Critique d'album


Shoegazing Kids de Stuck in the Sound

Stuck in the Sound

Shoegazing Kids

(26/01/2009 - Discograph)
1- Zapruder / 2- Ouais / 3- Utah / 4- Shoot shoot / 5- Teen Tale / 6- Playback A.L / 7- Beautiful Losers / 8- What ?! / 9- Dirty Waterfalls / 10- Erase / 11- Gore Machine / 12- I love you dark
La note des internautes :
3.9 / 5 (9 votes)

Par Laura
(Publié le 03/04/2009)
Note
La note de l'auteur :
2.0 / 5

Shoegazing Kids n'est pas la première production des Stuck in the Sound. On ne peut donc plus qualifier la formation parisienne de jeune groupe sympathique. Quel est l’intrus dans l’expression, "jeune" ou "sympathique" ? A vrai dire, les deux… Et pourtant, on était en droit d’avoir certaines attentes pour une production Discograph, qui a sorti dernièrement le très réussi premier album des Housse de Racket. Preuve que la musique française arrive à se renouveler. Les Stuck in the Sound font partie du cercle relativement fermé de la "nouvelle scène française", qui existe aujourd’hui de façon plus ou moins formulée. Dans ce cercle, composé par exemple de Cocoon, des Hey Hey My My ou des Hushpuppies, il y a comme un accord tacite : en français nous ne chanterons point. C’est sans doute ce qui donne ce petit côté Neil Young aux Hey Hey My My et ce goût britpop aux Stuck.

Sur le premier single, "Ouais", de Shoegazing Kids, les Stuck avaient quand même légèrement brisé le pacte, en lâchant de petits "ouais" dans le refrain. Rien de bien grave, pour un single d’ailleurs frais, mais qui ne casse pas des briques. Alors on pouvait se dire qu’on allait retrouver sur l’album des morceaux divertissants mais un peu volatiles, à l’image du single. De la pop rafraîchissante, en fait. Eh bien, même pas. On ressort de l’écoute de Shoegazing Kids ennuyé, perturbé, blasé. L’album est à la fois affreusement homogène et terriblement hétérogène, brillante prouesse du groupe. Homogène dans le sens où les pistes se ressemblent toutes, mêmes guitares redondantes, même voix suraiguë, à la limite du faux, un véritable supplice. Et hétérogène, dans les chansons en elles-mêmes, composées de deux passages minimum, totalement différents, comme deux pièces de deux puzzles rattachées ensemble de force. Cela donne des morceaux déroutants, qui commençaient pourtant bien. C’est le cas sur "Teen Tale", dont la première moitié est agréable (même si pas transcendante, ça reste du Stuck in the Sound) mais est vite gâchée par la fin. Les autres morceaux sont tous, au choix, désagréables ou anecdotiques. Impossible, presque, de les prendre au cas par cas, tant l’album ressemble à un morceau de gigot froid, impossible à décongeler, incapable de nous décongeler. A la limite cependant, "Zapruder" se détache du lot, et est plutôt agréable à écouter.

Alors voilà, cela plaira peut-être aux shoegazing kids (les enfants qui regardent leurs pieds) ne découvrant pas les Stuck in the Sound, pour les autres, fuyez. Car il est vrai que cet album vous donnera envie de regarder vos pieds, mais c’est par ennui ou par décontenance que vous le ferez. Les Stuck in the Sound seraient-ils vraiment coincés dans le son ?


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