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Critiques d'Albums
Paperback Freud| Auteur : Maxime (Publié le 30/11/2009) |
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Sacrés scandinaves, on se demande bien ce qu’on ferait sans eux. Contrairement à leurs congénères français, les nordiques ont le grand mérite de n’éprouver aucun complexe. Eux ne passent pas leur temps à se tirer la nouille en ânonnant du "heu mec, le rock ça doit évoluer t’vois ?" ou encore "J’pense qu’il faut relier l’héritage de Gainsbourg avec les Clash, j’trouve ça ‘ach’ment intéressant t’vois ?" Plus humbles que leurs homologues hexagonaux, ils savent que c’est dans les meilleurs fonds de cuve qu’on touille les meilleures sauces, surtout dans le domaine du hard millésimé, genre très prisé dans ces contrées. AC/DC, Motörhead, Aerosmith et Lynyrd Skynyrd ont écrit les tables de la loi, suffit de suivre le mouvement avec enthousiasme et énergie.
Enthousiasme et énergie, les Suédois de Paperback Freud en ont à revendre. Trois ans après leur premier opus (Roller) les voilà repartis au turbin, la santiag affûtée et le sourire carnassier aux lèvres. Débarquant dans les contrées d’un rock morose comme des entertainers hilares lâchés en plein Vietnam de carton-pâte pour remonter le moral des troupes, les artilleurs ferraillent un binaire dopé par un boogie fiévreux et jubilatoire dès l’entame avec "Boogie Up", tempo enlevé et guitares en mode arrosage au napalm. Par la suite, le quintet aligne une poignée de titres juteux, modestes dans la forme, électrisants dès qu’on a la bonne idée de s’y abandonner corps et biens. "Hound Dog" rejoue les grands déhanchements d’un Presley dont aurait branché la guitare sur les amplis du Deep Purple de "Highway Star" tandis que "Straight Out In Moscow" et "High Speed Rock’n’Roll" cavalent dans les contrées réconciliant MC5 et Led Zeppelin en compagnie de leurs compatriotes des Backyard Babies et des Hellacopters fraîchement retraités. Dans la grande lignée des screamers en santiags, Snake assure sans problème son rôle, poussant ses camardes dans une débauche communicative, ici pour une séance de sado-masochisme décibélique ("Bad"), là le temps d’un mid-tempo fédérateur ("Anthem"). Avec une bonne humeur constante (on pense parfois à du Koritni boosté aux anabolisants) et une science éprouvée du riff qui fait mouche, Paperback Freud ne manque pas de générosité. Quitte à trousser un "Killers" terminal qui ne méritait peut-être pas ses 10 minutes. Mais pour un groupe qui s’est choisi comme patronyme, l’œil rigolard, le nom du père de la psychanalyse, on se prendra à ressortir souvent leur galette comme le plus délicieux des lapsus. Qu’importe au final si ces lascars n’ont pas inventé la poudre. Le rock, qui n’a d’yeux que pour ses plus vaillants artificiers, a déjà approuvé ce All In Day’s Work explosif.
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