star et Les Beatles. En environ 7 ans de carrière solo, il ne laissa pas moins de 5 albums, dont 4 véritables chefs d'œuvres: Elliott Smith, Either/Or, XO et Figure 8. Sa carrière ne s'est pas arrêtée avec sa mort, puisqu'une fois n'est pas coutume, les deux albums posthumes From A Basement On The Hill (2004) et New Moon (2007) sont également incontournables pour tous les amateurs.
Après le fabuleux Either/Or, dont le succès a été boosté par l’utilisation de quelques titres pour la BO du film Will Hunting, Elliott Smith signe chez Dreamworks, la firme de Steven Spielberg et sort XO, un album généreux de 14 titres, tous plus sublimes les uns que les autres, du très frais "Sweet Adeline" au magique "I Didn’t Understand". Conséquence du passage en major ou pas, Elliott Smith modifie pour l’occasion sa manière de travailler et d’arranger ses morceaux. Aux habituels piano/guitare/voix, proches du travail de Big Star, il ajoute plus de batterie ainsi que de nombreux arrangements et effets. Il systématise le doublement de voix, instauré par les Beatles, et qui confère ainsi à un titre comme "I Didn’t Understand" une dimension religieuse digne du "Because" de ses idoles.
Réconcilé (temporairement) avec la vie, certains titres laissent percer un espoir, chose qui n’est pas habituelle dans les compositions d’Elliott Smith. L’album offre donc des balades plus rythmées, fraîches, fort réussies telles "Sweet Adeline", "Independance Day", "Baby Britain", "Amity" et le somptueux "Tomorrow Tomorrow". L’album recense quelques uns des meilleurs titres de l’artiste, tous albums confondus, comme "Waltz #2", touchant à en avoir des frissons dans tous le corps, le mélancolique "Oh Well, Okay", l’excellent "Bottle Up And Explode !" ou encore "I didn’t understand" à fleur de peau.
XO est un album traumatisant, un véritable oeuvre d'art, non seulement par la mélancolie et la fragilité qui s’en dégagent, mais par la beauté et la pureté de la musique du très regretté Elliott Smith.


| Entièrement d'accord avec cette chronique! même si XO ne parvient pas à éclipser Either/Or ou Elliott Smith, l'album éponyme... |
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