Albumrock - Webzine rock : critiques, culture, communauté

Restez connecté
Recherchez
Recherche

Critiques d'Albums

Load de Metallica

 Metallica

Load

( 04/06/1996 - Vertigo - Genre : Heavy Metal - Producteurs : Bob Rock )
La note des internautes :
3.2 / 5 (20 votes)
1- Ain't my bitch / 2- 2 x 4 / 3- The house jack built / 4- Until it sleep / 5- King nothing / 6- Hero of the day / 7- Bleeding me / 8- Cure / 9- Poor twisted me / 10- Wasting my hate / 11- Mama said / 12- Thorn within / 13- The outlaw torn / 14- Ronnie

Auteur : Maxime
(Publié le 20/03/2006)
Note

Lorsqu’à la rédaction on décida de rédiger de nouvelles critiques des albums de Metallica, une petite effervescence s’empara des rares adeptes de metal d’Albmrock afin de décider qui chroniquera Ride The Lighning, qui chantera les louanges de Master of Puppets, qui fera l’éloge des riffs de Kill’em All. Puis, passé le Black Album, c’est bizarre, mais les empoignades cessèrent. Personne ne voulut se charger du cas Load et des albums qui suivirent. Quel régal pourtant pour un apprenti rock critic que de venir ajouter son grain de sel lorsque tout le monde vient tirer à boulets rouges sur l’ambulance Load. L’album maudit. L’album de la trahison. L’album de la compromission. Des cheveux coupés et des frocs soi-disant baissés devant le show-business. Oui, vraiment, les autres ne savent pas ce qu’ils manquent. Tant pis pour eux.

Ouvrons donc les hostilités avec une question qui fâche : les fans sont-ils les mieux placés pour juger leur groupe favori ? Ne projettent-ils pas une part de leurs fantasmes sur l’objet de leur adulation ? N’enferment-ils pas leurs idoles dans une image figée qui ne correspond pas à la réalité ? Et surtout, interrogation de fond : Metallica n’est-il pas, tout simplement, surestimé ? Car qui a écouté un tant soit peu Budgie et Motörhead sait d’où vient toute la musique que le fan de ’tallica aime. Certes, le groupe a aligné des morceaux de choix, sorti le metal au grand jour, livré des concerts mémorables. Mais hormis son incontestable succès, a-t-il réellement changé les bases de cette musique ? Ces quelques interrogations provocatrices n’ont pas pour but de déboulonner une statue qui n’en a pas besoin. Je reste fan de Metallica, avec moins de ferveur qu’auparavant (mon éducation musicale a tempéré mes jugements et modéré mes ardeurs) mais dès que revient sur le tapis la question de Load, je ne peux m’empêcher de penser que les dés sont pipés et les enjeux escamotés. En clair, on fait un mauvais procès aux Four Horsemen.

Que leur reproche-t-on concrètement ? Un virage commercial. Mais n’aurait-il pas été plus économiquement judicieux pour le groupe de rester fidèle au son des années 80, de se contenter de livrer des clones de Master of Puppets ad vitam æternam pour ne brusquer personne et ainsi s’assurer de ventes pharamineuses ? Il est quand même amusant de constater que ces mêmes fans qui condamnent au bûcher Load acclament le Black Album, tentative clairement avouée par le groupe de squatter les charts. Son choix, Metallica l’a fait dès qu’il a débauché Bob Rock comme producteur, dès qu’il a décidé de raccourcir et de ralentir les compos. Metallica a toujours, depuis le début, voulu le succès. Jouer dans de stades bondés, vendre des T-shirt à leur effigie. C’est ainsi, qu’on le veuille ou non. Et alors ? Qu’est-ce que la musique a avoir là-dedans ? On ne peut pas demander à des types de quarante ans de jouer la même musique qu’ils faisaient à vingt.

