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Critiques d'Albums

Nimrod de Green Day

 Green Day

Nimrod

( 14/10/1997 - Reprise Records/Warner - Genre : Punk Rock - Producteurs : Rob Cavallo, Green Day )
La note des internautes :
3.9 / 5 (31 votes)
1- Nice Guys Finish Last / 2- Hitchin' a Ride / 3- The Grouch / 4- Redundant / 5- Scattered / 6- All the Time / 7- Worry Rock / 8- Platypus (I Hate You) / 9- Last Ride In / 10- Jinx / 11- Haushinka / 12- Walking Alone / 13- Suffocate / 14- Uptight / 15- Take Back / 16- King for a Day / 17- Good Riddance (Time of Your Life) / 18- Prosthetic Head

Auteur : Maxime
(Publié le 15/04/2005)
Note

Alors que Green Day surfe de nouveau sur le sommet des charts avec l'excellent American Idiot, il est bon de mettre un coup de projecteur sur leur traversée du désert qui dura de 1995-96 au début des années 2000. Le trio de Berkeley (Californie) se fit connaître au moment de leur passage sur la major Warner avec l'explosif "Basket Case". On était en 1994 et le néo-punk régnait de main de maître sur la scène rock internationale, et les Offspring et autres Nofx dansaient en bermuda sur les cendres encore chaudes du grunge. Puis cette mode s'éteignit aussi vite qu'elle apparut et les formations californiennes virent leurs ventes chuter brutalement. Injustice suprême, car c'est à ce moment qu'elles livrèrent leurs meilleurs albums !

C'est donc le cas de Green Day, qui de Dookie à American Idiot ne vendait qu'un ou deux millions de galettes (ça reste tout de même confortable) au lieu des 7 ou 8 réglementaires. C'est dans cette période que le groupe livra ce que j'appelle « la sainte trilogie » (ne vous foutez pas de ma gueule !) : de Insomniac, leur brûlot punk le plus dur au très folk Warning. Au centre de cette trinité, la clé de voûte : Nimrod (crétin en anglais). Clé de voûte, car elle renferme le Green Day passé et à venir. Alpha et oméga, début et fin de toute chose, Nimrod magnifie toute la science musicale de leurs géniteurs, en préserve la rare sève dans un album phare et, osons le dire, parfait. Lorsque le groupe se propose de le concevoir, le moral est au plus bas. Il sort de la tournée très éprouvante de Insomniac, qui s'était effectuée sans discontinuer après celle de Dookie. La bande à Billie Joe se rend compte que la mode néo-punk se meurt. Elle décide alors d'explorer d'autres territoires et d'enrichir son son (hi, hi!). A la sortie de l'album, le fan de base ne sut comment réagir et préféra, comme un gros crétin, rejeter le disque et vouer le groupe aux enfers car, suprême offense, il y avait des cordes dans certaines chansons (?!). "Comment ça, Green Day veut faire des ballades, mais moi je veux de la 'zique pour faire du skate !" Nous ne pleurerons pas une seule seconde le départ de ces tristes sires, Sum 41 et Blink 182 leurs tendront leurs bras pustuleux. Dans l'indifférence générale, Green Day livrait son meilleur album.

Mike Dirnt, le bassiste peroxydé, le décrivait en ces termes : " Nimrod est très sexuel car il va et vient en permanence." Ingénieux et très juste, car Nimrod est schizophrénique : il caresse autant qu'il gifle, hurle autant qu'il murmure. En clair, on y trouve les compos les plus calmes jamais réalisées par le groupe et leurs plus brutales. Le disque fonctionne, grosso modo, sur une alternance, assez finaude, entre mélodies pop presque spectoriennes ("Redundant", "Worry Rock") et coups de boutoirs infernaux de moins d'une minute ("Platypus", "Jinx", "Take Back"). L'album compte tout de même 18 compositions. Pas une seule n'est en dessous, chacune est un single évident et imparable. Il est manifeste que les gars ont fait de gros progrès dans les arrangements et la densité de jeu. Le songwriting de Billie Joe est à son apogée. Green Day est au taquet et ne connaît pas une seule seconde la médiocrité ni même le moyen ou le juste bon.

L'album offre une telle variété dans les atmosphères que recommander un titre plutôt qu'un autre revient à pinailler à l'extrême. Citons tout de même "Hitchin' a Ride" au rythme très Stray Cat qui sera repris dans le futur sur "Blood, Sex & Booze" ou "Holiday", "Walking Alone" et son harmonica délicieux, émouvant et nostalgique en diable, l'instrumental "Last Ride in", très inspiré par le style des Shadows, "Uptight" si pop et entraînant, le parfait "Haushinka" (pourquoi n'a-t-il pas été choisi en single ?), "King for a Day" alternant fanfare de fête foraine et rythmique punk déchaînée (bien des pogos en perspective). Il faut ACHETER et non pas TELECHARGER cet album, pour profiter des textes de Billie Joe, toujours aussi mordants et pervers. Personne n'a autant de talent pour planquer une lame de rasoir dans un bonbon acidulé, à l'image de "Good Riddance", si doux en apparence, lequel se révèle être une lettre d'insulte (bon débarras en anglais). Ne loupez pas la grogne mêlée d'impuissance de "The Grouch" ou le désopilant tir à vue de "Platypus".

Bon, il faut quand même conclure. En un mot, les Ramones et les Kinks ne furent jamais aussi bien liés que dans cet album impressionnant. Nimrod est une pierre angulaire du rock américain des années 90, qu'on se le dise ! N'attendons pas que le groupe splitte, et que le disque sorte 20 ans plus tard en version remasterisée, pour lui livrer le culte qu'il mérite tant.

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Les Commentaires des Lecteurs
thom_yorke - 21/04/2005 15:00

Rien à rajouter....

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