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Critiques d'Albums

Trees Outside the Academy de Thurston Moore

 Thurston Moore

Trees Outside the Academy

( 28/09/2007 - Ecstatic Peace! - Genre : Noisy rock - Producteurs : Thurston Moore, John Agnello )
La note des internautes :
3.2 / 5 (3 votes)
1- Frozen Gtr / 2- The Shape is in a Trance / 3- Honest James / 4- Silver>Blue / 5- Fri/end / 6- American Coffin / 7- Wonderful Witches+Language Meanies / 8- Off Work / 9- Never Day / 10- Free Noise Among Friends / 11- Trees Outside the Academy / 12- Thurston @13

Auteur : Lee
(Publié le 25/10/2007)
Note

Plus de dix ans après la sortie de son premier album solo (Psychic Hearts en 1994), le grand Thurston Moore s'autorise, en cette rentrée, un second essai afin d'enrichir à nouveau son palmarès discographique. Celui-ci ne se décompte plus depuis longtemps. Déjà super actif au sein de Sonic Youth , en tant que chanteur guitariste, l'artiste s'est investi dans diverses projets parallèles déviants vers le free-jazz ou le noise.

Mais Trees Outside the Academy s'inscrit dans une configuration plutôt orientée vers la pop. Il est cependant impossible d'utiliser le qualificatif pop car Thurston Moore est une image profondément représentative de la culture underground américaine.


Après une écoute à chaud ou à froid on peut se dire que c'est du Sonic Youth sans les autres membranes, rien qu'une cellule isolée cherchant l'émancipation. Pourtant, plusieurs facteurs importants prouvent rigoureusement le contraire. Les douze titres se composent principalement du chant de Thurston, de basses et guitares sèches (toutes jouées par lui-même), du violon de Samara Lubelski ainsi que de Steve Shelley (évidemment) à la batterie. Exception faite de la chanson "Honest James" dévoilante d'un Thurston intimiste, qui chante avec Christina Carter derrière l'appui unique de guitares acoustiques. On s'étonne de penser à Herman Düne pour l'intimisme ou à Bright Eyes pour l'univers musical particulier. Il y a aussi deux morceaux assez noise. "American Coffin", par exemple, où Moore sature d'effets une électrique puis dénote un piano, est sûrement un hommage à Lou Reed et son bijou Metal Machine Music.

Les autres chansons s'écoutent en étant tendrement enlacé avec votre partenaire ou bien seul au fond de votre lit en évitant la déprime. L'ambiance n'est pas à la fête. Thurston Moore chante avec douceur et volupté sur des mélodies magiques et ennivrantes. Le violon traverse, dans une aire lyrique, des ballades oniriques (dans "Fri/end" notament). Et les participations, toutes en solos, de Jay Mascis sont belles et harmonieuses comme sur l'énergique "Wonderful Wiches+Language Meanies" mais aussi le titre le plus long "Trees Outside the Academy" pour sa part, très réussi. "The Shape is in a Trance" est tout aussi magnifique. Par la voix aérienne de Thurston, elle exploite une tendresse démesurée avec le solo qui arrive au bon moment, tournant dans les airs à l'infini. "Off Work" est également une grosse réussite de cet album bien qu'elle se démarque sensiblement du reste. Démarquée déjà par l'absence de chant qui rend la chanson froide et rigide contrastant efficacement avec la chaleur bleutée de la voix de Thurston. Les riffs noisy sont prenants, le violon entraînant et la batterie emballe le tout. Au milieu se déclenche un torrent noise signé Leslie Keffer faisant concours au parrain du genre Merzbow. Dévastant!


Nous voilà face à un album plus ou moins accessible. La cinquantaine arrivant, Thurston Moore établit une conclusion exemplaire de ses goûts musicaux et tire un trait non définitif sur un quart de siècle passé dans le milieu underground new-yorkais. Un bon présage pour l'avenir du rock indépendant !


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