De surcroît, Metallica connaît deux malédictions, les pires pour un groupe de rock. Primo, Metallica joue du metal, c’est-à-dire qu’il s’adresse au public le plus obtus et têtu que le monde de la musique ai jamais connu. Pour un fan de metal, tout succès est suspect, toute gratification est signe de compromission, tout changement est redouté avec effroi. Avec des fans pareils, vous êtes foutus. Plus moyen d’évoluer, d’apporter du sang neuf. Vous voilà obligés de reconduire encore et toujours la même satanée formule devant des gens qui confondent qualité et technicité de jeu. Deusio, Metallica est un groupe milliardaire et ça c’est pire que tout. Comment garder les pieds sur terre avec un tel succès ? Il faut quand même rappeler que ce groupe est formé par un chanteur qui a des problèmes récurrents avec l’alcool, d'un batteur qui considère clairement le groupe comme une source lucrative de revenus, d’un bassiste qui n’a pas son mot à dire et d’un guitariste effacé qui tente comme il peut de calmer le jeu. Pas facile de graver un chef d’œuvre avec une telle configuration. Enfermé dans sa luxueuse tour d’ivoire, Metallica est une monstrueuse Hydre à deux têtes, pilotée par Hetfield et Ulrich qui font comme bon leur semble. Si le cœur de texan du chanteur le pousse à entonner de la country ("Mama Said"), les autres n’ont qu’à suivre. Et les mécontents n’ont qu’à quitter le studio.

Alors, oui, si on prend en considération la genèse chaotique de cet album, produit par un groupe en plein doute car absent de la scène depuis cinq ans, Load reste une relative réussite. Le son, efficacement musclé par une batterie mise très en avant, concasse les oreilles au burin. Les excellents singles squattant la première moitié du disque s’enchaînent à merveille. "Ain’t My Bitch" et son tempo assassin se charge d’inaugurer le débat, puis ce sont "Hero of The Day", sa mélodie malsaine, "King Nothing", ses guitares en fusion, et "Until It Sleeps", sa basse ronflante, qui emportent le morceau. En marge de ces titres, certaines pistes réjouissent, avec leurs ritournelles heavy désespérées : "Poor Twisted Me", "Ronnie" ou "The House Jack Built". Certes, l’ensemble est long comme un jour sans pain, quelques compos se révèlent vite oubliables ("Cure", "Thorn Within"), certains riffs assument leur paresse, c’est épais et aussi chargé que des vers hugoliens... Mais Metallica n’a jamais été un adepte de la demi-mesure ou de la concision, et la galette n’est jamais aussi infâmante qu’on veut bien le faire croire. Certes, le livret fait peur, avec ces hardeux figurant dans des clichés Calvin Klein (signés Anton Corbijn). On est pas loin de U2 posant torse nu dans la mer à la manière Worlds Apart.

N’empêche, les cassandres du metal pourront toujours cancaner. Si la période dorée du groupe est belle et bien finie, la bête n’en est pas morte pour autant. Lardons-la de quelques coups de pied et constate qu’elle bouge encore. Quitté par certains, rejoint par d’autres, le vaisseau Metallica vogue toujours vers le même cap, le Heavy, terre promise de tous les affamés du riff que nous sommes au fond de nous.

Que dire sur cet album… Trahison est vraisemblablement le mot le plus approprié. En effet, le style totalement différent des préçedants albums est redoutable.

On assiste ici à du rock limite qui nous donne envie de jeter cette galette qu'est Load. On est fan de Metallica et là, ils reviennent avec un album moyen, les cheveux courts, et une impression qu'ils veulent passer à autre chose.

Bon, il ne faut pas tout casser quand même, ça reste du Metallica et la qualité du jeu instrumental est toujours bonne mais quand même… Où est Metallica est son métal tant perso qu'innovateur ? Une chose à espérer, un album à suivre qui relève le niveau et nous redonne le goût Metallica.
par Jon
2.0

Aucun album en relation pour le moment

Les Commentaires des Lecteurs
Forum, soyez le premier à réagir