Albumrock - Webzine rock : critiques, culture, communauté

Restez connecté
Recherchez
Recherche

Critiques d'Albums

Revolver de The Beatles

 The Beatles

Revolver

( 05/08/1966 - Parlophone - Genre : Culte - Producteurs : George Martin )
La note des internautes :
4.1 / 5 (24 votes)
1- Taxman / 2- Eleanor Rigby / 3- I'm Only Sleeping / 4- Love You To / 5- Here There And Everywhere / 6- Yellow Submarine / 7- She Said She Said / 8- Good Day Sunshine / 9- And Your Bird Can Sing / 10- For No One / 11- Doctor Robert / 12- I Want To Tell You / 13- Got To Get You Into My Life / 14- Tomorrow Never Knows

Auteur : Maxime
(Publié le 15/04/2005)
Note

Si vous ne connaissez les Beatles qu'à travers leurs tubes (soit, en gros, le contenu des best of rouges et bleus), vous ne savez pas ce qu'est Revolver, leur 7ème album (mon préféré). Seulement représenté par deux singles ("Yellow Submarine" et "Eleanor Rigby") qui ne traduisent pas la qualité des autres compos, c'est à ce titre le plus sous-estimé des opus des Fab Four. Revolver, c'est le coup de feu pour un nouveau départ, amorcé dans Rubber Soul et entériné par St Pepper : en route vers le psychédélisme et le Summer of Love ! En 1966, le quatuor entreprend ce virage dont le présent album est le paradoxal témoignage, paradoxal car perpétuellement à cheval entre la pop fraîche et insouciante qui a fait le succès du groupe et leurs aspirations plus fantaisistes qui les amèneront à chercher Lucie dans le ciel avec ses diamants dans un champ de fraises pour l'éternité. A l'image de la pochette, c'est donc un Beatles ambivalent, les regards tournés vers des directions divergentes, auquel on est confronté.

Ça commence avec un "Taxman" au tempo repiqué sur le "I Feel Good" de James Brown qui, s'il reste assez "beatlesien", a le don de surprendre. Charge contre les excès du ministère des finances britanniques (plus de trente ans avant Florent Pagny, on ne pouvait avoir leur liberté de penser), il nous fait entrer dans l'univers atypique de cet album. Les cordes s'invitent sur un "Eleanor Rigby" concocté de main de maître par Mac Cartney. Aussi imparable qu'archi connu. "I'm only Sleeping", hymne à la paresse, co-écrite par Mac Cartney en hommage à son frère ennemi, John Lennon, adepte des grasses matinées qui portent en elles les excès de la veille. Les paroles dénotent déjà le goût du génial guitariste pour le hash et le LSD.

Plutôt que de détailler dans l'ordre l'album, recensons le côté lumineux des Beatles, celui de la pop insouciante. On le retrouve dans "Here, there and everywhere", jolie ballade qu'affectionne Lennon, le magnifique "She said, she said" dont les paroles sont nées durant une rêverie nourrie aux substances illicites, le pétillant "Good Day Sunshine" qui montre qu'une chanson sur l'amour heureux (quand une telle chose arrive, soit 1 fois sur 15 milliards) peut être belle et réussie sans être niaise, chanson dont le poignant et sublime "For no one" est l'idéal contrepoint. "And your bird can sing" et "Got to get her into my life" illustrent à la perfection l'art des Beatles : simplicité apparente de l'écriture, évidence de la mélodie, génie de la structure. Rien à redire.

Observons la face B des Fab Four à présent. Chacun s'autorise à explorer ses propres inspirations : Mac Cartney et Lennon dans leurs trips respectifs, Harrison et l'orientalisme dans "Love to you" où sitares et tablas s'invitent, Ringo Starr au chant de "Yellow Submarine". Certes, ce n'est pas la meilleure compo des Beatles et dans ce chef d'oeuvre, elle ferait presque tâche. Faites-là quand même écouter à votre petit frère, c'est du Beatles prémâché comme les petits pots Blédinat, histoire de le former au goût des bonnes choses. Vous lui servirez l'album quand il se sera fait les dents. "Doctor Robert" nous propose de faire la connaissance d'un incroyable médecin dont les médicaments font décoller à 7 mètres du sol (idéal contre la grippe et plus radical que le viagra). Ce bijou se termine sur un "Tomorrow Never Knows" culte : riff de batterie inversé, envolées d'instruments orientaux, ligne de chant ondulante, la pop music ne s'en est pas encore remise (voir "Let Forever be" des Chemical Brothers).

Tout serait parfait sans ce transfert pourri en stéréo de la version CD : instruments dans la baffle gauche, voix dans le droite. Mais qui a supervisé ça ? Il aurait été autrement plus urgent de livrer un remaster convenable de cet album plutôt qu'une version à poil de Let it be. Enfin, comme le disent si bien les Fab', demain ne sait jamais...

Pas d'autre avis pour le moment ...
Aucun album en relation pour le moment

Les Commentaires des Lecteurs
spacemonkey37 - 13/04/2007 14:15

Pas spécialement envit de m'étendre car ...pas envie, mais quand meme...Surement le meilleur album des beatles, et surement le meilleur album de tout les temps !!!!!!!!!!!

J'ai un gros faible pour "i'm only sleeping" et "she said she said" ( comme quoi les meilleurs sont pas tjr les plus connuent ) et "Tommorow never Knows"...Une chanson qui dure 2 min et qui me transportent si loin...c'est pas tolérable !!!!!!!!!

pIngU.Drum - 07/12/2005 21:15

Superbe Critique, de A-Z smile !!!
Bravo Max ! cool 

Voir les réactions sur le forum



La sélection Albumrock

Baden Baden
Baden Baden aime nous perdre entre douce folk mélodique et électrique tragique. Délicat et attachant, nos 5 parisiens construisent pas à pas un avenir qui se veut prometteur. Bordé par un acoustique efficace, l'univers de Baden Baden se construit sur un subtil mélange de sonorités uniques et cosmopolites. C'est notre sélection AlbumRock de juillet.