Critiques d'Albums
The Killers
Au fait, accessoirement, qu'en est-il de ce fameux album ? Faisons court, la première écoute de Day & Age se révèle catastrophique. Vraiment. Finie la préciosité de Sam's Town, son emphase troupière et son lyrisme parfois abscons, place à la fadeur, à la ringardise et à l'impersonnalité. Aucune chanson ne se démarque. Les guitares ont été rangées sagement au placard pour laisser la place à des textures synthétiques molles. Les mélodies n'accrochent pas, et certaines horripilent d'emblée ("Dustland Fairytale", "World We Live In", "Goodnight, Travel Well"). De plus, on assiste à une transformation des Killers en une réincarnation des clichés de la new wave germano-scandinave, de Alphaville à A-ha en lorgnant vers Pet Chop Boys, mais sans y apporter quoi que ce soit de moderne. Bref, l'hommage, si hommage il y a, se transforme bien vite en exercice de style complètement loupé.
Pourtant, pourtant, ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on exécutera Brandon Flowers sur la place publique. Ce dernier peut néanmoins remercier le ciel d'être tombé sur un type suffisamment masochiste (et consciencieux vis-à-vis de sa chronique) pour avoir relancé l'album à maintes et maintes reprises, activité passablement étrange qui n'aurait certainement pas eu lieu d'être si la galette avait été acquise uniquement pour son plaisir personnel. Et là, surprise : alors que Sam's Town tendait à lasser sur la durée, c'est l'exact inverse qui se produit avec cet album. Pas de quoi crier au miracle, mais tout de même : le disque finit par se révéler audible, et parfois même agréable. Si les titres énoncés auparavant peinent toujours autant à décoller, il n'en est pas de même de "Losing Touch", "Human" ou "Spaceman" qui, loin d'égaler la force des morceaux de Hot Fuss, réservent tout de même de bonnes envolées naïves à entonner sous la douche. Quelques mouvements de danse nous sont même offerts avec le funk de "Joyride" ou encore la bossa-nova de "I Can't Stay". Mieux, le refrain de "Neon Tiger" est peut-être ce que les tueurs ont commis de meilleur au cours des trois dernières années, carrément. Et le couplet de ce titre, ce qu'ils ont commis de pire sur la même période. Bien sûr, une fois la galette éjectée de la platine, l'envie de la réintroduire n'est pas forcément des plus irrésistibles.
Donc Day & Age évite de justesse la correctionnelle, soit. Reste que l'album fera un très honorable cadeau de Noël, parfaitement interchangeable pour tous les membres de votre famille : du grand père à moitié sourd à la petite cousine tectonisante, tous se retrouveront a minima dans les guimauves fluos des Killers . Le présent sera vite déballé, vite admiré (l'artwork pastel pouvant facilement plaire au plus grand nombre), vite utilisé durant les vacances, et vite rangé sur une étagère. Pensez-y.

C est le pire album, injustement appelé 'rock', de l'année.
Franchement, c'est pitoyable d'en arriver là. "Human" a une instru digne des plus grands titres Eurodance des années 80. Faudrait me dire ce que les Killers (qui en effet portent très mal leur nom, mais ça on le sait depuis le début !) apporte à la société. Je suis revolté par cette soupe.
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