1- L'Aiguille / 2- Carnal Desire / 3- Slaughter in Pleasantville / 4- Ode To The Sandman / 5- Clarence Pier / 6- In Possesion Of Psychokillers / 7- Autopsy Of A Metallic Doze / 8- Smother You / 9- Japanese Tea Ceremony / 10- Beyond My Reflexion
Voilà un son pêchu ! Du gros son, des saturations, une chanteuse déchainée, c'est bien du rock. De la tension, de la sensualité, la basse qui roule avant d'exploser, c'est bon ça !
Shane Cough déménage. Des beats électros façon mitraillette, un sample de film avec un monsieur qui fait peur et, de suite, la voix criarde de la chanteuse Marianne, qu'entends-je ? Ce sont les sirènes des flics ! A coup sûr cette musique n'est pas politiquement correcte. Les rennais ont réussi leur coup, leur "Aiguille" pique à vif. Ils tentent les mix improbables et varient les ambiances avec une certaine constance... Eh oui ! La musique de
Shane Cough n'est pas sans paradoxes. Globalement sombre mais avec des petites choses comme ça, presque berçantes. A la fois repoussant et ennivrant.
Je ne vous décrirais pas précisément les textes en anglais. Jetez un coup d'oeil aux titres. Cela vous donnera déjà quelques bonnes indications sur la teneur générale. On ne blamera d'ailleurs pas ces frenchies pour leur choix anglophone. Il se justifie totalement à l'écoute. La voix de Marianne peut rappeler une certaine
PJ Harvey, et on ne va pas demander à cette dernière de chanter français!
Personnellement, ce que je retiendrai particulièrement sera l'intensité des moments de fureurs. Brouillon diront sans doute certains. Qu'importe ? L'intensité est là ! Quelques composantes pêle-mêle de ces moments de folie : chant crié, beats ultra-rapides saturés, guitares aussi saturées, samples biens choisis, sifflements stridents... bref, une force !!! Toute cette force n'existerait pas, ou plutôt serait caduque si elle n'émergeait pas de façon parsemée, comme échappant à la maîtrise. Sortant du classique couplet-refrain-couplet, le groupe crée des histoires sonores. Il n'est pas question ici d'une musique linéaire formée de deux-trois bons riffs. On imagine assez aisément leur musique dans des bandes originales, Matrix, ou bien Trainspotting par exemple. Rien de bien réjouissant allez-vous me dire. Eh bien, l'univers de
Shane Cough n'est pas réjouissant. Et c'est pour ça que vous l'aimerez !