Critique d'album


Nouvelle Vague de Nouvelle Vague

Nouvelle Vague

Nouvelle Vague

(01/2000 - Peacefrog - Genre : Bossa Nova)
1- Love Will Tear Us Apart (Joy Division) / 2- I Just Cant Get Enough (Depeche Mode) / 3- In A Manner Of Speaking (Tuxedomoon) / 4- Guns Of Brixton (The Clash) / 5- (This Is Not) A Love Song (Public Image) / 6- Too Drunk To Fuck (Dead Kennedy's) / 7- Marianne (Sisters Of Mercy) / 8- Making Plans For Nigel (XTC) / 9- A Forest (The Cure) / 10- Psyche (Killing Joke) / 11- Teenage Kicks (The Undertones) / 12- I Melt With You (Modern English) / 13- Friday Night, Saturday Morning (The Specials)
La note des internautes :
3.9 / 5 (27 votes)

Par Louis
(Publié le 04/08/2006)
Note
La note de l'auteur :
4.5 / 5

Encensé par la critique, vendu à plus de 200,000 copies dans le monde entier, le projet Nouvelle Vague est sûrement l'une des meilleures choses qui soient arrivées à nos oreilles pendant l'année 2000. Nouvelle Vague c'est plus qu'un album ou un groupe, c'est un projet musical ambitieux mené de mains de maître par ses deux co-réalisateurs, Marc Collin, reconnu dans le monde de l'électro francaise, et Olivier Libaux, guitariste entre autres de Katerine. Pour ce projet ils réuniront autour d'eux huit jeunes chanteuses dont Camille qui préteront leurs voix à Nouvelle Vague. Partant de l'idée que le monde musical est plein de mélodies vites oubliées ou simplement passables, il était temps de retourner à la vraie musique celle qui a fait ses preuves, de refaire découvrir sous un autre angle certains titres passés à la postérité. Nouvelle Vague s'est interessé au monde Punk anglais des années 80 avec des groupes aussi cultes que les Clash ou les Dead Kennedys, une musique nerveuse écrite dans une Albion charbonneuse et grise à souhait. Changement de tons et de rythmes pour nos Punks, enfilez vos Panamas et courrez à Paris-plage, Joy Division, Cure et consorts se mettent à la Bossa Nova...

Dès les premières notes l'univers Bossa nous apparaît, des percussions, une voix lancinante et surtout ce son si reconnaissable en ces périodes caniculaires, celui de la vague qui se brise sur le sable chaud ("Love will tear us apart"). La chanson originale de Joy Division, symbole de la New Wave, se découvre avec ces nouveaux arrangements un nouveau visage. La voix de Ian Curtis laisse place à une voix féminine, la mélancolie que dégage ce chef d'oeuvre des années 80 est intacte, elle est même renforcée par ce parfum de vacances exalté par les maracas. Les maracas ? Oui, cet instrument simpliste et qu'on imagine joué par des vahinés cachées derrière leurs paréos, trouve dans cette reprise une nouvelle jeunesse. Punks : adoptez la maracas attitude !
"The Guns of Brixton" l'original des Clash avec son odeur de poudre et de rues mal famées de Londres, ne semblait pas pouvoir se prêter au jeu de la Bossa Nova et de ses effluves tropicales. C'était sans compter sur Camille qui nous ferait presque oublier Joe Strummer, on s'en prendrait presque à rêver d'un duo impossible. La chanteuse prête sa voix sur quatre chansons de l'album ("In A Manner Of Speaking", "Guns Of Brixton", "Too Drunk To Fuck" et "Making Plans For Nigel") et ce n'est pas faire offense aux sept autres chanteuses de Nouvelle Vague de dire que sa performance est à elle seule une raison de se jeter sur ce disque. "Too Drunk To Fuck" des Dead Kennedys était un hymne Punk, Camille en ferait presque une petite comptine. Qu'elle conclut par sa voix de petite fille "Trop bourée pour baiser", on avait bien cru comprendre mais on ne peut s'empêcher de sourire.
Evidemment les reprises qui marquent le plus sont celles des groupes cultes des années 80, comme celle de Depeche Mode ou des Cure ("A Forest" est certainement la chanson qui diffère le plus de l'originale et de loin l'une des plus abouties de Nouvelle Vague). Mais des groupes plus ou moins obscurs des années 80 sont aussi à l'honneur. Ainsi, qui actuellement se rappelle de groupes comme The Undertones ou Tuxedomoon ? Pourtant, on découvre (ou redécouvre pour les plus érudits, voire les plus grabataires) des morceaux comme "In A Manner Of Speaking" ou "Friday Night Saturday Morning" qui sont de véritables petites perles de vague à l'âme et de douceur. La Bossa Nova adoucirait-elle les moeurs ? Elle installe en tout cas durablement en nous ce sentiment de félicité : ici tout est simple, on lance le disque et on n'a plus qu'à sourire. On est loin des effets d'aujourd'hui venant encombrer le moindre morceau.

Pour certains, la reprise est un exercice facile, dénué d'intérêt voire même frôlant le sacrilège. Au vu du nombre de créations indigestes qui sortent toutes les semaines depuis quelques temps, on ne pouvait que se réjouir d'un projet comme Nouvelle Vague qui érigeait la reprise en art. Fan de Joy Division , des Clash ou de The Cure , jetez-vous sur cet album et redécouvrez ces morceaux tant écoutés. Et si vous êtes simplement curieux, alors penchez-vous sur ces treize morceaux qui sentent bon l'invitation au voyage. Bossa Nova, New Wave, Nouvelle Vague, trois expressions, trois régions du monde, votre valise tient en un cd. Vous aussi prenez la vague.

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